L’emploi des cadres sera encore dans la tourmente en 2010. L’enquête annuelle de l’Apec rendue publique la semaine dernière n’affiche pas le visage de l’optimisme. En première ligne, les jeunes diplômés qui regardent passer les trains...

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«Je ne vais pas vous dire que l’emploi cadre va bien... ». Pascal Duée, le délégué régional de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) se veut prudent. Certes, cela n’est pas une surprise, mais les chiffres ne sont pas bons, même si indique-t-on du côté de l’organisme paritaire, « la région a été la deuxième par le nombre de créations de postes de cadres en 2009 ». En Aquitaine, les entreprises prévoient pour 2010 de recruter 5500 cadres dans un contexte où la boule de cristal est peut-être la seule issue pour lire l’avenir tant les économistes jouent la carte de la prudence.
Pour l’année qui débute, 8% des entreprises de la région prévoient une augmentation de leurs effectifs cadres contre 6% qui anticipent une réduction. Des perspectives qui semblent bien maigres après une année 2009 marquée par un bilan négatif : 5 730 cadres ont été embauchés, soit 23% de moins qu’en 2008 : « 86% des entreprises de la région sont dans une situation attentiste », précise Pascal Duée.
Plus que jamais, l’Apec joue un rôle central dans la vie professionnelle des cols blancs.
Une recherche d’emploi plus longue
Ainsi, en 2009, 33 500 cadres (à l’échelon national)ont utilisé ses services et près de 1400 entreprises ont fait appel à l’expertise des consultants de l’association. De plus, 1 410 cadres aquitains au chômage et confiés par le Pôle emploi ont été accompagnés par l’Apec : 37% d’entre eux ont retrouvé un poste après six mois et 56% après douze mois seulement ...
Un allongement de la durée de recherche qui inquiète les professionnels chargés d’accompagner les demandeurs d’emploi. Résultat, un changement de stratégie du côté de l’Apec : « Nous allons devenir un sous-traitant du Pôle emploi et nous proposerons de nouvelles formations aux cadres en activité pour leur permettre d’anticiper les réalités du marché et de ne pas se retrouver sur la touche... ». Certes, le visage de notre économie se caractérise par une tendance à l’augmentation des effectifs de cadres. Mais la conjoncture plus que jamais incertaine semble impacter durablement ce segment de l’emploi.
28% de recrutements en moins
Une situation qui s’exprime très nettement dans l’enquête menée par l’Apec. A l’échelon national, en 2009, 143 700 cadres ont été recrutés, soit une baisse de 28% par rapport à 2008. A cela, deux explications: la crise bien sûr et le changement de comportement des cadres qui ont opté pour la prudence en restant dans leurs entreprises. Le turn over a perdu 1,5 point pour s’établir à 5,7%, signe de l’immobilisme général. L’association prévoit qu’en 2010, le volume des recrutements devrait encore baisser de 4 à 10 % dans l’Hexagone et de 4 % en Aquitaine.
Les jeunes en première ligne
« Dans une période de crise comme celle que nous vivons, les entreprises qui embauchent se tournent de préférence vers des cadres confirmés qui devraient représenter cette année 54% des recrutements dans la région. Les jeunes cadres sont pénalisés avec 29% des embauches prévues, quant aux débutants, ils ne devraient représenter que 17% du total ». Selon Pascal Duée, le délégué régional de l’Apec en Aquitaine, les jeunes diplômés sont en première ligne : « A l’échelle nationale, en 1993, 21 000 jeunes diplômés étaient recrutés. En 2009, ils ont été 23 000 alors qu’aujourd’hui les universités forment chaque année 120 000 jeunes... ». Du côté de l’Apec à Bordeaux, on temporise un peu en évoquant « un point d’optimisme du côté de la stratégie des entreprises qui ont investi dans des postes de chercheurs, ce qui est un bon présage pour le développement futur et qui devrait permettre deréamorcer la pompe ». Reste à fixer une date et là, personne ne se mouille...
Eric MOREAU
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