Les Echos Judiciaires Girondins - Accueil
Mot(s)-clé : Rechercher !
 Accueil    Actualités 

Economie

Les Echos Judiciaires du 03 juillet 2009
S'inscrire gratuitement | Se connecter

 

   Poster |   Imprimer

 

Un débat très historique

Le 2 octobre, les députés ont entamé la discussion du projet de loi de François Fillon réformant les 35 heures. La droite prend sa revanche et la gauche reste sans voix.

L'économie sociale aux oubliettes

L'économie sociale n'a plus la cote. A l'époque du gouvernement Jospin, les associations, mutuelles et coopératives étaient régulièrement citées dans des projets gouvernementaux ou chargées, comme dans la loi sur les emplois-jeunes, d'appliquer la loi.
Un secrétariat à l'Economie solidaire était créé en mars 2000 et le «tiers secteur» - ni Etat, ni entreprises privées - semblait se trouver un avenir. Cette époque est révolue.
Le secrétariat d'Etat au développement durable, fondé à poursuivre l'action de celui à l'Economie solidaire, n'a obtenu aucune ligne budgétaire.
Quant aux paroles, certes lyriques, du Vert Alain Lipietz sur le tiers secteur, citées par Jean-Michel Dubernard le 2 octobre lors de la discussion sur la loi Fillon, elles font surtout rire les députés de la majorité.

Les fantômes de Paul Reynaud, d'Edouard Daladier, d'Emile Zola, de Léon Blum et même du colonel de Gaulle traversent l'Hémicycle, ce jeudi 2 octobre, lors de l'examen du projet de loi de François Fillon «relatif aux salaires, au temps de travail et au développement de l'emploi». Le ministre des affaires sociales défend son texte devant des députés bien décidés à invoquer l'histoire de France, qu'elle soit sociale, politique ou militaire.
Le texte concerne à la fois l'harmonisation du Smic, la baisse des charges patronales et l'assouplissement de la loi sur les 35 heures (voir l'article suivant).
C'est pourtant sur ce dernier point, ou presque, que porte toute la discussion. Sur ce sujet épineux, face aux surenchères du Medef, d'une part, et des syndicats, d'autre part, François Fillon défend «le maintien des équilibres essentiels», dans un texte qui, pour Jean-Michel Dubernard (Rhône), président de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, est «respectueux des intérêts des entreprises comme des salariés».
Très vite, pourtant, le débat tourne autour de la notion de travail, que la droite reproche à la gauche d'avoir dévalorisée. «Réhabiliter en France la valeur du travail, c'est toute notre philosophie», lance le ministre dans son discours introductif. Et c'est là que l'on recourt à l'histoire de France.
Après avoir justifié avec beaucoup de conviction la politique menée par le chef du gouvernement Paul Reynaud en 1938 tout en regrettant qu'elle n'ait été appliquée, que «trop tardivement, par le gouvernement Daladier», François Fillon stigmatise «la responsabilité du Front populaire dans l'effondrement de la nation française en 1940». Que n'a-t-il pas dit ! Au nom du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault (Loire-Atlantique) trouve «scandaleux» que l'on puisse «faire de la semaine de 40 heures un encouragement à la paresse et la cause de la défaite de 1940». Gaëtan Gorce (Nièvre), pourtant né en 1958, se «rappelle» même «Léon Blum devant le tribunal de Riom», en 1942. «On lui reprochait d'avoir fait perdre aux Français le goût du travail et encouragé l'esprit de jouissance et de facilité», lance-t-il.

La gauche entre renoncement et protestations

Mais le débat permet aussi de revisiter une autre histoire, bien plus récente : celle de la dernière législature. Sont alors évoqués d'autres «fantômes», bien vivants, eux : Martine Aubry, Lionel Jospin ou Alain Lipietz... La majorité s'en donne à coeur joie.
Tout ce qui était quasiment inaudible avant 2001, lorsque la ministre des Affaires sociales d'alors répétait chaque semaine dans l'Hémicycle que «les 35 heures ont créé 300 000 emplois», est maintenant proclamé avec gourmandise.
François Fillon peut dénoncer «le système ubuesque et inique des «multi-Smic» qu'ont entraîné les lois Aubry et regretter l'aspect «inextricable» du calcul des heures supplémentaires. Pierre Morange (Moselle), rapporteur du projet de loi, peut déplorer le «manque de dialogue social» du précédent gouvernement et Jean-Michel Dubernard se faire le plaisir d'expliquer à la gauche que «l'économie et la société française ne fonctionnent pas comme une chaudière dont il suffirait de régler les manettes !».
Face à cette déferlante, la gauche hésite entre renoncement et protestations.
Ses principaux ténors, surtout ceux qui avaient exprimé le plus de réticences face aux 35 heures, comme Laurent Fabius (Seine-Maritime) ou Dominique Strauss-Kahn (Val d'Oise), sont absents.
Du coup, ce sont surtout les députés proches du dossier qui s'expriment : Jean Le Garrec (Nord), alors président de la Commission des Affaires sociales, Gaëtan Gorce, rapporteur de la loi, voire Elisabeth Guigou (Seine-Saint-Denis), qui avait succédé à Martine Aubry en octobre 2000.
Jean Le Garrec tâte de la rhétorique marxiste en affirmant que «les dix chefs d'entreprise les mieux payés au monde auraient effectué, à eux seuls, 900.000 licenciements...» et tente de répondre aux attaques sur la «valeur travail» en affirmant, sous les huées de la majorité, qu'il n'a «jamais vu un salarié prendre seul la décision de travailler davantage».
Gaëtan Gorce se lance sur le même terrain en attaquant «cette vision moralisatrice selon laquelle il serait honteux de travailler moins» tandis qu'Hélène Mignon (Haute-Garonne) évoque timidement «l'impact sur la sphère du loisir» qu'aurait la loi Fillon...
La gauche assiste en fait, impuissante, au démantèlement des lois Aubry, au «requiem pour les 35 heures», comme dit Jean Le Garrec, même si François Fillon s'en défend.
La loi devait être adoptée par l'Assemblée nationale le 11 octobre prochain, la commission des affaires sociales n'y ayant ajouté que dix-sept amendements, pour assurer notamment que le «rattrapage» du Smic se fera graduellement et non «en une seule fois, en 2005».
Olivier RAZEMON

© Les Echos Judiciaires Girondins - Journal N° 4879 du 11/10/2002. Tout droit révervé.

A lire également dans Economie



110363
ANNONCES EN LIGNE
 
Les Journaux
 
 
  LE DERNIER JOURNAL DU 03/07/2009
  RECHERCHE AVANCÉE
 
Actualités
  Economie
  Environnement
  Droit
  Vie des professions
  High-tech
  Loisirs / culture
  Santé
  Ventes au tribunal
  Le mardi de l'immobilier
  Le vendredi de l'emploi
  Gironde actualités
  Social
  Chroniques du barreau
  Carnet
  S'abonner au journal
 
Annonces Légales
  Appels d'offres / Avis d'enquète
  Constitutions
  Modifications
  Convocations
  Fonds de commerce
  Location Gérance
  Régimes Matrimoniaux
  Tribunal de Grande Instance
  Tribunal de Commerce
  Avis
  Marché Public
  Diffuser une annonce
 
Le Journal
  C'EST MA PREMIÈRE VISITE
  LES ECHOS JUDICIAIRES GIRONDINS
  ANNONCES LÉGALES
  PUBLICITÉ
  ABONNEMENT
  ESPACE PERSONNEL
  NEWSLETTER
  CONTACTEZ-NOUS
 
Autres Publications
  LA VIE ECONOMIQUE
  LES ANNONCES LANDAISES
La Une du dernier journal du 03/07/2009 | Créer un compte | Créer une Alerte | Espace Personnel | C'est ma Première Visite | Plan du site | Contact |
© Les Echos Judiciaires Girondins - Réalisation : On / Agence Web Bordeaux | Encheres | Entreprises | Commerce a vendre | Forum entreprise | Business