Je regardais, il y a quelques jours, le présentateur du Journal Télévisé interviewer une fort jolie personne. Il s’agissait de la ravissante blonde qui, à l’Assemblée Nationale, était descendue en rappel depuis le balcon des visiteurs, avec l’aide de quelques députés qui avaient «assuré» sa bonne réception dans l’hémicycle. Notre journaliste lui a donné la parole afin qu’elle explique son geste et donne les raisons de sa «manifestation». Elle a pu le faire longuement sans être interrompue. Je ne voyais rien d’anormal à cela. Mais j’attendais une suite…Malheureusement elle ne vint pas. A la place du journaliste, je n’en serais pas resté là. J’aurais posé une toute petite question :« Mademoiselle, parlez-nous un peu de vous. Quel est votre métier ? Êtes-vous infirmière ? Guide de haute montagne pour descendre aussi bien en rappel ? Ou tout simplement employée de bureau ou cadre dans une entreprise ? Je ne pose pas cette question pour m’immiscer dans votre vie privée, mais pour éclairer les téléspectateurs qui ont le droit d’être sincèrement informés. En d’autres mots, pour appeler un chat un chat, êtes-vous ou non, rétribuée, au mois ou à la prestation, par Greenpeace ? Cette question n’est pas anodine. Si vous êtes une écologiste passionnée qui, avec une bande de copains, a pris l’initiative, sur votre temps libre, de «monter un coup» pour attirer l’attention du Public sur le combat que vous menez, l’indulgence est de mise. Les tribunaux, qui ne peuvent pas laisser impunies de telles atteintes à la Loi, devraient, c’est mon souhait, ne vous condamner qu’à une peine de principe, assorti du sursis, juste pour que cette épée de Damoclès vous enlève toute envie de récidiver. En revanche, si vous et les hommes bien équipés qui, avec l’aide d’une grande échelle, ont fait irruption avec violence dans un des hauts lieux de la Démocratie, avez été payés pour faire ce numéro, à l’instar d’artistes de music-hall, c’est une tout autre histoire. Les juges devraient faire montre de la plus grande sévérité. On ne badine pas avec les symboles de notre République, pour se faire de la pub, fût-ce pour une cause tout à fait légitime. Que Greenpeace consacre toutes les subventions et dons qu’elle reçoit à planter des arbres ou à mener à bien d’autres missions écologiques et ne le gaspille pas pour faire de la Politique. Nous élisons des députés pour cela. Je n’aime pas qu’on mélange les genres. Voir des gens émarger au budget d’une association humanitaire, fût-elle écologique, pour des opérations de publicité ou de promotion, ne me dit rien qui vaille… Cette question, pourtant nécessaire, le journaliste ne l’a pas été posée. On a donc offert à cette jolie dame une tribune gratuite à une heure de grande écoute, sans qu’elle ait à montrer patte blanche. Comprenne qui pourra.
Le Papyravien
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