Qui a dit que la pratique du sport élevait l'esprit ? Les scandales à répétition qui frappent le football professionnel ne confirmaient déjà guère ce bel aphorisme, pas plus que le coup de boule de Zidane.
Aujourd'hui, c'est la lamentable histoire de ce jeune pompier, victime d'une «bombe agricole» lors du match de Marseille contre Nice qui donne un nouveau coup à nos illusions.
Il est vrai que la définition du sportif a quelque peu évolué avec le temps. Jadis, le sportif était un personnage épris de grand air, d'esprit d'équipe et d'effort physique désintéressé. Plus tard, notre sportif est devenu un athlète estimé au niveau de son compte en banque. Aujourd'hui, on appelle sportif un individu affalé dans son fauteuil ou son banc de stade, une canette de bière à la main, et qui émet des sons inarticulés à chaque action d'un camp ou d'un autre. La plupart sont inoffensifs, déplaisants mais inoffensifs. Passée la grande excitation, ils redeviennent des êtres humains à peu près civilisés. D'autres au contraire, sous le coup de l'émotion, se transforment en véritables bêtes féroces disposées aux pires exactions sur leurs homologues qui soutiennent l'équipe d'en face.
Et l'on se dit parfois que le football pourrait être une belle chose sans ceux que l'on appelle les «footeux».
Erwan VIOLIN
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