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Les prix de l'immobilier ancien n'ont baissé que de 0.7 % au premier semestre, selon la FNAIM. Pour les professionnels, la chute des prix est terminée. Mais acheteurs et vendeurs ne se bousculent pas pour autant. De plus, des incertitudes demeurent, notamment sur le maintien du prêt à taux zéro.
« La baisse des prix, c’est terminé ». Pour René Pallincourt, président de la Fnaim, la Fédération nationale de l’immobilier, qui présentait ce 8 juillet à Paris les résultats du marché de l’ancien au premier semestre 2010, « les baisses et les hausses alternées de prix traduisent l’absence de spéculation et excluent tout mouvement brutal des prix ». Aujourd’hui, en tout cas, selon la Fnaim, les prix sont revenus au même niveau qu’en 2005 pour les maisons comme pour les appartements (-0,7% en moyenne, sur un an). La Fédération constate même des pressions à la hausse dans certains secteurs : dans le Centre, en Bretagne ou en Ile-de-France, et tout particulièrement à Paris. Dans la capitale, les prix peuvent varier de un à quatre, de 5 000 à 20 000 euros le mètre carré, en fonction des lieux (en moyenne + 6,8% entre le premier semestre 2010 et les six premiers mois de 2009). En revanche, les prix dans nombreuses régions subissent encore une tendance à la baisse, pour les maisons et les appartements. Il s’agit du Nord-Pas de Calais, de la Picardie, du Languedoc-Roussillon, du Poitou-Charentes, de la région Rhône-Alpes, de la Lorraine et de la Champagne-Ardennes.
« La confiance n’est pas là »
Acheteurs et vendeurs ne se bousculent pas pour autant dans les agences. Après douze mois d’activité très ralentie, une petite reprise, entamée en septembre 2009, se confirme sur le trimestre dernier, d’après la Fnaim. « Aujourd’hui, nous sommes à – 25% par rapport à la période 2001/2006, au rythme de 600 000 » en terme de transactions, rapporte René Pallincourt, qui en espère 50 000 de plus sur 2010.
Le sondage effectué par l’IFOP pour le compte de la Fnaim révèle que les avis des professionnels sont partagés sur la question : si 52% se déclarent satisfaits de leur activité, 48% ne le sont pas. Même type de répartition, sur le nombre de visites en agences, le degré de détermination de la clientèle de passer à l’acte, le nombre de contacts, ou le nombre de produits dont ils disposent à la vente. En revanche, les vendeurs sont 70% à estimer à moins de six mois le délai d’une transaction. C’est « très encourageant » estime René Pallincourt, pour qui cette donnée « sécurise les secondo-accédants qui comptent sur la vente de leur appartement pour en acheter un autre ».
Néanmoins, 43% des professionnels estiment que la durée moyenne de transaction a plutôt augmenté. Et, de fait, ces secondo-accédants renâclent à s’engager dans une opération immobilière. « Ils craignent le prêt relais » explique Vincent Destruhaut, président de la Fnaim pour la région Aquitaine. Pour lui, le « rebond n’est pas confirmé ». Pour Benoit Fauchard, président Fnaim pour la région Pays de la Loire, globalement, « le marché n’est pas liquide ». Là où l’offre est supérieure à la demande, les propriétaires restent « attentistes par rapport au prix » estime-t-il. Ils craignent de devoir revoir le prix de leur bien à la baisse. A contrario, là où l’offre est inférieure à la demande, comme à Paris, où il règne une véritable pénurie sur le marché, les acheteurs potentiels estiment que les prix sont trop élevés, que leurs revenus ne leur permettent pas d’y accéder ou encore, que l’obtention des prêts est difficile. Bref, crise économique, incertitude sur les trajectoires professionnelles n’incitent pas à l’achat, malgré des taux d’intérêt bas. « La confiance n’est pas là » conclut Vincent Destruhaut.
En attendant la loi de Finances
Pour autant, les professionnels sont un peu plus de la moitié à se déclarer optimistes sur les perspectives du marché fin 2010, d’après le sondage. Mais d’après la Fnaim, la principale incertitude qui plane sur ces perspectives est d’ordre politique. Beaucoup « va dépendre de ce qui va se passer avec les aides » à l’accession à la propriété, insiste René Pallincourt qui attend les mesures prises dans la loi de Finances en septembre. Une mesure, par exemple, risque fort de passer à la trappe : le crédit d’impôt sur les intérêts de l’emprunt pour l’achat d’une résidence principale.
Mais c’est surtout le taux à prêt zéro qui fait la différence, d’après la Fnaim. « L’an dernier, il y a eu 220 000 prêts à taux zéro, dont 150 000 dans l’ancien. Sur ceux là, 80% ont été réalisés dans des zones tendues. Ces ventes n’ont pu être réalisées que grâce au prêt à taux zéro » explique le président de la Fédération, qui souligne son importance pour les primo-accédants. Et, dans les agences, un client sur trois est un primo-accédant.
Anne d’AUBREE
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