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A l’occasion de leur assemblée générale qui a eu lieu le 25 mars dernier au Grand Hôtel de Bordeaux, les professionnels girondins de la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier) dressaient un état des lieux en compagnie du président national René Pallincourt.
La Fnaim, c’est en France 13 000 entreprises (380 en Gironde), 200 000 transactions par an, 1 600 000 biens gérés et 3 400 000 lots de copropriété.
L’immobilier, un secteur qui s’est retrouvé en première ligne durant la crise et qui semble «redémarrer timidement». Témoignages.... René Pallincourt, Président de la Fédération nationale de l’immobilier
EJG : Comment le secteur de l’immobilier a-t-il traversé la crise?
R. P. : Il y a eu en fait deux périodes : un premier semestre 2009 horrible (dans le prolongement de la fin 2008) et un deuxième semestre marqué par un rebond. Au plus fort de la crise, la baisse d’activité sur l’ensemble du territoire a été de l’ordre de 25 à 30 %. Le nombre de transactions en 2007 était de 750 000. En 2009, les transactions ont été de 550 000.
EJG : Quelles conséquences cette situation a-t-elle eu sur les entreprises que vous représentez ?
R. P. : En 2009, 300 entreprises se sont arrêtées à la suite d’une liquidation judiciaire. Ce chiffre est énorme sur une seule année. On peut toutefois le relativiser en le rapprochant de nos 13 000 entreprises.
EJG : Quelles ont été les conséquences en terme d’emploi ?
R. P. : Beaucoup de nos confrères ont fermé des succursales situées en périphérie de leurs sièges avec sans doute des conséquences sur l’emploi proportionnellement plus importantes que les 2,5 % de nos adhérents qui ont fermé...
EJG : Vous évoquez la reprise. Qu’en est-il réellement ?
R. P. : Ce n’est pas un renversement de tendance, mais un rebond d’activité. Les fondamentaux qui font le marché sont tous bien orientés. Les taux d’intérêt ont baissé ainsi que les prix de l’immobilier, ce qui a pour conséquence de «resolvabiliser» la clientèle.
EJG : La confiance fait défaut...
R. P. : Nous continuons à détruire des emplois et ça se ressent sur l’indice de confiance des Français. Si vous n’avez pas une lecture rassurante de votre avenir professionnel, vous n’allez pas réaliser de projet immobilier. Sauf bien sûr s’il s’agit d’un besoin de logement. Les achats d’opportunité sont au ralenti...
EJG : La baisse du prix de l’immobilier a été fréquemment évoquée. Qu’en est-il ?
R. P. : La correction en matière de prix est ténue. Sur les douze derniers mois, la baisse est inférieure à 4%... Il n’y a pas de chute brutale des prix. Nous avons assisté à un phénomène d’attentisme du côté des vendeurs et des acheteurs pour des raisons différentes. Il y a des besoins en logement qui sont énormes en France. Seulement 57% des Français sont propriétaires de leur résidence principale...
EJG : Les banquiers ont été mis à l’index... Quelle est votre vision ?
R. P. : Les banques ont ajusté leur politique au marché . Lorsque, jusqu’à la fin de 2007, les prix montaient, le banquier se disait « j’ai une hypothèque sur un bien qui vaut 100 aujourd’hui et qui vaudra 110 demain». Aujourd’hui, les prix sont à la baisse. Les banquiers ne veulent plus prêter 100% du prix, mais 70%, car ils veulent se garantir en cas de vente forcée....
EJG : Quelle est votre vision de 2010 ?
R. P. : L’année devrait ressembler à la fin 2009. Nous sommes sur une dynamique du marché. J’aurais tendance à dire que ça va mieux aujourd’hui qu’hier. Nous ne sommes plus dans la crise, mais en phase de sortie. Il faut rester toutefois vigilant car tout peut arriver...
Propos recueillis par Eric MOREAU
. Dominique Rulleau, à la tête d’agences immobilières à Saint-André de Cubzac, Blaye, Libourne et Ambarès. Il emploie quinze personnes.
EJG : Sur un plan local, comment avez-vous vécu ces derniers mois ?
D.R. : Le deuxième semestre 2008 et le premier trimestre 2009 ont été marqués par un arrêt brutal des transactions. Plus rien ne se vendait. Les banques ne prêtaient plus et ne voulaient plus entendre parler de prêts relais. Cela a duré sept mois...
EJG : Avez-vous dû vous séparer de certains de vos collaborateurs ?
D.R. : Nous nous sommes en effet séparés de quelques collaborateurs. Certains sont partis en retraite, d’autres ont bénéficié
de licenciements économiques .
EJG : Sentez-vous la brise d’une légère reprise ?
D.R. : Nous sentons que les feux sont au vert, mais cela reste timide. Je souhaite que cela me permette d’embaucher à nouveau, mais il faut attendre que la situation se stabilise...
EJG : Le profil de vos clients est-il différent ?
D.R. : Nous avons aujourd’hui un manque de clientèle en Gironde sur les ménages disposant de budgets de 200 à 450 000 euros. En dessous, la clientèle plus modeste revient à la faveur de la baisse des taux d’intérêts et des prêts à taux zéro. Par ailleurs, les vendeurs sont plus raisonnables sur les prix des biens et les terrains sont moins chers. Nous retrouvons aussi des acheteurs plus aisés disposant de 500 à
600 000 euros moins touchés par la crise et qui attendaient la baisse des prix.
Propos recueillis par E. M.
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