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Côté trains, l’année 2011 a été marquée par la mise sur les rails de nombreux chantiers. Une modernisation du réseau ferré qui a pour conséquence des perturbations pour les usagers qui devraient se poursuivre en 2012, face à l’ampleur des travaux dans la perspective de la LGV Paris/Bordeaux. Tour d’horizon avec Pierre Boutier, directeur régional de la SNCF Aquitaine et Poitou-Charentes...
Echos Judiciaires Girondins : L’année 2011 a été celle de la transformation de la gare de Bordeaux...
Pierre Boutier : Le 30 septembre, nous avons inauguré la nouvelle gare de Bordeaux Saint-Jean transformée en hall d’échanges. On a constitué une galerie intérieure au bâtiment qui permet de circuler parallèlement et des cheminements verticaux en complément.
EJG : Le changement doit se poursuivre...
P. B. : Pour 2017, avec l’arrivée du TGV en deux heures entre Bordeaux et Paris, il faut conduire une nouvelle adaptation de la gare. Avec nos partenaires, nous avons fixé les objectifs. Nous aurons en gros le double de voyageurs par rapport à la fin de la première décennie des années 2000 passant de 9 à 18 millions.
EJG : On prévoit un doublement de la gare...
P. B. : Il y a déjà une double entrée puisqu’on peut arriver côté centre ville et les voyageurs utilisent déjà l’accès Belcier. L’idée est de continuer à exploiter les réserves foncières qui existent du côté où se sont installés les loueurs de voitures pour construire une deuxième extension de la gare d’ici 2017. Nous en sommes dans les études d’avant projet, soit 4 millions répartis entre toutes les parties pour décider au plus tard au dernier trimestre 2012 du projet final et du partage de son financement.
EJG : Vous prévoyez de mettre en place dans cette perspective une liaison plus rapide avec l’aéroport...
P. B. : A la fin de notre décennie, une fois que Paris/Bordeaux se fera en deux heures et avant l’étape suivante Bordeaux/Toulouse en une heure, un quartier de 30 000 habitants aura émergé. L’objectif est, dans cette perspective, de relier l’aéroport et les deux zones économiques que seront la gare et Mérignac.
EJG : Ces grands chantiers perturbent le trafic et occasionnent des retards...
P. B. : Quand on engage des travaux, les conséquences sont des allongements de temps de parcours. Les clients sont prévenus, ce qui constitue une différence avec des retards... Il y a un deuxième risque : disposant d’infrastructures ferroviaires limitées, nous avons, lors d’aléas, une capacité moindre pour y faire face.
EJG : Vous êtes très sévère sur le constat que vous faites de l’état du réseau...
P. B. : Nous avons sur le grand Sud-Ouest non seulement un projet de construction d’une ligne nouvelle entre Tours et Bordeaux et également entre Le Mans et Rennes, mais surtout la remise en état du réseau ferré national qui est vétuste. Les deux établissements publics, Réseau Ferré de France et la SNCF ont commandité un audit dans le courant des années 2000 qui avait, tout particulièrement dans ce secteur géographique Aquitaine/ Poitou-Charentes, mis l’accent sur ce constat. Quand on ne remplace pas les voies, il y a de plus en plus de problèmes...
EJG : Des problèmes pour les clients donc jusqu’à quand ?
P. B. : Jusqu’en 2017, puisque vous avez la conjonction de la rénovation de réseau et de la construction de la ligne nouvelle avec ses raccordements et la mise au gabarit des voies ferrées de cet axe atlantique pour l’autoroute ferroviaire. Actuellement, Réseau Ferré de France renouvelle totalement les voies entre Bordeaux et Angoulême. On roule à 60 kilomètres/heure entre Coutras et Angoulême puisque chaque nuit pendant neuf heures, les équipes interviennent sur une des deux voies, remplacent les rails, les traverses, et restituent durant la journée la voie à vitesse réduite...
EJG : Des chantiers qui ont des conséquences pour des clients qui voient les tarifs augmenter...
P. B. : Je trouve la hausse de nos tarifs modérée quand vous la comparez à celle des autoroutes ou des autres compagnies de chemin de fer en Europe. La hausse des tarifs grandes lignes de 2,5% au 1er janvier dont 1,5% de TVA est raisonnable.
EJG : Le nombre de vos clients est en augmentation...
P. B. : Au moment du changement des horaires en décembre dernier, certains avaient craint un big bang. A part quelques détails, la fréquentation est là. En 2011, la fréquentation TGV sur l’axe atlantique a crû de 4,7% et TER Aquitaine de 6,7%.
EJG : Où en sont les problèmes sur certaines lignes TER en Gironde ?
P. B. : Nous sommes passés de 88,4% de trains à l’heure en 2010 à 89,2% en 2011. Mais ce n’est pas suffisant puisque lorsque les clients laissent leurs voitures pour prendre le transport public, ils attendent un haut niveau de service. Il nous faut aller plus loin. Avec le Conseil Régional et Réseau Ferré de France, nous avons un plan d’action pour faire progresser ce dossier.
EJG : Le gros point noir se situe où ?
P. B. : Le Médoc n’en est plus un, Arcachon l’est encore car nous remplaçons des appareils de voie. EJG : Le contexte économique ne vous inquiète pas sur les futurs chantiers ? P. B. : Dans la durée, la crise pourrait avoir des conséquences sur l’extension ou la régénération du réseau. La région a par exemple commandé un nombre important de nouveaux matériels TER, ce qui représente un investissement de plus de 300 millions d’euros...
EJG : La SNCF a embauché en 2011...
P. B. : Nous avons embauché 312 personnes sur l’Aquitaine et sur le Poitou-Charentes. Nous avons 4% de nos effectifs en alternance. En 2012, nous allons poursuivre sur cette lancée avec un premier volet de 172 re- crutements.
EJG : Si vous deviez retenir un chiffre pour l’année 2012 ?
P. B. : C’est celui d’un milliard d’euros qui correspond à la somme que l’ensemble des parties ont décidé d’investir entre Tours et Bordeaux pour rénover l’infrastructure et connecter la ligne nouvelle en construction avec le réseau existant. Ce qui n’inclut pas la construction de la ligne nouvelle. C’est le chantier le plus important de France.
Propos recueillis par Eric MOREAU
| Légende photo : A l’horizon 2017, la SNCF prévoit 18 millions de voyageurs… |
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