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Nos lointains cousins québecois attisent plus que jamais la curiosité des Bordelais. Alors que vient de s’ouvrir une liaison aérienne directe entre les villes, une forte délégation en a profité pour vanter le miracle économique de cette province canadienne qui résiste au marasme général. Objectif : inciter des Bordelais à franchir le pas...
Environ 16 000 personnes, soit un tiers des porteurs du pass-dégustation de Bordeaux Fête le Vin en ont profité pour visiter le Pavillon de la Ville de Québec. Offres d’emplois, présentation des attraits touristiques, concerts, rencontres avec les Québécois venus pour l’occasion ou encore dégustation de cidre de glace étaient au programme de cette édition placée sous le signe de l’art de vivre «à la québecoise». « Nous manquons réellement de main-d’œuvre et votre maire Alain Juppé a accepté que je contamine les Bordelais… ».
Mission recrutement
Régis Labeaume, le maire de la ville de Québec trace la ligne à suivre : mission recrutement. C’est chose faite, l’équipe de Pôle Québec Chaudière-Appalaches, agence de développement économique de la région de Québec, a rencontré plus de 1 000 candidats à l’immigration, des rencontres de 10 à 15 minutes. Une forme de speed dating qui a permis de sélectionner 16 candidats qui ont rencontré un membre de Pôle Québec et un conseiller en immigration de la ville de Québec. Dix d’entre eux sont prêts à partir d’ici la fin de l’année 2010.... Parallèlement, 200 personnes se sont inscrites pour recevoir le calendrier des prochaines missions de recrutement multisectoriel organisées par la ville de Québec, en France. Enfin, des milliers de Français se sont branchés sur le site Internet www.1888mevoila.com qui référence des centaines d’offres d’emploi. Il faut dire qu’avec un taux de chômage inférieur à 5%, le miracle économique québécois a de quoi faire rêver des Français habitués à des chiffres bien supérieurs...
A faire pâlir d’envie
Avec le deuxième taux de chômage le plus bas du Canada et un PIB qui croit de 2% chaque année, Québec connaît une forte croissance économique. Ses secteurs d’excellence tels l’optique-photonique, le géospatial, l’électronique ou la défense croient à la vitesse d’un TGV. Entre 2010 et 2030, près de 10 300 postes sont à pourvoir dans la région métropolitaine de Québec sans compter les quelque 51 000 départs en retraite estimés. Dans le même temps, le solde de naissances et le solde migratoire sont insuffisants pour répondre à la demande...
Eric MOREAU
Régis Labeaume, maire de Québec
Echos Judiciaires Girondins : Les liens entre Québec et Bordeaux ne datent pas d’hier...
Régis Labeaume : Ils ont 48 ans. Je voudrais que les Québécois se sentent chez eux à Bordeaux. Et j’espère que c’est la même chose pour les Bordelais. Le premier vol direct entre les deux villes que nous avons inauguré en juin devrait aider au tourisme mutuel...
EJG : La ville de Québec bat des records en terme d’emploi...
R.L. : Chez nous, le chômage est à 4,5%. Nous étions encore récemment la ville canadienne avec le plus faible taux de chômage. Nos entreprises manquent de ressources humaines et ça a pour conséquence de ralentir leur croissance.
EJG : Vous êtes à le recherche de main-d’œuvre. Quels sont chez vous les secteurs porteurs ?
R.L. : Par exemple, le domaine de l’assurance et celui du génie. Dans le secteur de l’innovation technologique et des technologies de l’information, nous avons de l’ouvrage pour de nombreuses années.
EJG : Etes-vous seulement en quête de main d’œuvre qualifiée ?
R.L. : Il y a chez nous du travail pour tout le monde. De l’emploi qualifié au plongeur dans la restauration. La personne qui arrive à Québec et qui veut travailler trouve sans problème. Si quelqu’un est au chômage en France, nous l’invitons à venir passer quelques années à Québec. Pour les Français, il n’y a pas le problème de la langue...
EJG : Le mode de vie diffère toutefois...
R.L. : La vie est douce chez nous comme elle l’est à Bordeaux... Au niveau du climat, personne n’est mort de l’hiver! Il y a 75 000 Français au Québec. Pour ma part, je lance le message suivant aux Bordelais : si vous ne travaillez pas et si l’Amérique vous tente, venez à Québec!
EJG : Vous venez du milieu des affaires. Que dire aux entreprises françaises qui sont intéressées par le fait de s’implanter au Québec ?
R.L. : Pour les entrepreneurs qui veulent prendre de l’expansion en Amérique, la porte d’entrée de Québec est idéale. En terme d’adaptation pour la famille, c’est plus facile. Même chose pour les collègues de travail car je sais que les entreprises françaises aiment envoyer en même temps plusieurs collaborateurs.
EJG : Précisément, quelle est l’erreur à ne pas commettre ?
R.L. : Il faut impérativement prendre un bon conseiller sur place.
Dans ma carrière précédente, je conseillais des entreprises étrangères notamment allemandes. Cela permet au chef d’entreprise d’être orienté en connaissant les règles et les lois locales.
EJG : Vous étiez l’invité d’honneur de la mouture 2010 de Bordeaux Fête le vin. Avez-vous des projets communs avec la ville de Bordeaux ?
R.L. : Nous allons développer avec Bordeaux le festival de la « twitterature ». J’ai proposé ça à Alain (Juppé) qui s’en sort très bien sur son blog!
EJG : La France a célébré le 18 juin dernier la date anniversaire de l’appel du Général de Gaulle qui bien plus tard évoquait le « Québec libre ». Qu’en reste-t-il ?
R.L. : C’est une question qui ne sera jamais tranchée. Nous avons un double cerveau. Une moitié européenne et l’autre américaine. Nous sommes une poignée de francophones en terre américaine. Pour ma part, je me sens chez moi à Paris et à New York!
Propos recueillis par E.M.
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