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Le marché foncier rural est impacté par la crise. Prix et nombre de transactions sont en baisse, d’après les données de la FNsafer, Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural. Ce qui n’empêche pas l’urbanisation des campagnes de se poursuivre.
En baisse. « Les crises économique, financière et agricole ont rattrapé le marché foncier rural. Seul résiste un peu celui des collectivités qui continuent à investir. Mais le gaspillage des terres agricoles continue, même s’il est atténué un peu par la crise», diagnostique André Thévenot, président de la FNsafer, Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural. Laquelle a présenté son étude annuelle sur l’évolution du marché foncier rural en 2009, le 28 mai, à Paris.
Baisse au pluriel
En 2009, ce marché a représenté 206 000 transactions, portant sur
472 000 hectares, pour une valeur totale de 13,6 milliards d’euros. « Ce chiffre représente une baisse de 22% en valeur, par rapport à l’année précédente », commente Robert Levesque, directeur de Terres d’Europe - Scafr, Société de conseil pour l’aménagement foncier rural. Tous les segments sont touchés, mais de manière inégale : celui de l’urbanisation recule de 24,1%, une évolution proche de celle des espaces résidentiels et de loisirs non bâtis, celui des maisons à la campagne de près de 20%, et le marché agricole de 19,4%. Mais c’est le marché des forêts dont la valeur baisse le plus : - 36,7%. Non seulement la valeur des échanges a baissé, mais le volume des transactions a également diminué. Une tendance qui s’exprime depuis 2003, initiée par les non-agriculteurs qui se sont désintéressés du marché des terres agricoles, suivi, à partir de 2006, de celui des parcelles résidentielles et de loisirs. Fin 2007, le marché des maisons à la campagne et des biens à bâtir a également commencé à être impacté. Signe timide de reprise, ce dernier segment, qui représente 5,6 milliards d’euros, et concentre 41% de la valeur totale de l’espace du marché pour 5% seulement de sa surface, a connu une remontée du nombre de transactions et du prix moyen en fin d’année 2009. Mais ce marché concerne essentiellement les non-agriculteurs. Les agriculteurs, eux, impactés par l’effondrement de leurs revenus, réduisent leurs acquisitions. En nombre, elles ont diminué de 14% sur le marché des terres et des prés.
Poursuite de l’urbanisation
Malgré cette baisse généralisée du marché, la tendance à l’urbanisation des campagnes se confirme : en 2009, 35 000 hectares de surfaces agricoles ou naturelles ont été vendues dans le but de créer des logements individuels ou collectifs, ou encore des zones d’activités commerciales, industrielles, ou artisanales. Une tendance particulièrement prononcée « à proximité des grandes agglomérations, le long des grands axes routiers et sur le littoral », analyse Robert Levesque. C’est moins, toutefois, que les 45 000 hectares vendus chacune des deux années précédentes. Mais la valeur globale de ce marché demeure supérieure à celle du marché agricole. Certes, le 29 mai, le Sénat a voté le projet de loi de Modernisation de l’agriculture et de la pêche (LMAP), destiné à protéger le monde agricole. Mais, d’après André Thévenot, «aujourd’hui, le diagnostic est parfait, et le président ne fait plus un discours sans évoquer le prélèvement des terres agricoles. Mais, les dispositions présentées aujourd’hui dans la loi ne sont pas de nature à contredire cette évolution. » La FNsafer appelait de ses vœux un « zonage pérenne des zones agricoles » ainsi que des mesures pour rendre « leur déclassement plus contraignant, rappelle son président. Et c’est là que le bât blesse : au lieu de la commission décisionnaire présidée par le préfet, demandée par la FNsafer, l’instance prévue ne sera consultée que « pour avis», déplore André Thevenot. Il existe une «convergence d’intérêts qui rend difficile d’aller de l’avant », explique André Barbaroux, directeur général de la Fédération Nationale des Safer, qui cite les élus qui redoutent la centralisation du processus, et les constructeurs, anxieux de voir le nombre de terrains à construire se raréfier.
Anne d’AUBREE
Légende photo : En valeur, le marché des forêts baisse de 36,7 %. |
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