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Ouf ! L’horrible année 2009 est enfin terminée, et avec elle tous les ennuis. C’est donc en toute confiance que l’on vous promet le retour de temps heureux, prospères et climatisés. Car après bien des hésitations, la «communauté internationale» s’est engagée à «limiter à 2° la hausse des températures». On a eu chaud.
Nos dirigeants thermostatiques sont vraiment exemplaires, eux qui se sont caillé les miches à Copenhague pour garantir le salut de l’humanité. Chapeau. Encore est-il permis de se demander si cela valait bien la peine qu’ils se décarcassassent : Hollywood et le calendrier maya nous promettent Armageddon pour le solstice d’hiver 2012, date à laquelle notre bonne Terre est suspecte de vouloir basculer cul par dessus tête. Ce qui mettrait la France à l’emplacement actuel des Iles Sandwich -une honte pour le temple mondial de la gastronomie. Mais enfin, nous avons déjà réchappé au bug informatique de l’an 2000, à l’encéphalite spongiforme, à la grippe aviaire, à la grippe porcine, à l’excès de cholestérol et au journal télévisé. Autant de calamités qui étaient supposées décimer notre espèce. On devrait donc pouvoir s’en sortir encore sur ce coup. Et en attendant, nous allons patauger dans le bonheur. Certes, le chemin de l’économie est pavé de nids-de-poule. Mais grâce à nos « amortisseurs sociaux », que l’on espère en acier trempé, la traversée de l’année devrait être confortable. D’autant que, grâce à la prévoyance élyséenne, nous allons bénéficier des retombées du « Grand emprunt ». Bien qu’une bonne partie soit destinée à l’enseignement et à la recherche, il ne sera pas nécessaire d’être universitaire ou professeur Nimbus pour en profiter. Car notre Président a voulu que ces ressources s’investissent dans l’excellence. Cette ambition est d’une grande sagesse : de l’avis unanime, les Français sont tous excellents. Le bénéfice de l’emprunt sera donc réparti de façon strictement démocratique, comme son remboursement ultérieur, du reste. Voilà qui pourrait permettre de s’offrir une petite villa les-pieds-dans-l’eau à Dubaï : il paraît que les prix y sont devenus plus modestes qu’à Miami, où les immeubles se soldent pourtant par paquets de douze. A moins que vous ne préfériez les douceurs de l’Acropole, dont le gouvernement grec envisage de se séparer pour échapper aux énormes frais d’entretien. Et si vous craignez que nos dirigeants manquent d’autorité pour contraindre le climat à modérer les températures, il reste la fraîche Islande : pour le prix de votre quatre-pièces-cuisine, vous pourrez vous offrir un quartier complet à Reykjavik. Nos bons vœux de prospérité seront donc exaucés. Et pour que nos vœux de santé le soient aussi, évitez, s’il vous plaît, toute opération d’une hernie discale…
Jean-Jacques JUGIE
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