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Qui a dit que le label écologique n’est pas porteur ? Sans doute pas la filière de «l’enveloppe bio» qui espère bien grignoter des parts de marché aux fabricants de plastique. Une nouvelle forme de bataille économique qui en annonce d’autres…

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«Au début des années 2000, le Trésor public décide d’envoyer les feuilles d’imposition sous emballage plastique. Ce fut le point de départ de l’association…». Pour Bernard Kuhnast, le PDG de La Couronne (600 salariés sur deux sites dont Angoulême en Charente), il y a de la marge en matière de marché « éco compatible». Les principaux fabricants d’enveloppes et producteurs de papier européens se sont donc réunis sous la bannière de Paper mail, association loi 1901 qui a pour but de « promouvoir les valeurs sociales, culturelles et environnementales de l’enveloppe papier ». La filière courrier au niveau national représente 420 000 emplois et 1,4 % du PIB. Autant dire que l’enjeu est de taille surtout dans le Sud Ouest où l’industrie papetière et de l’enveloppe emploient plusieurs milliers de salariés. Cap donc sur un message écologique dans un secteur parfois montré du doigt comme peu respectueux de l’environnement : «Notre profession a une responsabilité par rapport aux grands enjeux économique et écologiques. Nous avons un travail de pédagogie à faire. Notre matière première, la pâte à papier contribue à renouveler la forêt qui augmente de 50 000 hectares par an en France. Le thème de la consommation d’eau par nos entreprises a disparu aujourd’hui des thématiques et en ce qui concerne l’impact carbone, il est réduit car nous utilisons de plus en plus la bioénergie », plaide le PDG de La Couronne.
Un fort potentiel de développement
«Nous avons été avec La Couronne, les pouvoirs publics et l’Ademe à l’origine du développement du concept NF environnement pour l’enveloppe. Grâce à la fenêtre Cristal Evolution qui remplace celle en plastique, le produit est entièrement recyclable et biodégradable en seulement quelques semaines », précise David Darmon, directeur général de la division Industrial Papers du groupe finlandais Ahlstrom (6500 personnes dans 20 pays) : «Nous fabriquons des papiers techniques pour 35 applications différentes. Cela va de l’emballage alimentaire pour les bonbons et les fromages aux papiers colorés».
Pour David Darmon, le marché de « l’éco compatible » dispose d’un fort potentiel de développement : « Aujourd’hui, les enveloppes estampillées NF environnement représentent plus de 20% des ventes en France. Plus de 30% de celles à fenêtre vendues en France ont une fenêtre en Cristal Evolution. Dans le cadre de cette norme environnementale, nous devons également respecter des critères stricts comme la limitation du poids. La fenêtre Cristal ne doit pas être plus lourde que 35 grammes par mètre carré et le corps de l’enveloppe ne pèse pas plus que 90 grammes par mètre carré ».
Solidaires des sylviculteurs
Du côté du Groupe Gascogne (2730 salariés à travers le monde dont 500 sur le site de Mimizan dans les Landes), on s’est également associé à la démarche : « Un tiers de notre activité est destiné au papier pour les sacs utilisés dans la construction. Les deux autres tiers sont destinés à l’emballage dont 20% représentés par l’enveloppe », précise Olivier Tassel directeur général de la division papier : « La part d’activité de l’enveloppe (nous sommes concernés par la partie écrue) est stable chez nous depuis de nombreuses années. Le développement des ventes sur Internet nécessite des pochettes dont nous fabriquons les supports, ce qui laisse entrevoir une croissance possible ». Egalement au cœur des conséquences de la tempête Klaus, le Groupe Gascogne se veut solidaire des sylviculteurs : « L’urgence est de débarrasser le bois à terre et le Groupe Gascogne à la fois pour la partie bois d’œuvre et pour la partie papier est en train de démarrer des stockages sous aspersion. En fait, c’est un exercice difficile car le coût en trésorerie est très lourd. Il faut acheter le bois tout de suite et le transformer d’ici 3 ans ». Comme l’ensemble des autres secteurs de l’économie, la filière papier est impactée par la crise mais moins durement : « Notre chiffre d’affaires est en baisse de 10 à 15% », constate Olivier Tassel. « Nous sommes impactés par la crise, mais moins durement que d’autres. Le flux de courrier suit l’évolution. Le seul chiffre dont on dispose est celui du trafic courrier de la Poste en baisse de 3% par rapport à 2007 alors qu’il baisse habituellement de 1% en volume chaque année », conclut Bernard Kuhnast, le PDG de La Couronne.
Eric MOREAU
Légendes
Photo 1 : Vingt milliards d’enveloppes sont produites chaque année en France.
Photo 2 : Le site industriel du groupe Gascogne à Mimizan (Landes). |
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