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Après le parc marin naturel de la mer d’Iroise au nord du Finistère, le Bassin d’Arcachon devrait dès la signature d’un arrêté en décembre prochain emprunter le même chemin. Un dispositif qui semble rencontrer de nombreux avis favorables.
En décembre 2008, Jérôme Bignon, président de l’Agence des aires marines protégées venait expliquer aux élus du Bassin d’Arcachon réunis sous l’égide du SIBA (Syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon) les enjeux d’un parc marin. La prochaine étape est attendue pour décembre prochain et doit donner le coup d’envoi d’une étude qui durera plusieurs mois. « Ce serait une bonne chose à condition que les ostréiculteurs et les pêcheurs soient associés à chaque étape du projet ! ». Comme la plupart des professionnels du secteur, Jean- Claude Lacoste, le président du syndicat des ostréiculteurs de Gujan-Mestras se dit favorable au classement du Bassin d’Arcachon en parc naturel marin. La perspective ne semble pas rencontrer de résistance du côté des métiers de la mer : « cela permettra peut-être de surveiller de plus près le nombre de bateaux de plaisance et d’appliquer avec plus de sérieux la réglementation sur les corps morts … ».
Une phase de dialogue de deux ans
« Nous sommes prêts. Il ne reste plus que la publication d’un arrêté ministériel qui doit engager le processus », déclarait fin octobre Geneviève Rousseau, la directrice de l’Agence des aires marines protégées, établissement public ayant en charge la gestion de ces nouveaux parcs (à terme une trentaine d’agents payés par l’Etat pourraient y travailler): « Le Bassin d’Arcachon présente l’ensemble des caractéristiques qui justifient la création d’un parc naturel marin : un écosystème remarquable et un usage économique de cette richesse». Dès lors que le processus est lancé, une première phase de dialogue de deux ans « avec l’ensemble des acteurs du Bassin d’Arcachon » sera engagée : « Nous ne sommes pas là pour interdire, mais pour proposer un outil de concertation afin de mieux organiser les usages et permettre une réflexion commune sur les zones à protéger. En créant ce type de dispositif, l’Etat accepte de partager les décisions qui concernent le milieu maritime tout en prenant ses responsabilités financières et c’est une première ! ». En janvier dernier, élus et professionnels se sont retrouvés en Bretagne pour découvrir le fonctionnement du parc naturel de la mer d’Iroise, le seul existant à ce jour en métropole.
« Un bilan positif »
Parmi les visiteurs, une délégation de pêcheurs : « Nous avons rencontré nos collègues sur place. Ils disposent d’une vice-présidence du parc marin et en tirent pour le moment un bilan positif. Cela leur a permis de relancer la pêche du homard grâce à des financements. En revanche, ils ont du mal à tenir des objectifs sur trois ans comme demandé », indique Jean-Michel Labrousse, le président du Comité local des pêches d’Arcachon. Les marins pêcheurs (Arcachon compte 40 bateaux) pensent que l’initiative « est bonne à condition de ne pas constituer de réserves où la pêche serait interdite… ».
« Il n’y a pas de pilote dans l’avion »
Pour Jean-Charles Mauviot, directeur de la section régionale conchylicole, la création d’un parc naturel marin pourrait être une solution à des problèmes récurrents : « Aujourd’hui, en ce qui concerne la gestion du Bassin, il n’y a pas de pilote dans l’avion ! Quand Ifremer met en évidence la présence d’un herbicide dans les eaux, les ostréiculteurs font venir les élus et que se passe-t-il ? Rien ! Les élus prennent en compte la gestion du littoral dans une certaine mesure. Dès qu’on s’éloigne de la zone des 300 mètres de compétence du maire d’une commune, le problème se complique… ». Pointé du doigt par les professionnels, le classement Natura 2000 dont bénéficie le Bassin d’Arcachon : « Dans ce dispositif de protection de l’environnement qui englobe une directive sur l’habitat et une sur la sauvegarde des espèces d’oiseaux, nos activités ne sont pas prises en compte. Ce n’est pas la même chose dans le cadre du parc naturel marin ». Jean-Charles Mauviot insiste sur « l’urgence de créer une structure de gestion du Bassin d’Arcachon surtout lorsqu’on envisage une population de 200 000 habitants sur le pourtour à l’échéance 2030 et son lot de problèmes environnementaux liés à l’intensification des zones urbaines … ».
Eric MOREAU
Légendes
Photo 1 : Un écosystème remarquable et un usage économique de cette richesse sont de nature à justifier la création d’un parc naturel marin.
Crédit photos : Eric MOREAU |
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