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Le mondial catastrophique des Bleus et leur comportement ont affecté l’image et les résultats des équipementiers et partenaires qui ont misé sur l’équipe de France de football. Les contrats de sponsoring imposent pourtant des obligations strictes à leur bénéficiaires.
L’élimination précoce de l’équipe de France lors de la Coupe du Monde 2010, en Afrique du Sud, a placé celle-ci, et plus généralement le système du football professionnel français, sous un feu nourri de critiques. Si la médiocrité sportive peut être admise, le comportement des joueurs de l’Equipe de France de football a fait l’objet de débats houleux dans la presse, dans le milieu du sport professionnel, et dans les conseils d’administration des partenaires des Bleus. En effet, les sociétés ayant conclu un contrat de sponsoring avec l’équipe de France, ou avec certains des joueurs individuellement, ont légitimement pu s’interroger sur la pertinence du maintien de leur confiance dans un tel contexte. Le Crédit Agricole a ainsi annoncé, à la suite de la divulgation des échanges survenus entre joueurs et entraîneur dans les vestiaires, la fin anticipée de la campagne de publicité envisagée dans le cadre de la Coupe du Monde, mettant en scène certains joueurs, de même que la chaîne de restauration rapide Quick, qui communiquait sur ses produits grâce à l’image de Nicolas Anelka. Dans l’attente des décisions définitives prises par les sponsors, les Bleus ont même créé la surprise en s’entraînant, en pleine tourmente, revêtus de maillots, shorts et chasubles sur lesquels toute référence aux marques de leurs sponsors avait disparu.
L’image des annonceurs
Rappelons que le parrainage publicitaire constitue une technique de communication et de promotion d’une entreprise, de ses produits et services, par leur rattachement dans l’esprit du public, à une personnalité, un évènement, une œuvre, intéressant le domaine de l’art, de la culture, du sport, de l’environnement naturel ou des sciences. Il est défini par le soutien matériel apporté à une manifestation, à une personne, un produit ou à une organisation, en vue d’en retirer un bénéfice direct. Si la conclusion d’un contrat de sponsoring comporte intrinsèquement une part aléatoire liée au succès du bénéficiaire, l’ampleur prise par la polémique sud-africaine a conduit nombre de sponsors à s’interroger sur les modalités de rupture des contrats conclus. A l’instar de GDF-Suez qui a annoncé vouloir remettre en cause le contrat signé avec la Fédération française de football, à hauteur de 4 millions d’euros, sur la prochaine saison. Il est vrai que la plupart des contrats de sponsoring imposent aux bénéficiaires des obligations strictes, non pas sur le plan des résultats sportifs, mais sur celui de l’attitude, parfois y compris dans la sphère privée, dès lors que celle-ci peut se trouver en contradiction avec l’image que souhaite véhiculer l’annonceur. La piètre performance des Bleus sur le continent africain a également des conséquences sur le contrat conclu avec leur équipementier Adidas, dont les maillots iront, vraisemblablement, grossir les stocks d’invendus, avec des répercussions sur l’ensemble des distributeurs officiels, proposant des maillots et produits dérivés à l’effigie des Bleus. La firme aux trois bandes a d’ailleurs annoncé son intention de poursuivre en justice La Fédération française de football, afin de demander réparation du préjudice subi de ce fait. De même, la société Sport 2000, qui a déboursé près d’un million d’euros pour être partenaire officiel des Bleus, a déploré le faible niveau, sans précédent, de vente de ses articles. L’altération de l’image des joueurs et de l’équipe de France, conduira t-elle à des difficultés accrues pour ceux-ci, de monnayer leur image ? Pas si sûr ! Ces problèmes n’ont, en effet, pas empêché la société Nike de reprendre, à raison de 42,6 millions d’euros par an, sur la période 2011-2018, le contrat d’équipementier conclu avec l’équipe de France de football.
Blandine POIDEVIN et Viviane GELLES
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