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Le statut de Volontaire international en entreprise (VIE) s’ouvrira aux étudiants de la filière professionnelle, a annoncé le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur. Quelque 35 000 jeunes sont partis à l’étranger pour des missions économiques auprès d’entreprises, depuis la mise en place du dispositif, il y a douze ans.
Le statut des VIE s’élargit. Le 13 mars, à Bercy, Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, a annoncé la création d’une déclinaison « pro », du dispositif. Les volontaires internationaux en entreprises pourront désormais être recrutés dans la filière de la licence professionnelle. Pour l’instant, parmi les VIE, 7% seulement sont des jeunes de niveau bac + 2 ou bac +3. Pour mettre en place le VIE Pro, une convention a été signée entre le ministère de l’Enseignement supérieur, la Conférence des présidents d’université, le Medef, la CGPME et le cercle Magellan (réseau professionnel). C’était à l’occasion de la remise des grands prix « Volontaire international en entreprise ». Géré par Ubifrance, ce dispositif est destiné à soutenir les entreprises exportatrices françaises. Il consiste à confier une mission à l’étranger à un jeune diplômé, pour une période de six à vingt-quatre mois, renouvelable une fois. Dégagée de la gestion administrative et juridique, l’entreprise bénéficie également d’aides nationales et régionales financières dans ce dispositif. Et Pierre Lellouche a annoncé un objectif de « 15 000 VIE d’ici 2014, dont 6 000 dans les PME et les ETI (1)». D’après les chiffres divulgués lors d’une vidéo diffusée au cours de la cérémonie, la Société Générale, par exemple, a eu recours à 500 VIE, et en a recruté 200, en 2011. « Certains sont devenus directeurs généraux », précise de son côté un représentant de l’Oréal, qui apporte aussi son témoignage sur l’évolution des carrières des VIE dans son entreprise. Conduire une action commerciale, proposer des solutions produit, « ouvrir un pays », autant de missions menées à bien par les VIE à des « coûts légers »… Bref, d’après les dirigeants interrogés, le VIE est une formule à l’avantage de l’entreprise comme du jeune choisi, qui se voit ouvrir des perspectives d’embauche.
87 081 candidatures et 7 000 actifs
Le dispositif a été créé par la loi du 14 mars 2000, pour remplacer le statut de coopérant lié au service militaire. « Aujourd’hui, la formule est bien connue et plébiscitée », estime Pierre Lellouche, avant de rappeler quelques chiffres : depuis la création du statut, 35 000 jeunes en ont bénéficié. Et actuellement, 7 000 d’entre eux sont en activité auprès de 1 700 entreprises. « Il est regrettable de constater qu’Ubifrance a dans ses bases 45 000 candidatures. Nous avons besoin du portage des grands groupes pour porter ces jeunes », a ajouté le secrétaire d’Etat. En réalité, ce sont 87 081 CV qui sont consultables dans la base en ligne d’Ubifrance. Avec l’annonce du VIE pro, Pierre Lellouche entend « ouvrir la porte », à des jeunes défavorisés. « Je compte sur la mobilisation des grands groupes pour développer les VIE et les VIE pro », a-t-il insisté. A cet égard, une entreprise a été distinguée lors de la remise des prix : le Groupe Total, qui a hébergé dans ses filiales 200 VIE pour le compte de PME, a reçu le « prix du portage PME ». Le VIE Pro « est intéressant, il permet d’accéder à d’autres types de population. Il faut aussi des techniciens qui accompagnent le développement à l’étranger », a commenté Frédéric Sanchez, président de la commission International du MEDEF. Pour Jean-François Roubaud, président de la CGPME, il s’agit d’un « outil supplémentaire qui sera utilisé par les PME et les TPE ». D’après Pierre Lellouche, les VIE font partie de ces « leviers » qu’il a tenté d’actionner pour pallier la désastreuse situation du commerce extérieur français. Parmi les autres «outils » cités, figure également la mise sur pied de « guichets uniques » au niveau régional, qui réunissent les différents intervenants concernés par l’export (chambres consulaires, collectivités locales, Coface…). Seize nouvelles conventions régionales ont été signées. Autre annonce de signature : une vingtaine de « pactes export », où les grands groupes s’engagent à consulter leurs sous-traitants, avant de partir à l’export. « C’est un début », commente Pierre Lellouche. « Toutes ces réformes commencent à payer, malgré le déficit de l’an dernier. (…) Le commerce extérieur est en train de tourner la page de la crise », estime le secrétaire d’Etat, citant l’excédent de la filiale agroalimentaire de 11,6 mil- liards d’euros en 2011 ou encore les bonnes prestations du vin en Asie. Au total, l’année 2011 s’est achevée sur un déficit commercial record de 69,6 milliards d’euros.
A. d’A.
| 1 - Entreprises de taille intermédiaire |
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