La société hollandaise 4Gas envisage d'investir 400 millions d'euros dans la construction d'un terminal méthanier au Verdon. Une convention de réservation a été signée avec le port autonome de Bordeaux mais le projet, qui offrirait un nouveau dynamisme à l'avant-port, suscite des réactions diverses.

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• 4Gas
La société 4Gas, basée à Rotterdam, est une filiale du géant du fonds de pension anglo-saxon Carlyle.
Il construit et gère des terminaux indépendants de stockage de gaz naturel liquéfié. L'entreprise ne fait que louer ses installations aux grands groupes gaziers. |
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Le secret est longtemps resté bien gardé. Alors que les discussions étaient en cours depuis le mois de janvier, ce n'est que le 10 août dernier que le hollandais 4Gas et le Port Autonome de Bordeaux ont annoncé avoir signé ensemble une convention de réservation pour un projet de construction d'un terminal méthanier sur l'estuaire de la Gironde. L'accord concerne une zone de 20 hectares situés à proximité du terminal conteneurs et de l'ancien terminal pétrolier du Verdon.
Il prévoit que le port rénove l'appontement existant pour que les navires méthaniers transportant le gaz liquide puissent y accoster, et que 4Gas construise sur terre les infrastructures de stockage et de regazéification.
Horizon 2011
Une fois toutes les études réalisées et le projet validé, la construction pourrait débuter en 2008 pour une mise en service à l'horizon 2011.
L'investissement global pour ce projet représente environ 400 millions d'eu-ros.
80 personnes pourraient travailler sur le site, ce qui en ferait le principal employeur du Verdon. S'il se concrétise, il en fera surtout le quatrième port méthanier français et donnera un sérieux « coup de fouet » à l'avant-port bordelais. Les installations de 4Gas pourraient en effet générer un trafic supplémentaire de 2 millions de tonnes pour le Port autonome, qui en réalise actuellement 8,3 millions.
« C'est une belle opportunité pour ce terminal du Verdon que nous avons porté à bout de bras pendant des années », se réjouit le directeur du port autonome Philippe Deiss.
Le projet d'un terminal méthanier au Verdon n'est pas nouveau. La même zone avait fait l'objet d'études et de discussions poussées dès 1999 et pendant plusieurs années entre le port et le groupe Elf, avant d'être mis en sommeil lors de l'intégration de Elf dans le groupe Total.
Scepticisme
Aujourd'hui relancé, le projet reste toutefois soumis au bouclage des études environne-mentales, de sécurité et d'ingénierie nécessaires aux autorisations d'exploitation et au permis de construire. Et même s'il donnait un nouveau dynamisme aux installations portuaires, un nouvel employeur à la Pointe de Grave et une contribution non négligeable en taxe professionnelle, les élus locaux l'accueillent avec prudence. Guère informés sur le contenu du dossier, ils attendent d'en savoir plus pour se prononcer.
« La communauté de communes (Cdc) de la pointe du Médoc a investi récemment plusieurs millions d'euros dans les secteurs du tourisme et de l'environnement, rappelle le sénateur-maire de Soulac Xavier Pintat, également président de la Cdc. S'il est important de diversifier nos activités, il ne faudrait pas non plus tuer la poule aux oeufs d'or. Nous devrons examiner le dossier avec attention ».
Le projet a en effet déclenché la colère de Guintoli, société délégataire des installations de Port-Médoc, situées non loin de l'emplacement du futur terminal méthanier.
« Ce projet est complètement incohérent par rapport à ce qui a été fait jusqu'ici », explique le directeur de Port-Medoc Jacques Raut, qui émet de sérieux doutes sur la compatibilité des activités industrielles et touristiques.
A l'inverse, le projet a déjà obtenu le soutien total de Laurent Courbu, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux.
« C'est une chance inespérée pour le Médoc, l'aboutissement de 30 ans de tergiversations et d'espoirs déçus qui se concrétisent enfin ».
Le contenu du dossier porté par 4Gas devrait être connu très prochainement.
Sophie LEMAIRE
Légende photo : Les installations du Verdon. Au premier plan, le terminal conteneurs. Le terminal méthanier viendrait s'installer au-dessus entre le fleuve et le
château d'eau sur une surface de 20 ha. |
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