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Des associations stimulent les initiatives des bibliothèques publiques

Collectivités 19 mai 2017

Au confluent de la culture et du social, les bibliothèques publiques remplissent un rôle primordial. À leur périphérie, voire, en interaction avec elles, des associations s’efforcent de ramener à la lecture des publics très éloignés.

Les bibliothèques, gratuites, ont beau être l’un des lieux publics les plus ouverts, tous n’en franchissent pas la porte. Un enjeu majeur, au regard du rôle culturel et social porté par ces structures. « La fréquentation augmente, mais il existe des inégalités territoriales fortes, y compris dans des grandes métropoles », constate Chantal Cliton Ferreux, secrétaire générale de l’ABF, l’Association des bibliothécaires de France. Et face à des besoins qui évoluent, « les bibliothèques sont des lieux d’expérimentation », souligne Chantal Cliton Ferreux qui rappelle des initiatives comme l’implantation de Fab labs ou l’organisation de soutiens scolaires.

D’autres acteurs vont dans le sens d’expérimentation de voies nouvelles : plusieurs associations accompagnent les bibliothèques, en allant toucher des publics qui ne fréquentent pas ces structures, ou alors en aidant les bibliothèques à sortir de leurs murs… Elles témoignaient lors d’une table ronde intitulée « Des besoins sociaux identifiés aux besoins émergents des habitants : comment y répondre », qui se tenait en janvier dernier, à Paris, lors du colloque consacré aux « Bibliothèques, politique de la ville et médiation numérique », organisé par la Mission Ecoter, association qui réunit collectivités et entreprises autour des sujets numériques. L’ONG ATD Quart Monde, par exemple, organise chaque année une soixantaine de ses bibliothèques de rue, au pied des immeubles. « À tous les enfants qui passent, on propose de partager un moment de plaisir avec un livre. Nous ne sommes pas là pour faire le boulot des instituteurs, des parents ou des bibliothécaires. C’est une façon de tisser du lien, de rentrer dans l’échange », précise Laurent Godin, bénévole, responsable de l’équipe ATD Quart Monde à Paris, qui, chaque semaine, va se poster au même endroit, qu’il pleuve ou qu’il vente. Le lien avec les bibliothèques de quartier ? « Si la bibliothèque n’est pas loin, on peut accompagner les enfants.(…) et quand ils ont tous leur carte, on ferme la bibliothèque de rue », témoigne Laurent Godin. Tout est affaire d’affinités : au mieux, « avec l’équipe d’Alfortville, un lien s’est consolidé. Les jours de pluie, on venait dans la médiathèque avec une douzaine d’enfants (…) dont certains se frittaient entre eux. On n’était pas dans les normes de la bibliothèque. Les bibliothécaires ont été très tolérantes et nous avons fait comprendre aux enfants qu’il y avait des règles », détaille Laurent Godin. Depuis, certains enfants ont pris leur carte…

Autre exemple d’association, Bibliothèques sans frontières, créée par l’historien Patrick Weil, et qui œuvre à « participer à la réduction des inégalités sociales », en fournissant des outils culturels partout dans le monde.

Sortir la bibliothèque des murs

En France, témoigne Enora Hamon, responsable Desk éducation populaire et culture à l’association, « nous travaillons beaucoup avec les bibliothèques et d’autres partenaires sur le territoire », en particulier dans les zones rurales et les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Objectif, « aider ces partenaires à évoluer », précise Enora Hamon. Les départements d’Ille et Vilaine et des Yvelines, par exemple, se sont équipés en Ideas Box de l’association, pour leurs zones rurales. Ces structures mobiles comprennent des ordinateurs, des tablettes tactiles, une infrastructure de connexion haut débit, des jeux vidéo, des films, des livres papier et numériques, des ressources pédagogiques numériques, du matériel pour créer (caméra, scanner, logiciels de création…). « Cela permet d’aller au contact des publics dans leurs lieux de vie », souligne Enora Hamon.

L’association travaille avec de nombreux partenaires territoriaux et étatiques : les ministères de la Culture et de la Ville, Plaine Commune, qui regroupe neuf villes de Seine-Saint-Denis, les villes de Calais, et, en Ile-de-France, Sarcelles, Montreuil, ainsi qu’avec de nombreuses bibliothèques.

Autre témoignage, celui d’Abdellah Boudour, fondateur de FDM, Force des mixités : lui, s’est rendu célèbre en organisant des dictées publiques qui ont suscité l’engouement du public, sur la dalle d’Argenteuil. « Il faut donner confiance aux jeunes : cela permet d’avoir un relais. Ils sont l’avenir des quartiers et de la France. À travers cette dictée, on réunit les enfants et les parents qui sont fiers qu’ils participent, même si eux ne parlent pas français », explique-t-il. C’est en 2013, à la faveur de sa rencontre avec l’écrivain Rachid Santaki, que le jeune homme a eu envie de se mobiliser en faveur de la littérature. Cette année-là, pour la première dictée, « on avait sous-estimé le potentiel. On avait prévu 40 chaises et on s’est retrouvé à 250 », se souvient le jeune homme. En 2015, à Saint-Denis, ils étaient 2 000. Et aujourd’hui, 87 dates sont prévues, principalement dans des quartiers populaires. « Nous travaillons en partenariat avec les municipalités, les bibliothèques, les associations », précise Abdellah Boudour.

Anne d’Aubrée

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