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Malgré la crise, les investisseurs étrangers ont été nombreux à implanter des entreprises en France, l’an dernier. Mais les données manquent pour mesurer l’impact réel sur l’emploi.
Après les chiffres désastreux du chômage, Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, avait de bonnes nouvelles à annoncer, ce 9 mars, lors de la présentation du bilan 2009 des investissements internationaux en France. Un bilan effectué par l’Agence française pour les investissements internationaux (Afii), chargée de faire la promotion de l’Hexagone à l’étranger et de mettre en relation les éventuels investisseurs avec les projets sur le territoire.
639 nouveaux projets recensés
Malgré la crise économique et financière, les résultats ne sont «pas si mauvais», s’est félicitée la Ministre de l’Economie. En 2009, au total, 22 645 sociétés à capitaux étrangers sont implantées en France, où elles emploient 2,8 millions de salariés. Elles contribuent à la recherche et développement à hauteur de 20% des capitaux investis. L’an dernier, 639 décisions de projets étrangers créateurs d’emplois ont été recensés par l’Afii, soit plus qu’en 2007 (624), mais un peu moins qu’en 2008 (641). Dans 62% des cas, il s’agit de créations d’entreprises. Le reste des projets concerne des reprises (8%) ou des extensions d’activité (28%). Pour l’essentiel, les investisseurs viennent d’Europe (68% des projets), Allemagne -pour la première fois devant les Etats-Unis- et Italie en tête. Et des pays comme la Belgique, les Pays-Bas ou l’Espagne, voient leur contribution augmenter au détriment de la zone Amérique du Nord, qui ne représente plus que 19% des investissements en France. En provenance d’Asie, la Chine et l’Inde confirment leur potentiel de croissance. La France attire surtout des entreprises de taille modeste : 38% des projets sont portés par des PME et 27% par des entreprises de taille intermédiaire. Manifestement, toutes les régions n’ont pas le même potentiel d’attraction.
Une répartition déséquilibrée
Le «bilan est déséquilibré», admet David Appia, président de l’Agence française pour les investissements internationaux. Ce sont surtout les grandes métropoles qui attirent les sociétés étrangères. L’Ile-de-France (30% des projets en 2009) et la région Rhône-Alpes restent les régions favorites. La Basse-Normandie, l’Auvergne, en revanche, ou encore le Poitou-Charentes, peinent à les faire venir. Quant aux 71 pôles de compétitivité, ils accueillent 528 entreprises étrangères. La répartition par secteur, elle aussi, est inégale. Le secteur manufacturier est privilégié par 66% des entreprises, soit 421 projets recensés. Et les projets liés à la «croissance verte» sont nombreux, notamment dans le domaine des énergies renouvelables. Ainsi, First Solar, une entreprise américaine, a noué un partenariat avec Energies nouvelles, une filiale d’EDF, pour monter une usine de fabrication de panneaux solaires en Aquitaine, ce qui représente 380 emplois et 75 millions d’euros d’investissements hors immeuble. Autres exemples, en provenance d’Allemagne : Energossa sarl, Aleo Solar et IBC solar.
Une attractivité qui ne connait pas la crise ?
« Les orientations données par le Grenelle de l’environnement sont un facteur d’attraction », note Christine Lagarde. Au-delà du Grenelle, pour la Ministre de l’Economie, les principaux facteurs d’attractivité de la France sont « la qualité de la main d’œuvre, la formation et le crédit impôt recherche », lequel expliquerait la recrudescence des implantations des centres de recherche et de développement. Autre facteur : la stabilité des règles du jeu économique. Quelles qu’en soient les raisons, le bilan de l’année est meilleur que prévu et Bercy se veut optimiste pour l’avenir. « On se disait que la crise allait produire ses effets avec un temps de décalage. Nous conservons cette préoccupation à l’esprit, mais nous sommes relativement confiants. En effet, depuis un an, nous avons observé que la crise se traduit par une recomposition géographique, avec un tassement des projets d’origine américaine et japonaise, compensé par une dynamique européenne forte. Et le secteur de l’énergie a été un relais de croissance fort. Le troisième élément qui nous rend confiants est que les pays émergents devraient investir vers l’Europe. Depuis deux mois nos équipes à l’étranger enregistrent autant de contacts que l’an dernier », explique David Appia.
Des départs effectifs
Seul souci, si les chiffres de création -ou de maintien-d’emplois liés à l’implantation d’entreprises étrangères en France sont encourageants (29 889 postes), Bercy ne connait pas ceux qui sont détruits. «On n’a pas l’instrument de mesure», explique la ministre chargée de l’Emploi. Les exemples d’entreprises étrangères qui quittent le territoire ne manquent pourtant pas. En mars dernier, l’usine de pneus de Continental, implantée à Clairoix, dans l’Oise, a fermé ses portes. Elle employait plus de 1 000 salariés. Le mois suivant, c’était au tour de l’usine de Sony (300 salariés), à Pontonx-sur l’Adour (Landes), de mettre la clef sous la porte. Bilan global, le taux de chômage national atteint aujourd’hui les 10% de la population active. Ce taux a progressé de 1,8 point sur un an. Et ce, malgré les emplois créés ou maintenus par les entreprises à capitaux étrangers présentes sur le territoire.
Anne d’AUBREE
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