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La plus grande usine de panneaux solaires devrait démarrer en France en 2011. EDF Energies nouvelles s’est associé à une entreprise américaine pour monter le projet. Et Jean-Louis Borloo se réjouit de l’initiative.
La plus grande usine de fabrication de panneaux solaires en France devrait bientôt voir le jour. Avec une construction prévue en 2010, elle devrait tourner à plein régime au second semestre 2011. C’est ce que prévoient les deux entreprises qui ont noué un partenariat pour mener à bien cette opération, le 23 juillet dernier. Il s’agit de First Solar, entreprise américaine leader dans la production de panneaux solaires en couche mince, à bas coût, qui compte 4 000 salariés dans le monde, et d’ EDF Energies nouvelles (EDF EN), filiale à 50% du groupe EDF, spécialisée dans les énergies renouvelables. L’usine, devrait être construite dans le sud de la France, mais le choix du site n’est pas encore officiellement arrêté. Au total, l’investissement s’élève à 90 millions d’euros, répartis à parité entre les deux groupes. L’usine aura une capacité de annuelle initiale supérieure à 100 mégawatts, d’après les deux entreprises, qui espèrent pouvoir -ou devoir- en accroitre les capacités dans le futur. Pendant les dix première années, sa production sera achetée en intégralité par EDF Energies nouvelles. Toutefois « la production de cette nouvelle usine ne suffira pas à couvrir nos besoins, nous continuerons à travailler avec d’autres industriels», précise Pâris Mouratoglou, président d’EDF Energies nouvelles. Le site intégrera également une unité de recyclage des panneaux solaires.
Le maillon faible du Grenelle
Au total, ce sont « 300 emplois » en perspective a lancé Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer. Car c’est sous les lambris de l’hôtel particulier parisien où siège le ministère, qu’a été faite l’annonce de ce partenariat entre deux sociétés privées. De fait, ce projet industriel vient tempérer d’une des faiblesses identifiés dans le Grenelle de l’Environnement, par le Boston Consulting Group, cabinet de conseil en stratégie, lors d’un audit commandé par le ministère : l’absence d’une véritable politique industrielle. Le plan de développement des énergies renouvelables issu du Grenelle a pour objectif de porter à au moins 23% la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie, à l’horizon 2020, grâce à une augmentation de 20 millions de tonnes équivalent pétrole de la production de ces énergies. Pour le solaire photovoltaïque, en particulier, la production devrait être multipliée par 400. Certes, le parc a été multiplié par 2,5 en un an. Néanmoins, si la France souhaite remplir ses objectifs, et, en plus d’engranger les bénéfices écologiques de l’utilisation des énergies renouvelables, en tirer également un profit économique pour devenir un « leader » dans l’énergie verte, il faut que des entreprises se développent dans l’Hexagone. Autrement, le bénéfice écologique -à condition qu’il se concrétise- risque de se faire au dépend de la balance commerciale, par l’importation -notamment- de panneaux solaires. Or, pour l’instant « nous sommes peu présents» dans la production d’éoliennes et de panneaux solaires, expliquait diplomatiquement Jean-Christophe Donnellier, chargé des relations internationales à la Direction générale du Trésor et de la politique économique (Dgtpe), au ministère de l’Economie, lors d’une conférence du 11 mai dernier sur les green tech. «Il faut créer une filière industrielle manufacturière», a confirmé Pâris Mouratoglou pour qui, « le coût des panneaux va baisser, ce qui va ouvrir un marché de masse. Il n’y aura plus de construction sans eux».
Des conditions favorables
Annonce du gouvernement de maintenir les tarifs de rachat par EDF de l’électricité jusqu’à 2012, simplifications administratives et fiscales prévues pour le solaire photovoltaïque… d’après Mike Ahearn, PDG de First Solar, le cadre institutionnel français est aujourd’hui « favorable » au développement de cette industrie.
Anne d’AUBREE
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