Au terme d’une saison difficile, le millésime 2007 semble prometteur. Alors que la commercialisation des vins de Bordeaux progresse doucement, soutenue par les exportations, quelques inquiétudes subsistent concernant l’avenir de la filière.

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. L’export toujours en hausse
Du 1er août 2006 au 31 juillet 2007, Bordeaux a exporté l’équivalent de 248 millions de bouteilles (1,87 million d’hectolitres) pour un chiffre d’affaires de 1,28 milliard d’euros, soit une hausse de 3% en volume et de 4% en valeur par rapport à la campagne précédente. L’Union européenne devance le reste du monde (63% de parts de marché contre 37%) : l’Allemagne devient le premier marché en volume avec 336 000 hl commercialisés (+5%), avant la Belgique et ses 314 000 hl (-7%). Le Royaume-Uni est stable (254 000 hl) et reste le premier marché en valeur.
Les Etats-Unis (+3% pour 152 000 hl) et le Canada (+1% pour 70 000 hl) progressent encore. Et les pays asiatiques sont très actifs. Japon : +6% pour 142 000 hl, Corée du Sud : +75% pour 37 400 hl, Chine +122% pour 33 600 hl, Hong-Kong : +27% pour 23 400 hl. |
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Quand Alain Vironneau tient une conférence de presse pour parler des vins de Bordeaux, on ne vient pas pour rien. C’est presque un état général du vignoble girondin qui a été présenté la semaine dernière au siège du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) qu’il préside.
D’abord, le point sur les vendanges et le millésime 2007. « Beaucoup d’oiseaux de mauvais augure en seront pour leurs frais », commence Alain Vironneau, précisant que « la qualité est en effet là pour les blancs et pour les rouges ».
Si l’étalement des vendanges sur plus d’un mois est assez inhabituel, c’est toute la saison qui a été surprenante.
Les vignes précoces en avril ont finalement tardé à donner toute leur maturité aux baies. Mais les conditions météorologiques de ces deux derniers mois ont permis de sauver l’essentiel : la récolte.
Même si celle-ci est moins importante que l’an dernier, les premières impressions sont riches de promesses : équilibre et bonnes couleurs pour les rouges ; fraîcheur et acidité soutenues pour les blancs secs ; jus concentrés pour les blancs liquoreux.
Des ventes en légère hausse
Autre sujet : la conjoncture économique des vins de Bordeaux.
Au total, les ventes de vins de Bordeaux s’élèvent à 5,67 millions d’hectolitre entre le 1er août 2006 et le 31 juillet 2007, des volumes en légère progression de 0,4% par rapport à la période précédente. 68% (3,80 millions hl) ont été commercialisés en France (43% en grandes et moyennes surfaces, 15% en hard-discount, 42% par d’autres circuits : vente directe, cavistes, restauration…) et 32% (1,87 million hl) ont été exportés (voir par ailleurs).
Des chiffres encourageants pour Alain Vironneau, dus selon lui à l’efficacité du plan Bordeaux (aides supplémentaires à l’arrachage et à la distillation) qu’il a lancé en dépit des « donneurs de leçons ». Le président du CIVB mise aussi sur la communication et la promotion pour vendre plus de vin, en particulier à l’export dont la part reste encore inférieure à 40% des volumes vendus ; le budget marketing va donc être maintenu à 21,5 millions d’euros en 2008.
Quelques inquiétudes
Puis l’on aborde les réformes politiques en cours au plan national et européen. Alain Vironneau se dit inquiet. D’un côté, la proposition d’Organisation commune du marché (OCM) viticole de la Commission européenne « est une chance pour les régions viticoles qui se prennent en main, qui investissent, qui cherchent, qui exportent ».
De l’autre, le président du CIVB critique « la conception d’une viticulture française administrée à Paris et de Paris [qui] n’a aucun sens dans le marché tel qu’il est ».
Autrement dit, il faut une décentralisation de l’économie du vin qui permette aux vignerons et négociants d’en être les acteurs principaux, car « tous sont des entrepreneurs », mieux à même de faire les bons choix.
Enfin, l’autre sujet préoccupant concerne l’avenir du territoire rural.
Alain Vironneau s’enflamme contre « les initiatives d’urbanisme » qui menaceraient les vignobles de Saint-Emilion et de « certaines communes » dont les PLU se verraient modifiés pour substituer des zones naturelles aux zones agricoles plus protégées.
Mais là, impossible d’avoir des précisions, ce qui importe, semble-t-il, c’est juste de savoir que le président du CIVB veille au grain.
Vincent TRIDON
| Légende photo : Alain Vironneau, président du CIVB. |
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