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Dans cette langue utopique que fut l’espéranto, Akvo signifie l’eau. Sur le même mode, ceux qui s’évertuaient, il y a tout juste une décennie, à évoquer l’économie verte étaient pris pour de doux rêveurs. Aujourd’hui, personne ne s’aventurerait à en rire…
Akvo est née en juin 2008. A 14 mois, cette jeune pousse en pleine croissance vient d’obtenir le prix « Coup de cœur 2009 » décerné par la Communauté Urbaine de Bordeaux: « Nous sommes spécialisés dans tout ce qui touche à l’économie et à la gestion de l’eau. Nous optimisons la consommation de nos clients, notamment des industriels et des collectivités », nous explique Colin Macdonald, codirigeant d’Akvo. Objectif : surfer sur l’économie verte en ouvrant la chasse au gaspillage : « Les réserves en eau sont un vrai problème par exemple en Gironde.
Nous participons à la préservation de la ressource tout en permettant à nos clients de réduire leurs charges de manière drastique. Nous utilisons par exemple plusieurs techniques de surveillance des fuites et d’optimisation des systèmes d’acheminement. La majorité des robinets coulent à 12 litres minute pour se laver les mains. Avec un débit de 6 litres minute, c’est largement suffisant ! ». Akvo intervient également sur le terrain de la récupération des eaux de pluie ou de forages : « L’idée est de trouver des eaux de substitution pour tous les usages autres que l’eau potable».
Des profils très recherchés
Quatre salariés tous techniciens travaillent dans cette PME installée à Floirac dans une pépinière d’entreprises du bâtiment créée à l’initiative du Conseil général et gérée par l’association « Les Hauts de Garonne » qui réunit toutes les communes de la rive droite de Bordeaux. On trouve ici toute la palette du secteur de la nouvelle économie verte, du photovoltaïque au cabinet d’architectes spécialisés dans la conception de centres sportifs estampillés éco compatibles : « Nous avons mis 10 ans avant de nous lancer. Au tout début, nous avons été parrainés par Michelin. Aujourd’hui, des industriels palois, de la côte basque et du bordelais prennent contact avec nous… ». Avant de créer sa propre entreprise, Colin Macdonald a travaillé dix ans pour la Lyonnaise des Eaux à Bordeaux : « J’ai également participé à une mission de plusieurs années outre mer sur l’île de la Réunion pour Véolia. Nous avons conçu avec mes collègues un réseau d’eau potable pour les terres antarctiques australes françaises. Quand je suis revenu, il fallait que je crée mon activité… ». Ce secteur en pleine expansion apparaît aujourd’hui comme un réservoir important d’emplois : « Ce qui apparaît intéressant pour les jeunes, c’est que les métiers de l’environnement, notamment autour de l’eau, recrutent beaucoup. Ce sont des emplois parfois difficiles physiquement, mais qui présentent de réelles opportunités. Il existe des formations qui débouchent à coup sûr sur le monde du travail. Les élèves sont recrutés par des groupes mondiaux dès la sortie de certains BTS comme celui préparé par exemple à Villenave d’Ornon ».
Réduire sa consommation de 40%
Outre le secteur de l’industrie et des services, Akvo s’intéresse au marché des particuliers même si sur ce segment, la concurrence existe déjà. A la manœuvre, Armelle codirigeante : « J’ai mis en place un site Internet, (akvo.fr) et je gère le côté clients particuliers. Ça commence à démarrer. Mais sur ce terrain, nous ne sommes pas les seuls! Certains magasins à vocation écologique vendent des économiseurs d’eau. Nous avons cependant un retour favorable qui nous ouvre de réelles perspectives. L’idée est d’adapter les techniques utilisées dans les entreprises ou les collectivités aux ménages. Les clients peuvent trouver dans nos produits de quoi réduire leur consommation de 40 à 50% avec un retour sur investissement de 3 à 4 mois, ce qui n’est pas rien ! ».
Si Akvo a bénéficié à son démarrage « des aides habituelles des collectivités territoriales et de Oséo », les nouveaux arrivants sur le marché de l’économie verte devraient se voir offrir un coup de pouce de l’Union Européenne désormais engagée dans ce processus : « La loi sur la récupération de l’eau de pluie date de 2008 et le crédit d’impôt sur cette thématique en est à ces débuts… », précise Colin Macdonald qui insiste en revanche sur « le coup de pouce accordé à ses clients ».
Un moteur de l’insertion
« Nous avons une vraie politique de développement durable au sens large du terme qui inclut le problème de l’insertion sociale ». Les dirigeants d’Akvo qui sont aussi passés par l’humanitaire ont décidé de travailler avec des associations locales d’aide aux personnes en difficulté : « Le travail dans le secteur du développement durable est un moteur supplémentaire pour ceux qui ont des difficultés à se réinsérer. Ils se sentent ainsi utiles aussi pour les générations futures. Nous venons d’engager une personne qui était au RMI et qui avait du mal pour retrouver du boulot. Elle voulait s’impliquer dans la préservation de l’environnement. Nous l’avons formée ». Avec une centaine de bâtiments en gestion sur Bordeaux et différentes collectivités de la périphérie, Akvo a le vent en poupe et envisage des embauches. Dernier projet en date auquel la petite entreprise s’est associée, le quartier Darwin totalement écologique qui verra le jour sur la rive droite. Une zone commerciale et des habitations doivent être construites ici. Les permis sont en cours…
Eric MOREAU
Légende photo 1 : Akvo a été récompensée par la Communauté Urbaine de Bordeaux en recevant le Trophée Coup de Cœur 2009 au Salon des Entreprises. |
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