Les Echos Judiciaires Girondins - Accueil Publiez votre annonce legale en ligne !
Mot(s)-clé : Rechercher !
 Accueil    Actualités 

Economie

Les Echos Judiciaires du 03 février 2012
S'inscrire gratuitement | Se connecter

 
 

 

Tribune libre : Charité bien ordonnée…

Caprices de la nature et inconséquence humaine se conjuguent pour générer des catastrophes. Qui déclenchent d’émouvants mouvements de solidarité. Mais les réactions des Etats, face aux désordres économiques et aux cataclysmes naturels, sont suspectes d’arrière-pensées calculatrices. Voire de pur égoïsme national.

Il semble que dans les moments de grande détresse, économique ou humanitaire, les réflexes de solidarité de l’espèce se renforcent. Tel est bel et bien le phénomène que l’on observe au sein des populations elles-mêmes : en cas de catastrophe naturelle, les dons de toute nature affluent, et nombreux sont ceux qui offrent de participer en personne aux secours. Les Etats accompagnent ordinairement cet élan de solidarité, avec d’autant plus d’allant qu’ils ont, avec les peuples sinistrés, des liens culturels étroits, des échanges commerciaux importants ou les deux à la fois. Pour Haïti, l’un des pays les plus pauvres de la planète, le lien culturel a sans doute été le facteur déterminant pour la France (le français demeure langue officielle, avec le créole haïtien), même si l’histoire commune de ces deux nations est plutôt douloureuse. Cette ancienne colonie française, repeuplée par un afflux massif d’esclaves africains, proclama en 1804 son indépendance, laquelle fut reconnue et acceptée sous Charles X en contrepartie d’un tribut énorme (150 millions de francs-or). Bien que réduite par la suite, cette dette a constitué un boulet écrasant pour plusieurs générations, l’instabilité politique chronique et une succession de régimes ineptes et corrompus ayant achevé de les dépouiller. Ce petit retour en arrière pour rappeler que la France est moralement tenue à l’égard d’Haïti.

Il n’empêche que ce sont les Etats-Unis qui ont déployé à Port-au-Prince l’arsenal le plus lourd, alors que l’Amérique n’a eu, avec le pays, que ses rapports habituels d’ingérence (ostensible ou officieuse) pour installer ou maintenir au pouvoir les personnalités en phase avec l’Oncle Sam (c’est-à-dire soumises à sa volonté). L’entrain américain pour « sécuriser » Haïti sur le mode militaire de l’occupation – le mot n’est pas trop fort – et retarder, ou refuser, l’atterrissage des équipes provenant d’autres nations (dont la France), avec la célèbre délicatesse yankee et une chienlit logistique indescriptible, ne résulte pas d’un soudain prurit de compassion. Mais du calcul : sous l’angle stratégique, d’abord, le Pentagone étant obsédé par ses ancrages dans le périmètre de l’Amérique latine ; sous l’angle du business, ensuite : un tel déploiement génère de grosses affaires pour les firmes US, qui seront payées partiellement par le contribuable américain et pour le solde par… le monde entier ; sous l’angle de l’image, enfin, visant à accréditer le profil hollywoodien d’une puissance généreuse. Et puis Haïti dispose toujours de richesses minières convoitées : tout n’a pas été pillé. Bref, sans vouloir la déprécier, il convient de tempérer la fibre humanitaire des dirigeants concernés par des considérations un peu plus épicières…

Repli sur soi

Dans le processus de récession en cours, qui se soldera, à notre avis déjà exprimé ici, par une cruelle dépression, chaque Etat tente de trouver à l’étranger des débouchés pour compenser la débilité de sa consommation intérieure. L’ennui, c’est que tout le monde fait la même chose au même moment : la concurrence internationale devient tellement âpre que s’exacerbe la tentation de recourir à des moyens ordinairement prohibés. On ne reviendra pas sur l’émergence du protectionnisme, pour avoir déjà largement critiqué l’inanité du libre-échangisme intégriste, mettant en concurrence des produits fabriqués à des conditions de prix de revient assassins, eu égard aux pratiques salariales (en Chine et en Inde, en particulier). Pourtant, dans leurs différents sommets du G20, les grandes nations ont proclamé leur attachement indéfectible au marché sans entraves. C’est donc avec une certaine surprise que l’on observe la montée en puissance de la traque fiscale des capitaux « offshore », de la part de pays qui cajolent discrètement les portefeuilles étrangers, mais se courroucent de l’évasion des actifs de leurs concitoyens. Le Canada est le dernier en date à lancer une offensive musclée contre… la Suisse, sur le modèle adopté par son voisin américain. A ce rythme de dynamitage, les banquiers helvètes seront bientôt contraints à louer leurs coffres aux fabricants de fromage.

En France, c’est maintenant au tour de Renault, dont le pays est toujours actionnaire, de subir les foudres élyséennes, le constructeur automobile ayant manifesté son intention de fabriquer la prochaine « Clio » en… Turquie. Après avoir bénéficié des aides directes et indirectes de l’Etat français, il faut admettre que le procédé est inélégant, bien que parfaitement conforme à la logique industrielle et aux directives bruxelloises, lesquelles démontrent pour l’occasion leur affligeante incohérence. L’incident est loin d’être clos, on s’en doute. Et il faut s’attendre à la multiplication d’affaires de même nature, qui pourraient aboutir à des décisions vigoureuses. Comme celle dont le président vénézuélien menace la chaîne Exito, filiale du groupe français Casino : l’expropriation pure et simple, au motif que le distributeur spéculerait sur les prix, à la faveur de la récente dévaluation du bolivar. Certes, Chavez ne fait pas mystère de ses préventions à l’égard du capitalisme, liées à sa sincère détestation des Etats-Unis, lesquels ne cachent pas vraiment leur intention de lui faire la peau. Certes, rares sont aujourd’hui les Chefs d’Etat suspects de convictions socialistes aussi robustes que celles du président Chavez. Mais les rigueurs qui se profilent à l’horizon pourraient bien inciter nos dirigeants à apostasier le dogme dominant et à embrasser des hérésies partageuses. Des déchirements idéologiques en perspective…


Jean-Jacques JUGIE



© Les Echos Judiciaires Girondins - Journal N° 5646 du 16/02/2010. Tout droit révervé.

A lire également dans Economie



A la Une du Journal du 03/02/2012


153368
ANNONCES EN LIGNE
 
Les Journaux
 
 
  LE DERNIER JOURNAL DU 03/02/2012
  RECHERCHE AVANCÉE
 
Actualités
  Economie
  Environnement
  Droit
  Vie des professions
  High-tech
  Loisirs / culture
  Santé
  Ventes au tribunal
  Le mardi de l'immobilier
  Le vendredi de l'emploi
  Gironde actualités
  Social
  Chroniques du barreau
  Carnet
  Collectivités
  Les cahiers pratiques du barreau
  Ventes devant avoir lieu au tgi de libourne
  Ventes devant avoir lieu au tgi de bordeaux
  Résultats des ventes du tgi de bordeaux
  Résultats des ventes du tgi de libourne
  Billet d'humeur
  Tribune libre
  Chronique des notaires de gironde
  Concours
  S'abonner au journal
 
Annonces Légales
  Ventes au tribunal
  Appels d'offres / Avis d'enquète
  Constitutions
  Modifications
  Fonds de commerce
  Location Gérance
  Régimes Matrimoniaux
  Tribunal de Grande Instance
  Tribunal de Commerce
  Marché Public
  Diffuser une annonce
 
Le Journal
  C'EST MA PREMIÈRE VISITE
  LES ECHOS JUDICIAIRES GIRONDINS
  ANNONCES LÉGALES
  PUBLICITÉ
  ABONNEMENT
  ESPACE PERSONNEL
  NEWSLETTER
  CONTACTEZ-NOUS
 
Autres Publications
  LA VIE ECONOMIQUE
  LES ANNONCES LANDAISES
La Une du dernier journal du 03/02/2012 | Créer un compte | Créer une Alerte | Espace Personnel | C'est ma Première Visite | Plan du site | Contact |
© Les Echos Judiciaires Girondins - Réalisation : On / Agence Web Bordeaux | Encheres | Entreprise | Commerce a vendre | Forum entreprise | Contact professionnel