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Le mythique cinéma Le Français vient de rouvrir ses portes à Bordeaux. Nouveau look et nouveau concept sont au programme de ce multiplexe bien connu des Bordelais.

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Pour qui a vécu sa jeunesse à Bordeaux il y a quelques années, cette salle de cinéma était incontournable. On allait « au Français » se faire une toile. De quoi fidéliser des générations. Seulement voilà au fil des temps, la vieille dame avait pris quelques rides et devait s’adapter à des normes plus drastiques. La modernité en quelque sorte... C’est ainsi qu’en mars 2005, le dernier film fut projeté avant une longue période d’hibernation. Une période durant laquelle les rumeurs les plus folles ont couru... de quoi alimenter un polar ! Il faut se méfier des rumeurs. Le 26 mai dernier, la renaissance a bien eu lieu version trois dimensions. «Du brutal» comme aurait dit Audiard...
15 millions d’euros de travaux
« C’est une réouverture. A l’origine, le bâtiment a été acheté par le groupe CGR en 1982. En 2005, le cinéma a dû être fermé car une rénovation était indispensable ». François de Mireman, directeur du complexe entièrement repensé, évoque les cinq ans de fermeture et les trois ans et demi de travaux : « 15 millions d’euros ont été débloqués afin de mener à bien le chantier ». Au bout du compte, le nouveau Français compte 12 salles dotées des dernières innovations du numérique.
Des opéras en « live »
« Les salles de projections comprennent de 76 à 516 fauteuils. Notre fierté est la numéro 1 qui a été reproduite à l’identique de la scène de théâtre qui occupait autrefois les lieux de ce bâtiment classé. La fresque d’Émile Brunet qui date de 1914 y a été entièrement restaurée et nous avons installé des fauteuils de théâtre brodés au nom du cinéma... », poursuit François de Mireman qui insiste sur les innovations en terme de programmation : « Nous lançons des contenus alternatifs avec par exemple des projections d’opéras en différé ou en « live » dès le mois d’août prochain ». Autre innovation, le retour à partir d’octobre des projections de documentaires dans le cadre de Connaissance du monde bien connu des bordelais.
« Les gens ont redécouvert le cinéma »
Une cinquantaine de salariés participent au lancement de la nouvelle formule. Un chiffre qui pourrait évoluer « en fonction des résultats ». Pas d’inquiétude particulière semble-t-il en raison de la crise. Il faut dire qu’en France l’année dernière, les cinémas ont enregistré une importante progression de leur clientèle : « En 2009, je dirigeais le complexe du groupe CGR à Pau. Nous avons fini l’année à + 28 % avant même le phénomène Avatar », précise le directeur du Français : « les familles touchées par la crise ont privilégié les sorties au cinéma moins coûteuses que la location d’un lieu de villégiature ». Même constat du coté de Jocelyn Bouyssy, directeur général du groupe CGR basé à la Rochelle : « à la faveur de la crise, les gens ont redécouvert le cinéma qui reste un loisir accessible. Ça coûte toujours moins cher que de prendre sa voiture pour partir loin de chez soi. La plupart des gens bénéficient de tarifs réduits. A 6 euros en moyenne la place, vous pouvez sortir à quatre pour le prix d’un repas au restaurant ! »
700 salariés
Troisième opérateur français, le groupe CGR, qui comporte 404 salles, a réalisé un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros en 2009 pour deux millions d’entrées soit un bon en avant de 25 %. Il emploie 700 salariés permanents. Quatre salles ont été inaugurées ces derniers mois dont celle de Bordeaux et de la Rochelle. Toutes disposent des derniers développements du numérique. « C’est incontournable. Nous le devons aux spectateurs », déclare Jocelyn Bouyssy. A Bordeaux, un espace bar fait partie des services rendus au public. On se plaît à y imaginer l’une des scènes mythiques des « tontons » réunissant Ventura, Blier et Lefebvre autour d’un verre dans la cuisine du « mexicain » :
- Y a de la poire …
- Y en a aussi !
Eric MOREAU
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