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Les Echos Judiciaires du 15 août 2014
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Le mirage de l'or

Devant la décrépitude des comptes publics, le nouveau ministre des Finances envisage de vendre du patrimoine pour amoindrir la dette. Mais son ambition de siphonner le tas d'or de la Banque de France ne peut être couronnée de succès. Heureusement, du reste...

De l'avis commun, la convoitise est un vilain défaut. Mais qui peut se prétendre immunisé contre ce penchant consubstantiel à l'espèce ? Même nos ministres, que l'on sait sélectionnés pour leurs qualités humaines et intel-lectuelles exceptionnelles, n'échappent pas à ce travers. Surtout lorsque leur feuille de route comporte des exigences telles que seuls ceux sortis de Poudlard - l'école de magie de Harry Potter - ont une modeste chance de réussite. Hélas, l'ENA ou Sciences Po ne produisent que des spécialistes de la généralité.
Brillants, certes, voire chatoyants. Mais parfaitement incapables de sortir un lapin de leur chapeau, de multiplier les petits pains ou de faire pousser de l'argent sur les terres arides de Bercy.
Nous avons de grands talents quand il nous faudrait des prodiges. En foi de quoi le nouveau titulaire des Finances, doté d'un solide capital de sympathie au sein de l'opinion (ce qui frise l'exploit, après avoir occupé l'Intérieur), bien qu'affligé de solides inimitiés au sein de sa propre majorité, se trouve confronté à un exercice de très haute voltige.
La «maison France» est exposée à des fins de mois difficiles ; son découvert ne cesse de s'aggraver et son endettement à long terme prospère comme une tumeur maligne ; pire encore : rien à l'horizon ne laisse présager une quelconque amélioration.
Et dans ce contexte, notre ministre doit améliorer les finances sans ponctionner le contribuable ni rogner sur les transferts. Pas étonnant qu'il se pose la question de savoir où trouver l'argent dont il a besoin.
Le premier réflexe d'une maison en délicatesse avec ses créanciers, c'est de bazarder ce qui n'est pas indispensable et peut valoir un peu de sous : le portefeuille de participations cotées de l'Etat vaut un peu d'argent.
Mais pas de quoi nous remettre en selle. Dommage que nos France Telecom n'aient pas été soldées pendant la bulle : nous aurions mis de côté de quoi garantir nos retraites pour un bon bout de temps.
Bref, avant même que de se demander comment arrêter l'hémorragie de l'exploitation (le déficit budgétaire), Bercy cherche par tous les moyens de l'argent frais. Ce n'est pas bon signe. Mais cela explique le psychodrame en train de se nouer autour de l'or de la Banque de France...

La chasse au trésor

Il fut un temps où les ministres prétendaient que pour trouver de l'argent, il suffisait de le prendre aux «riches». C'est plus ou moins ce qui a été fait, encore que les authentiques grosses fortunes aient pris la poudre de l'escampette avant de se faire trop fortement écorner. Considéré comme improductif, l'or symbolise la richesse des avaricieux : l'opinion publique ne saurait, en son âme et conscience, condamner les voleurs de la cassette d'Harpagon. De la même façon, la plèbe fut en son temps tout émoustillée de voir griller les Templiers sur le bûcher : ils n'étaient sans doute ni plus hérétiques ni plus sodomites que le commun des mortels, mais ils avaient amassé une fortune colossale et accumulé d'énormes créances... sur le Trésor royal. Dangereux. Ainsi, l'or excite la convoitise des impécunieux.
Celui de la Banque de France évoque le souvenir de la cagnotte des Templiers, encore qu'il ne soit pas encore question de traîner le gouverneur Christian Noyer sur le bûcher. Pourtant, ce dernier devrait suivre la voie tracée par son prédécesseur Jean-Claude Trichet, qui s'est toujours montré soucieux de conserver intact le stock d'environ 3.000 tonnes que possède l'institution.

Un magot intouchable

Deux questions se posent devant les prétentions du gouvernement à ponctionner la Banque pour financer des «dépenses d'investissement» de l'Etat. La première est de savoir s'il est possible de vendre de l'or : récemment réunis en assemblée à Bâle, les Banquiers centraux se sont mis d'accord pour limiter à 100 tonnes par an, pendant cinq ans, leurs cessions éventuelles. Dans cette limite, l'opération est donc possible.
Quant à savoir si l'Etat peut capter directement le produit de la cession, c'est une autre affaire....Certes, l'Etat français est le seul actionnaire de la Banque de France. Mais cela ne l'autorise pas pour autant à pratiquer l'abus de biens sociaux en ponctionnant son actif.
Ainsi, le gouverneur Noyer a raison de préciser que, si de l'or était vendu, l'Institut d'émission pourrait en placer le produit, et ainsi générer des revenus supplémentaires qui augmenteraient ses profits, susceptibles de donner lieu à un dividende plus important pour l'Etat. On voit tout de suite que le magot ne pourrait que très marginalement venir en aide au Trésor, et, en tout état de cause, ne saurait être d'aucune utilité pour résorber la dette du pays. Il serait bon également de ne pas oublier que les actifs de la Banque de France servent à garantir sa crédibilité financière comme émetteur de monnaie.
Ses possessions ne sont donc pas inutiles, et il paraît peu probable que la BCE accepte de laisser décaver l'une de ses «filiales» sous prétexte que le ministre des Finances veut «investir».
Jean-Jacques JUGIE

© Les Echos Judiciaires Girondins - Journal N° 5040 du 27/04/2004. Tout droit révervé.

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