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Le 25 janvier dernier, le constructeur girondin de maisons individuelles Ariane présentait à Biganos la dernière née de la famille : une maison verte en avance de plusieurs années sur les normes actuellement applicables. Un pari sur l’avenir que nous explique le PDG, Jacques Dufort...
Echos Judiciaires : Ariane est une entreprise 100% girondine...
Jacques Dufort : Nous sommes en fait une filiale du groupe IGC, constructeur de maisons individuelles dans le grand Sud-Ouest à l’origine de 1 200 maisons par an sur 11 départements. Ariane qui rayonne sur la Gironde construit environ 80 maisons chaque année et emploie directement 14 personnes. Si l’on compte les emplois induits, nous représentons 200 salariés. Nous avons réalisé en 2009 un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros.
EJG : Comme vos concurrents, vous avez été impacté par la crise …
J. D. : C’est exact, mais nous avons assisté à un redressement de la situation sur la fin de l’année, ce qui nous a permis d’amortir l’onde de choc. Au bout du compte, nous avons vendu autant de maisons en 2009 que l’année précédente.
EJG : Dans un contexte incertain, pourquoi avoir choisi d’aller plus loin encore que ce qui est actuellement exigé en matière de normes énergétiques ?
J. D. : La réglementation thermique actuellement en vigueur est la RT 2005. Nous avons voulu aller plus loin et anticiper en labellisant nos maisons BBC (bâtiment basse consommation) qui est appelée à devenir la référence. Aujourd’hui, la part de marché que représente le BBC est comprise entre 5 et 7 %. En 2010, 25% de nos maisons seront bâties en fonction de ces critères. Certains confrères ont cru que la crise freinerait les avancées en termes d’environnement et d’économies d’énergie. Pour ma part, je suis convaincu que la marche en avant de l’écologie sur l’économie ne s’arrêtera pas. De toute manière le 1er janvier 2013, le marché sera à 100% en BBC...
EJG : La « maison verte » est à la mode. De nombreux constructeurs communiquent allègrement sur ce segment porteur. Quelles sont les qualités de la Sol’Ariane dont les autres seraient dépourvues ?
J.D. : Sa performance énergétique est supérieure. Elle a obtenu son label d’un bureau d’étude indépendant. Cette maison a la particularité d’avoir une consommation de 14 kilowatts par an et par m2, là où la norme nous impose d’être à 45 kilowatts ! Nous sommes situés trois fois en dessous du seuil fixé. De plus, cette maison est chauffée au gaz, ce qui est rare dans le bâtiment basse consommation qui utilise plutôt des pompes à chaleur difficiles à installer sur des terrains exigüs et engendre des nuisances sonores. La maison dispose aussi d’un dispositif de 22m2 de tuiles photovoltaïques, ce qui permet de produire plus d’énergie qu’elle n’en consomme.
EJG : Les maisons moins gourmandes en énergie sont aussi plus chères à l’achat...
J.D. : Cette maison de 128 m2 avec trois chambres ,terrain compris à Biganos, coûte 310 000 euros en BBC (bâtiment basse consommation), contre 295 000 euros construites avec les normes actuelles, soit en ce qui nous concerne un coût plus important de 23 000 euros. L’acheteur va pouvoir bénéficier d’un certain nombre de dispositifs d’aides. A partir du moment où on est en BBC, l’acheteur a accès à 9 000 euros de prêt à 2,25% sur 10 ans au lieu de 3 200 euros pour une maison RT 2005 (norme aujourd’hui applicable). Par ailleurs, nous avons mis en place un prêt vert de 10 000 euros à 2,80% sur dix ans, avec un de nos partenaires financiers. Au total, l’acheteur peut disposer d’un prêt global de 8 000 euros de plus que ce à quoi il pourrait prétendre dans le cadre d’une construction aux normes actuelles.
EJG : Le dispositif prévoit également la revente d’électricité à EDF qui semble vouloir revenir sur certains engagements en la matière...
J.D. : A partir du moment où nous sommes sur le terrain du bâti destiné à l’habitation, le prix de rachat demeure 58 centimes d’euro du kilowatt heure produit. La Sol’Ariane va produire 2 700 kilowatts ce qui revient à 130 euros par mois achetés par EDF, avec un contrat sur 20 ans. Les 118 euros supplémentaires ajoutés à la mensualité de départ sont à rapprocher d’une économie d’énergie de 124 euros et du gain de la revente d’électricité, soit une économie de 136 euros par mois. Sur 25 ans, ces 136 euros gagnés par mois représentent 40 800 euros d’économie. De plus, le photovoltaïque donne droit à un chèque du Trésor public de 8 000 euros, à un crédit d’impôt de 3 024 euros, car on a mis un chauffe-eau solaire et à partir du moment où on a obtenu le label BBC, la déduction d’impôt pendant 7 ans de 40% des intérêts d’emprunt.
EJG : Combien avez-vous commercialisé de maisons de ce type à ce jour ? Quel est le client type ?
J.D. : Nous en avons vendu huit chez Ariane et sur l’ensemble du groupe une centaine. Le profil de notre client type sur ce produit est un cadre moyen de 35 ans ou plus avec un niveau de revenu se situant dans la tranche supérieure.
EJG : Tenez-vous compte de ce marché émergent dans le profil de vos recrutements ?
J.D. : Nos commerciaux doivent s’approprier un produit de plus en plus technique là où auparavant, il suffisait d’empiler des briques... Nous assurons le complément de formation avec l’aide de nos partenaires industriels.
(Propos recueillis par Eric MOREAU)
Légendes
Photo 1 : La maison Sol’Ariane est à l’avant-garde de la construction verte.
Photo 2 : Jacques Dufort, PDG de Ariane Constructions. |
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