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Sombres perspectives pour 2008
Entre la hausse du baril de pétrole et l’envolée des prix des céréales et des produits laitiers, les perspectives pour 2008 s’annoncent très mitigées, à en croire l’institut d’études économiques Xerfi.
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Services à la personne : promesses non tenues
« A quand le vrai décollage » du secteur des services à la personne à domicile, « alors que Jean-Louis Borloo (alors ministre de l’Emploi) promettait en février 2006 « une révolution équivalente à celle du téléphone portable ? », épingle Thomas Roux, chef de projet Precepta, filiale du groupe Xerfi. D’après l’institut, ce marché de vingt métiers différents représente 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires déclarés… pour 48 milliards « au noir». Bref, le travail non déclaré représente 80% de ce marché, qui demeure hétérogène avec une offre trop déstructurée : face au travail « au black » ou au gré à gré, et aux associations et organismes publics, les entreprises privées demeurent très marginales, avec 3 000 opérateurs et 2% des salariés.
Si ce créneau des services à la personne offre un potentiel, en raison notamment du vieillissement de la population, de l’éclatement des familles et de l’augmentation du taux d’activité des femmes, dans les faits, il souffre d’un fort ancrage du travail au noir, d’une croissance économique poussive, d’un manque de formation, et donc de main d’œuvre compétente, alors que les entreprises pourraient faire œuvre d’évangélisation dans ce domaine naissant.
C.C |
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«De toute ma carrière d’économiste, pour la première fois, j’espère que je me trompe dans mes prévisions ». Cette petite phrase, lâchée par Alexander Law, chef économiste chez Xerfi, a le mérite d’être claire. Elle est à l’image des prévisions de l’institut d’études économiques, Xerfi pour la conjoncture de 2008, présentée le 13 novembre dernier.
Au mieux, 1,8% de croissance attendu pour 2008
L’activité économique française va subir les turbulences monétaires et financières mondiales. Xerfi mise ainsi sur une croissance qui stagnera à 1,8% en 2007 et 2008, loin des 2,2% de 2006. La consommation des ménages, son principal moteur, se stabilise ainsi autour de 1,5% depuis trois ans.
Par ailleurs, le paysage est devenu plus nuageux avec une hausse des prix dans l’immobilier et le retour de l’inflation. Cette dernière a cependant été « modérée grâce aux produits importés », souligne Alexander Law.
En revanche, le fait que l’on frôle le seuil des 100 dollars par baril de pétrole alimente surchauffe et spéculation. Conséquence indirecte, le crédit à la consommation a nettement baissé de régime depuis mi-2006. En raison de la hausse du prix du brut, « les ménages soldent leurs crédits à la consommation, un élément de soutien à la croissance que l’on avait encore il y a un an », précise Alexander Law. Egalement, le taux de change de l’euro atteindra bientôt 1,50 euro face au dollar. Actuellement, « les entreprises françaises en souffrent déjà, elles sont moins compétitives », poursuit-il.
Quant au chômage, autre élément-clé, le taux atteint certes 8,8% à 8,1% d’après les derniers chiffres de l’Insee - cependant sujets à caution, puisque l’institut vient de changer de méthode de calcul. Mais surtout, « les problèmes structurels du chômage n’ont toujours pas été réglés : on reste toujours au-dessus de la barre des 8%, un des taux les plus élevés en Europe », pointe le Xerfi.
Quant à l’évolution du marché de l’immobilier, « la similitude des prix en France et aux USA n’annonce rien de bon », souligne l’institut. Sans aller jusqu’à évoquer un risque de crise américaine, il prévoit un « ajustement sévère » des prix d’ici 2010. Du coup, nombre de Français verront la valeur de leur patrimoine immobilier baisser.
L’ agro-alimentaire confronté à la hausse des prix des céréales et du lait
Un des gros points noirs de la conjoncture de ces prochains mois résidera sans doute dans l’industrie agricole et alimentaire, confrontée à la flambée des prix alimentaires.
En fait, l’envolée des prix mondiaux s’est répercutée sur les prix agricoles français, avec une hausse de 95,6% des prix IFAP (Fédération internationale des producteurs agricoles) de céréales entre septembre 2006 et septembre 2007.
Les causes sont multiples : de moins bonnes récoltes, une accélération de la demande mondiale, notamment dans les pays émergents, ou encore la concurrence des agro-carburants.
Certains agriculteurs ayant en effet décidé de se lancer sur ce créneau plus rentable.
Le prix du lait a aussi bondi : le prix de la poudre de lait (échangée au niveau international) pourrait ainsi augmenter de 55% au niveau mondial d’ici un an, et celui du beurre, de 20% en France, d’après les prévisions du Xerfi.
Ces hausses, concernant les céréales et le lait notamment, vont se répercuter sur les prix à la consommation.
« Les premières escarmouches ont démarré cet été, lorsque Danone a annoncé une hausse des prix de 2,5% », raconte Alexandre Mirlicourtois, directeur des études économiques chez Xerfi. Second épisode, mi-octobre : tour à tour, Bonduelle annonce une augmentation de ses prix de 10%, Danone de 10,5%, et Lactalis (fromages Président, roquefort Société…) de 15%. De fait, le 13 novembre, une dépêche AFP confirme que le deuxième groupe laitier mondial derrière le Suisse Nestlé, a décidé d’augmenter le tarif de ses produits vendus en France aux distributeurs de 15 à 17% au 15 novembre.
« Nous achetons au cours du 4ème trimestre le lait aux producteurs 20% plus cher qu’au dernier trimestre de 2006 et nous nous attendons à une nouvelle augmentation de 30% au premier trimestre de 2008 », explique Luc Morelon, directeur de la communication de Lactalis.
Quid des distributeurs ? D’après la loi Galland sur les relations commerciales, ils ne peuvent refuser ces hausses de tarifs mais ne sont pas obligés de les répercuter aux consommateurs.
Cela ne constituera qu’une « simple érosion du pouvoir d’achat des Français , dont le poids de l’alimentation n’est plus que de 14,6% dans leur budget, contre 25% en 1967 ». Il n’empêche, « le choc psychologique sera au rendez-vous », prévient le Xerfi.
De fait, « l’écart entre l’inflation perçue et réelle va se creuser », précise l’institut dans son étude.
Capucine COUSIN
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| © Les Echos Judiciaires Girondins - Journal N° 5414 du 27/11/2007. Tout droit révervé. |
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