|
La France accuse un déficit record de ses exportations de près de 11, 2 milliards d'euros pour le premier semestre 2005. En cause, une hausse plus rapide des importations que des exportations, et le renchérissement effréné du prix du baril de pétrole. Pas dupe, Christine Lagarde se doute déjà que toute la presse titrera sur le «déficit record» du commerce extérieur. Parce que la France creuse encore ses pertes, avec un déficit commercial de 11,193 milliards d'euros pour les six premiers mois de 2005, a révélé lors d'une conférence de presse, le 17 août dernier, Christine Lagarde, en charge du ministère idoine. Un cycle infernal qui dure depuis un an. Après trois années d'excédents commerciaux, la France avait enregistré au second semestre 2004 un déficit de 9,4 milliards d'euros. Et ces derniers mois, les importations ont continué à progresser plus vite que les exp ortations. Les importations, en hausse de 3,5% par rapport au semestre précédent, se soldent ainsi à 187 milliards d'euros, contre 175,8 milliards d'euros pour les exportations, en hausse de 2,6%.
• Inquiétudes sur la hausse constante du prix de l'or noir. Autre facteur, la hausse du prix de l'or noir, le tarif du baril de pétrole ayant dépassé le 65 dollars. La facture énergétique a ainsi augmenté de 8,8% au premier semestre 2005, à 17,2 milliards d'euros, soit près d'un milliard de plus qu'au semestre précédent. Et l'évolution des prix du pétrole continuera à avoir une'«forte influence» sur le commerce extérieur ces prochains mois, admet Christine Lagarde. Enfin, la hausse de l'euro face au dollar «de 5% en un an, nous a pénalisés», poursuit-elle.
• 6,53 milliards d'euros d'exports dans l'aéronautique, la Chine premier importateur textile. Le constat par secteurs s'avère mitigé. Un bon point pour les biens d'équipements, où les exportations ont augmenté de 4,2% ce premier trimestre, tirées par la filière des transports (avions et bateaux). De fait, en juin, vingt-quatre Airbus ont été exportés pour un montant de 1,53 milliard d'euros, faisant monter le total des ventes aéronautiques de ce premier semestre (6,53 milliards d'euros). En revanche, les exportations des biens de consommation ne progressent que de 2,7%. Celles du secteur agroalimentaire ont augmenté de 1,8%. Les vins et spiritueux se maintiennent, malgré la concurrence du Chili, de l'Afrique du Sud et de l'Australie. Celles des biens intermédiaires stagnent à ,04%. Et le secteur automobile fléchit, avec 0,2% d'exportations. Dans le domaine du textile et de l'habillement, étonnamment, le total des importations n'a pas varié, se maintenant, comme pour le premier semestre 2004, à un total d'environ 9,5 millions d'euros. Mais la Chine devient le premier importateur, avec 16,5% du total (contre 11,2% au premier semestre 2004), suivie des autres pays d'Asie, avec 10,8% du total (12,4% en 2004), puis l'Inde, la Turquie, le Maroc et la Tunisie.
• Exportations en hausse vers l'Asie et l'Amérique du Sud. Un point positif : la France serait parvenue à orienter davantage ses exportations vers les pays à forte croissance. De fait, si le développement de ses exportations vers l'Europe des 25 demeure faible (+2,2%), il s'affirme vers les nouveaux membres de l'UE (+4,9%), vers les Etats-Unis (+3,3%) et l'Amérique du Sud (+30%). Et surtout vers la Chine et Hong-Kong, avec une hausse de 24,7% des exportations françaises, pour un total de 4 488 millions d'euros, et vers l'ASEAN (Association des pays d'Asie du Sud-Est), en hausse de 24% ce premier semestre. Or, «l'Asie émergeante est un moteur de croissance important nos exportations», estime Christine Lagarde. Il réoriente le commerce extérieur français vers les pays émergents à forte croissance, dans douze secteurs jugés prioritaires.
Capucine COUSIN
 |
 |
 |
 |
 |
Nouvelle édition en ligne !
ABONNEZ-VOUS AU JOURNAL PAPIER & INTERNET,et bénéficiez
Des derniers articles et annonces légales en
LIGNE 7 JOURS /7,
de l'ACCES AUX BASES DE DONNEES des
anciens numéros,
de notre EDITION PAPIER bi-hebdomadaire. |
|
|
 |
 |
 |
 |
|