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Fin connaisseurs de la santé financière des PME, les experts-comptables de KPMG viennent de publier une enquête annuelle réalisée auprès de 3200 patrons de PME européennes (50 à 999 salariés sur huit pays) avec l’aide de l’institut de sondage OpinionWay : 84% des chefs d’entreprises interrogés anticipent une sortie de crise d’ici fin 2011...

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Certains y verront la surprise du chef… d’entreprise. La très sérieuse enquête annuelle menée par KPMG laisse entrevoir le bout du tunnel à l’horizon 2011. A l’échelle de l’Europe de l’Ouest, un consensus se dégage : «70% des PME interrogées se déclarent au moins aussi fortes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient, il y a douze mois». Dans l’ensemble, les dirigeants européens se disent assez satisfaits de la conduite de leurs activités au cours de l’année écoulée et tablent sur une perspective analogue pour l’année à venir avec bien sûr des disparités en fonction des pays : malgré la crise, la performance est jugée bonne pour 74% des patrons de PME au Royaume-Uni, 67% chez les Belges, 66% côté espagnol et 49% des Allemands.
Côté français (la France compte 30 000 PME de 50 à 999 employés), 59% des chefs d’entreprises estiment que «les 12 derniers mois ont été plutôt bons ou très bons et 72% sont optimistes sur l’activité de l’année à venir».
Particularité des PME face aux grands groupes, 71% des dirigeants souhaitent maintenir leur effectifs dans les 12 prochains mois contre 62% en Europe.
Pour les patrons de PME françaises, l’emploi n’apparait pas comme une variable d’ajustement qui s’impose face à la crise.
Eric MOREAU
Echos Judiciaires Girondins : A la lecture de cette étude, il semble que le pessimisme ne soit pas dominant chez les dirigeants européens de PME...
Xavier Borotra : Une forte majorité d’entre eux pense que la performance de leur entreprise sur les 12 derniers mois, période dite de crise, a été bonne. 61% de gens disent finalement ne pas s’en être si mal tirés.
EJG : Reste qu’entre pays européens, de fortes disparités existent...
X.B. : Il y a en effet des différences très nettes entre pays. Si l’on regarde les Britanniques, ils sont très satisfaits et disent à 74% que l’année a plutôt été bonne alors que les Allemands sont beaucoup plus sévères : pour seulement 49% d’entre eux, la situation a été positive. Quand on évoque les obstacles, les chefs d’entreprises parlent de l’accès au financement. On voit que cette difficulté est beaucoup plus forte en Espagne que dans la moyenne des pays européens. C’est également le cas en France. Il y a d’autres critères comme la baisse du chiffre d’affaires : 47% des dirigeants français de PME mettent en avant la baisse du chiffre d’affaires. Ils sont 55% à le dire en Allemagne. Autre obstacle, les pertes de fournisseurs ou clients stratégiques pour un tiers des entreprises...
EJG : A la faveur de la crise, l’Europe économique ne montre-t-elle pas ses limites?
X.B. : Il existe de vraies différences d’appréciations. Si l’on prend l’exemple des déficits publics, les Allemands sont plus à cheval... Il y a des comportements différents, mais ça n’empêche pas que des mesures communes avec la Banque Centrale Européenne ont été prises. Les Français sont plus optimistes que les Allemands. A la question sur une sortie de crise, 59% des chefs d’entreprise de l’Hexagone évoquent 2010 ou 2011 contre 44% chez les Allemands.
EJG : Comment expliquer ce résultat ?
X.B. : Les mesures prises en France pour faciliter l’accès au crédit pour les entreprises avec Oséo et la mise en place du médiateur du crédit René Ricol (expert comptable) ont été jugées satisfaisantes. Il n’en demeure pas moins que certains ont des problèmes de financement...
EJG : La surprise de l’enquête que vous publiez, ce sont ces 2000 entreprises françaises qui ont continué à se développer fortement..
X.B. : Leur croissance est largement supérieure à celle des entreprises du CAC 40 ! Elles se sont mieux adaptées que les autres car ce sont de vrais caméléons. Elles sont souvent plus rapides à prendre des décisions. Leur valeur ajoutée, c’est un recentrage sur le marché et la clientèle. Elles sont ouvertes sur leur environnement et toujours à l’affût de bonnes opérations pour se marier avec tel ou tel. L’autre caractéristique est leur intérêt pour les marchés étrangers et la recherche permanente du recrutement des équipes les plus performantes.
EJG : Il apparaît également que ces bons élèves ont le goût du risque. Une approche peu compatible avec la frilosité des banquiers...
X.B. : Ces bons élèves sont endettés ! Les banquiers suivent parce que la rentabilité est importante. Il existe un effet de levier quand la rentabilité est plus importante que l’endettement et les banquiers l’ont bien compris.
EJG : Justement à propos des banques, quel conseil donner aux chefs d’entreprises ?
X.B. : Jouer la transparence. Le métier de banquier a évolué. Les établissements sont plus au fait du suivi de la situation économique et de la santé réelle des entreprises.
Propos recueillis par E. M.
Légende photo 1 : Xavier Borotra, Directeur associé KPMG Bordeaux Aquitaine. |
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