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Aquitaine
Les Echos Judiciaires du 22 juillet 2008
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Cadence soutenue pour les Ter

Cinq lignes de TER dans la région sont cadencées depuis le 6 juillet. Horaires réguliers et simplifiés, arrêts systématiques, trajets supplémentaires, la collectivité poursuit avec dynamisme le développement du transport ferroviaire de voyageurs sur son territoire.

«Le cadencement, en soi, ça ne coûte rien. Ce qui coûte, c’est toutes les circulations qu’on a créées. » Régis Chanteau est au sein du Conseil régional d’Aquitaine le chef du service en charge des transports régionaux de voyageurs. Le changement de rythme du 6 juillet pour cinq lignes de Transports express régionaux, les TER, qui ont été « cadencées », n’est donc qu’un des aspects de la politique de la collectivité concernant les déplacements collectifs.
Depuis 2002, en effet, c’est la Région qui est compétente pour le transport ferroviaire de voyageurs.
Un programme de développement du TER a été voté et de nouvelles orientations, à la hausse, ont été adoptées en 2006.
« L’objectif est triple, explique Régis Chanteau. De 2003 à 2010, il faut rajouter 30% d’offre, soit entre 120 et 140 trains en plus chaque jour dans la région. Il faut aussi moderniser un tiers des gares et haltes TER, une cinquantaine sur les quelque 158 d’Aquitaine. Enfin, d’ici 2010, tout le parc du matériel roulant doit être renouvelé ou rénové. »

« Plus clair et plus simple »

Dans ce cadre, s’insère le cadencement. Le principe est simple : au lieu de proposer des trains à des horaires variés avec des dessertes diverses selon les heures, la Région a décidé, à l’unanimité, de mettre en place un système rigoureux, rythmé, « plus clair et plus simple », bref cadencé.
Cinq lignes ont été réorganisées aujourd’hui : Arcachon/Bordeaux, Le Verdon/Bordeaux, Mont-de-Marsan/Bordeaux, Pau/Bordeaux et Hendaye/Bordeaux. Prenons l’exemple d’un aller Bordeaux-Arcachon. La cadence est d’un train par heure, toutes les demi-heures en heures de pointe, et même toutes les vingt minutes le soir entre 17 et 18 heures. Et il s’arrête à chaque fois à Pessac, Alouette France, Gazinet Cestas, Marcheprime, Biganos Facture, Le Teich, Gujan-Mestras, La Hume, La Teste, et à son terminus Arcachon.
Pour les autres lignes, l’idée est la même, avec surtout des arrêts systématiques et non facultatifs. Ceci dit, « on ne fait pas des omnibus avec personne qui ne monte ou ne descend aux arrêts, se défend Régis Chanteau. Là où on s’arrête, il y a du monde. » Qui plus est, « l’objectif n’est pas d’aller le plus vite possible. On peut faire Bordeaux-Pau directement en deux heures avec le TGV, mais les gens de Puyoo ou d’Orthez, eux aussi ont besoin de prendre le train. »

Associer ferroviaire et urbanisme

Mais la simplification ne suffit pas pour séduire les migrants quotidiens et les non-utilisateurs.
« On a ajouté près de 7% de trains », poursuit-il. A Pessac, notamment, l’arrêt de tous les TER venus du Sud de l’Aquitaine facilite l’accès au campus, grâce au pôle d’échange avec le tramway.
Avec le tram place Ravezies, au nord de Bordeaux, à Pessac, sur la rive droite à la Benauge, et d’ici fin 2009 à Mérignac-Arlac, le TER offre aux voyageurs « plusieurs points d’entrée » dans la métropole.
Et à l’inverse, cela peut inciter les personnes travaillant dans l’agglomération à s’installer plus loin, le long des axes ferroviaires, puisque l’offre s’étoffe.
Cela fait partie des réflexions menées actuellement autour du Schéma régional des infrastructures et des transports. Il est indispensable « d’associer les notions de transport ferroviaire et d’urbanisme », souligne Régis Chanteau.
Observant l’étalement urbain autour de l’agglomération bordelaise, où l’immobilier est de moins en moins accessible, il note qu’« auparavant, on raisonnait en termes de congestion urbaine et de temps, mais pas forcément de coût ».
Avec le pétrole durablement cher, le choix de vivre à Langon en travaillant à Bordeaux n’est plus évident.
Le TER peut alors jouer un rôle. Seul problème en l’occurrence : « nous n’avons pas pu mettre en place le cadencement sur les lignes Agen/Bordeaux ou Périgueux/Bordeaux en raison du bouchon ferroviaire et des nombreuses liaisons TGV », regrette-t-il. Les discussions avec la SNCF, qui exploite le réseau vont se poursuivre.
En attendant, c’est déjà 40% du trafic TER qui est cadencé, sans augmentation de tarif pour les usagers.
Vincent TRIDON

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