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Le premier juin dernier, les maisons Pascal Laurent inauguraient leur nouveau siège au 11 avenue Henri Barbusse à Mérignac. Une PME familiale à taille humaine qui fête ses 35 ans et prône dans un secteur fortement impacté par la crise «le changement dans la continuité».
L’histoire des maisons Pascal Laurent commence en 1976. «Des artisans ont dit à Jacques Barroux, mon père : tu parles bien et nous avons des demandes, est-ce que tu peux t’occuper de la partie commerciale ? Le constructeur Pascal Laurent est né en 1976 de ce groupement d’entreprises artisanales. Démarrée en solo, l’entreprise embauchera par la suite un dessinateur, un métreur et des années plus tard, ma mère rejoindra la petite structure». Lodoïs Barroux, l’un des deux frères désormais aux commandes de la PME n’était pas programmé pour rejoindre l’entreprise : «Mon frère et moi ne souhaitions pas travailler ici. Nous avions vu notre père sur le terrain tous les jours y compris le dimanche et petits, nous avons été marqués par cette absence. J’avais fait le choix d’études de commerce international et de viticulture et je travaillais dans une propriété viticole. Passé un certain temps, il ne me restait plus qu’à partir à l’étranger ou me marier avec la fille du propriétaire, ce qui n’a pas été le cas... ». En 2000, la santé défaillante de Jacques Barroux décidera le fils à intégrer l’entreprise familiale, suivi quelque temps après par son frère Franck parti travailler chez un éditeur de logiciels informatiques après des études d’expert-comptable : «Nous avions la crainte de voir la famille exploser du fait de travailler ensemble. Nous avons discuté avec d’autres fratries pour identifier les erreurs à ne pas commettre... ».
Du sur mesure
Dix personnes travaillent aujourd’hui pour cette PME. «Chez nous, il n’y a pas de commerciaux à proprement parler. La même personne chiffre, dessine et s’occupe de la relation avec le client. Nos collaborateurs sont passés par une école d’architecture ou disposent d’une réelle compétence en matière de dessin», précise Lodoïs Barroux : « Nous ne cherchons pas seulement à vendre des maisons, mais à mener à bien des projets individuels. Nous sommes à l’écoute sur tous les éléments comme le mode de chauffage, les matériaux... Si le client nous fait confiance, nous signons un contrat de construction. Nous ne cherchons pas seulement à vendre une maison. La majorité de nos confrères travaillent avec des commerciaux qui ont des plans types. Nous n’avons pas de catalogue ».
« Net rebond depuis mars »
Une trentaine de maisons Pascal Laurent sortent de terre chaque année. S’y ajoutent quelques immeubles de deux étages et des officines de professions libérales. Comme dans l’ensemble du secteur, l’activité a été impactée au plus fort de la crise comme l’indique Franck Barroux, le financier de l’équipe : «L’an dernier avec la crise immobilière, nous avons réalisé 25 maisons. Pendant la crise, nous avons gardé l’équipe en place. Depuis mars dernier, nous enregistrons un net rebond. Les taux du crédit sont bas. Reste à savoir s’il s’agit d’une tendance longue ou d’une simple bouffée d’oxygène... ». Pour Franck Barroux, la crise est à plusieurs étages : «Il y a l’aspect boursier et immobilier. Certains de nos clients ont dû attendre neuf mois avant de pouvoir vendre car les banques ne voulaient pas s’engager avec un crédit relais. D’autres qui font de l’immobilier locatif avec des fonds bloqués en bourse ont dû attendre en raison de la chute brutale des cours. Nous observons aujourd’hui un nouveau phénomène préoccupant sur les dossiers présentés par des personnes de plus de 45 ans. Les banquiers les refusent en raison de risques liés aux éventuels problèmes de santé même avec une solvabilité tout à fait acceptable... Nous n’avions jamais vu ça...». A cela, il convient d’ajouter qu’il est difficile de trouver des terrains constructibles : «Les vendeurs attendent une remontée des prix pour vendre et la concurrence entre professionnels est rude ...».
Un développement raisonné
« Si vous développez votre activité de manière anarchique, vous devez recruter de nouveaux artisans dans l’urgence. Ceux avec lesquels nous travaillons, nous les menons à la retraite. Pour eux, la crise a été dure. Ils ont dû s’adapter et passer d’un carnet de commandes plein pour six mois à un fonctionnement sur un mois...», raconte Franck Barroux qui insiste sur le fait que les 5 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel doit être appréhendé en fonction des «achats auprès des artisans». Si le marché des maisons basse consommation est plutôt porteur, on fait ici remarquer que le phénomène qui a pris de l’ampleur n’est pas nouveau : «L’évolution porte sur l’isolation. Nous faisons du solaire depuis longtemps. Nous avons des clients qui se chauffent grâce à la géothermie depuis 15 ans !», précise Lodoïs. Une maison Pascal Laurent se vend entre 120 000 et 600 000 euros «prête à décorer», précise Franck qui utilise volontiers l’image d’un créateur de sur mesure : «nos clients ne sont pas des numéros », mais des hommes libres... pour paraphraser une célèbre série télévisée...
Eric MOREAU
Légende photo 1 : Franck et Lodoïs Barroux sont aux commandes de cette Pme familiale créée par leur père Jacques Barroux, il y a trente-cinq ans. |
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