C’est en pleine crise du logement que Domofrance fête ses 50 ans. L’occasion pour le premier partenaire de l’Etat de redéfinir ses actions dans les collectivités locales (voir encadré), en prenant en compte la donne socio-économique et environnementale.

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Qui est Domofrance ?
Société anonyme de droit privé à vocation sociale, Domofrance fait partie du CIL, société mère et organisme collecteur de fonds. Domofrance participe, comme 200 autres sociétés, au logement des plus démunis et livre presque 50% des logements sociaux sur le territoire, et prés de 57% du parc locatif social régional. |
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Jean Robert, Président de Domofrance, conscient des enjeux, nous les rappelle: « nous sommes au milieu d’une crise multiple et nous essayons d’avoir toujours pour objectif la mixité sociale », difficile à obtenir du fait « de la baisse des promoteurs privés ».
Philippe Déjean, Directeur Général révèle un cahier des charges important: prospection foncière, construction, gestion locative… Domofrance représente 450 personnes qui œuvrent pour 50 000 «clients» en France.
Plus de 100 millions d’euros investis pour un chiffre d’affaires de 135 millions d’euros. Philippe Déjean précise: «nous réinjectons dans le capital pour la construction ».
« La «politique» de Domofrance »
Depuis le 14 octobre dernier et le projet de loi: « mobilisation pour le logement et de lutte contre l’exclusion » défendu par la ministre Christine Boutin, les communes de plus de 3500 habitants sont incitées à disposer de 20% de logements sociaux et à développer l’accès à la propriété. Des partenariats avec les villes de Talence, Blanquefort, Bordeaux attestent cette volonté de Domofrance.
En 2008, ces engagements ont été les suivants : qualité des services, développement durable, logement locatif et respect de la loi DALO (droit au logement opposable). Il s’agit de produire plus de bâtiments adaptés, comme la maison relais à Pessac. En outre, une baisse de 10% des plafonds de ressources a été instaurée pour qu’un plus grand nombre en profite. D’ailleurs, 80% des personnes logées sont en dessous de ce seuil. Le plafond équivaut à 1 915 euros pour une personne seule et 2 257 euros pour un couple. Cependant, le Directeur y voit une paupérisation du parc locatif: « Il y a des règles d’accès au logement social, mais je ne pense pas que ce soit en abaissant le plafond des ressources qu’on va résoudre le problème ».
Aujourd’hui, les logés sont au maximum à 90% du plafond de ressources. De plus, Domofrance s’engage à échelonner un dépôt de garantie, dispose d’un label sécurité propreté et peut proposer une avance de l’APL, excepté pour ceux qui se trouvent au-delà de 60% du plafond des ressources. Les loyers, quant à eux, sont deux fois moins élevés que sur le marché privé. Le Directeur ajoute : « Domofrance se porte garant du rachat du logement si des difficultés économiques ou familiales se présentent, et ceci en particulier pour les jeunes qui souhaitent accéder à la propriété ». Enfin, les «très hautes performances énergétiques» sont de mise pour les bâtiments Domofrance, la baisse consommation ainsi que le DPE (Diagnostic Performance Energétique). Et à tout cela s’ajoute une charte: « au-delà de 7 jours de travaux, votre loyer est gratuit », précise Philippe Déjean.
« Les projets »
Plusieurs réalisations sont en cours. A Bordeaux-Caudéran, aux Chartrons, Cours Edouard Vaillant, des résidences sociales avec des accès facilités pour les vélos et le tramway, surtout pour les jeunes. A Pessac, des maisons en bois avec des panneaux voltaïques sont prévues, avec la participation de l’ADEME. A Périgueux, en Dordogne, le quartier près de la gare a été racheté par Domofrance: il s’agissait du bâtiment de la SEITA d’une superficie de 15 000 m². Le long de la route de Toulouse, près de 60 hectares ont permis d’aménager le lycée sud de l’agglomération. Eysines n’est pas en reste puisque des initiatives y verront le jour.
A Martignas, 90 logements financés par la Caisse des dépôts et Consignations avec une production d’électricité fournie par des panneaux solaires sont en cours de construction.
Enfin, près des bassins à flots, des logements sociaux, des bâtiments collectifs de grande qualité sont envisagés. Comme on peut le constater, le cahier des charges du premier constructeur régional est rempli jusqu’en 2011. Dès lors, les responsables cernent les enjeux: « la baisse de l’accès privé amène moins de mixité sociale » et « la production massive entraîne la baisse des prix », ce qui implique qu’aujourd’hui, pour Domofrance, construire un logement à développement durable revient au même prix qu’un bâtiment nouveau dans quelques années. Jean Robert détermine clairement les clés du logement utile : «Face à une augmentation de la demande, il faut permettre aux gens d’habiter près de leur lieu de travail ».
Benjamin REQUET
| En haut à droite, Bordeaux Diversités et en bas, Cenon, réhabilitation Chistera. (PhotosDomofrance. Paul Robin). |
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