C'est de l'Assemblée Nationale qu'est venue la charge. A un député qui lui demandait où en étaient les négociations avec les banques sur les tarifs bancaires, Thierry Breton a indiqué qu'il était préoccupé et qu'il envisageait de légiférer. A l'approche de l'échéance présidentielle, la pression s'accroît sur la profession bancaire. La gauche reproche aux banques d'être intransigeantes avec les plus démunis, et bienveillantes avec les plus aisés.
Le Gouvernement, lui, est à la recherche d'actions sur lesquelles il puisse communiquer dans les mois qui viennent. Et c'est pour cela que le ministre de l'Economie commence à montrer les dents.
Les banques ont, dans l'ensemble, mauvaise presse. Il leur est reproché de manquer à l'appel quand on en a besoin, de ne pas soutenir les entreprises et d'assommer les personnes en situation difficile. Peu ont oublié le déficit abyssal du Crédit Lyonnais. Encore moins qu'il a fallu le combler. On oublie plus facilement que l'industrie bancaire française est une des premières au monde, qu'elle est dynamique et conquérante, qu'elle est créatrice d'emplois et qu'elle participe à la croissance.
Obtenir un succès qui parlera à chacun des consommateurs-électeurs est tentant pour Bercy.
D'autant plus que l'enjeu de la négociation paraît accessible. Il est demandé aux banques de bien vouloir présenter des factures de leurs prestations avant paiement, et de revoir à la baisse la facturation des incidents de paiement.
La Fédération Bancaire Française se déclare favorable à des mesures négociées, afin d'améliorer le service rendu aux clients.
Elle cherche à éviter une intervention du législateur qui, à l'approche du renouvellement des mandats, pourrait être tenté par des mesures plus radicales.
Il appartient aux banques de se dépêcher d'agir, si elles veulent préserver leurs marges de négociations.
Assuré du soutien des associations de consommateurs, précieux relais d'opinion, le Gouvernement n'attendra probablement pas longtemps avant de passer à la phase législative.
Augustin FRONTENAC
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