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Billi, l’aérogare réservée aux compagnies aériennes low-cost est ouverte depuis le 26 mai dernier sur l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Dédié aux compagnies aériennes low-cost, ce terminal s’inscrit comme une réponse à la concurrence de la LGV, qui mettra Paris à deux heures de Bordeaux par le train, à l’horizon 2016.
Les travaux se sont étalés entre juin 2009 et mai 2010 sur un budget global de 5,5 millions d’euros. « Une part importante de l’investissement global, soit 1,5 million d’euros a été consacré aux équipements de sécurité », tient à souligner Pascal Personne, le directeur de l’aéroport.
Parmi les particularités de Billi, l’aménagement d’un grand espace commercial entre les zones de palpation et d’embarquement. Objectif : inciter à la consommation pour compenser le manque à gagner sur les taxes. En ouvrant cette zone réservée aux compagnies à bas coût, l’aéroport se fixe comme objectif de capter 1 million de voyageurs supplémentaires à l’horizon 2015 contre 500 000 pour le low-cost en 2009 (la fréquentation globale s’établissait à 3,3 millions de passagers). « La perte estimée du fait de l’arrivée du TGV s’établit à 800 000 passagers », déclarait le 10 juin, dernier jour de l’inauguration officielle de Billi, Jean-Luc Poiroux, directeur du développement commercial.
Eric MOREAU
Pascal Personne, Directeur de l’aéroport de Bordeaux Mérignac
Echos Judiciaires Girondins : Le low-cost est-il devenu incontournable pour un aéroport de la taille de celui de Bordeaux en période de crise ?
Pascal Personne : En 2009, année de crise, nous avons enregistré un net recul du trafic. Malgré tout, la société aéroport de Bordeaux reste bénéficiaire. On ne peut pas dire que l’on soit strictement dépendant du low-cost pour tenir, en revanche sur la base de ce que l’on a observé depuis trois ans, c’est vrai que ce type de transport tire son épingle du jeu. Quand vous avez une croissance de 5%, vous en avez 4,5 qui est assuré par le low cost. C’est vraiment le vecteur de développement. En ouvrant Billi, on fidélise ces compagnies car nous souhaitons les voir accroître leur présence à moyen terme. Le low-cost nous permet d’avoir des perspectives de développement de lignes comme Milan, Porto et Édimbourg que nous n’aurions pas pu développer avec des compagnies traditionnelles de réseau.
EJG : Précisément, comment voyez-vous l’avenir des compagnies traditionnelles ?
P.P. : Air France KLM représente pour nous un volume de 2,2 millions de passagers avec 14 lignes régulières. C’est pour nous le client majeur et il va le rester durant de longues années. Nous travaillons avec eux sur l’amélioration de la qualité du service pour stabiliser leur offre et leur donner des perspectives.
EJG : Combien de compagnies low-cost sont-elles présentes sur Billi ?
P.P. : Elles sont actuellement au nombre de trois sur le terminal. Easy Jet est la principale, Ryanair a ouvert en décembre dernier avec une première ligne sur Charleroi et Jet For You est la petite dernière qui dessert Casablanca. Au total, nous comptons une dizaine de destinations sur Billi auxquelles il faut ajouter une dizaine d’autres qui sont offertes sur le terminal classique parce que les compagnies low-cost qui y sont présentes n’ont pas pris la décision de basculer sur le nouveau terminal.
EJG : Quelles sont les premières réactions de la clientèle ?
P.P. : Nous avons relativement peu de réclamations. C’est une aérogare surprenante qui n’est pas du tout la copie conforme des halls A ou B. Billi est totalement imaginé pour le low-cost et son modèle peu traditionnel peut surprendre. Vous avez des clients qui apprécient le côté simple et efficace alors que d’autres préfèrent le standard d’une aérogare plus classique. C’est une question de rodage ! Le sol de Billi n’est pas en marbre, mais en béton et les salles d’embarquement sont plus sommaires avec des avions accessibles sans passerelle.
EJG : En ce qui concerne les conditions de sécurité, sont-elles identiques sur un terminal low-cost ?
P.P. : Il n’y a aucune ambiguïté. Les normes de sécurité sont les mêmes, régies par l’aviation civile au niveau international et français.
EJG : La construction de terminaux low-cost est une réalité dans de nombreux aéroports...
P.P. : Nous avons coutûme de dire que nous sommes le premier aéroport avec un trafic de plus d’un million de passagers qui a construit un terminal spécifiquement dédié au low-cost. Il y a d’autres plateformes en France qui sont en fait des aménagements de structures déjà existantes comme c’est le cas à Marseille et à Lyon.
EJG : Quelle est actuellement la situation de l’aéroport de Bordeaux Mérignac ?
P.P. : Au mois de mars, nous avons enregistré un frémissement de reprise de l’ordre de 4%, après deux premiers mois plutôt mauvais en 2010. Le problème du nuage islandais en avril n’a pas été une bonne chose. En revanche, mai s’est achevé avec une croissance de 15% dont 41% dus à l’apparition de nouvelles liaisons internationales. Nous avons alors embarqué plus de 30 000 passagers supplémentaires. C’est le record de France de la croissance internationale et juin apparaît sur la même tendance.
(Propos recueillis par E.M.)
Crédits photos :
Photo 1 & 2 : Agence APPA
Légendes
Photo 1 : De gauche à droite : Dominique Schmitt, Préfet de la Région Aquitaine, Préfet de la Gironde, Dominique Bussereau, Secrétaire d’Etat chargé des Transports, Pascal Personne, Président du Directoire de la SA Aéroport de Bordeaux-Mérignac, Michel Sainte-Marie, Député Maire de Mérignac.
Photo 2 : Le modèle peu traditionnel de Billi peut surprendre. |
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