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Le gouvernement met en place un plan pour stimuler les emplois liés à la croissance dite verte. Nouvelles compétences ou adaptation d’un savoir-faire ? Des formations doivent être mises en place. Mais tout le monde n’est pas d’accord sur ce qu’est un emploi vert…
Le développement d’une économie « verte » pourrait générer entre 500 000 et 600 000 emplois d’ici 2020. Telles sont les estimations du Grenelle de l’Environnement. Encore faut-il, pour que cette croissance bénéficie aux entreprises implantées en France, que ces dernières soient en mesure de répondre à la demande. Valérie Létard, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement durable, a donc lancé un plan de mobilisation des filières et des territoires, destiné à développer les emplois dits verts. Onze comités de filières, comme l’agriculture, le tourisme, les transports, ou encore le bâtiment et la bio-diversité, ont travaillé à évaluer leur potentiel d’emplois et leurs besoins en formation, un enjeu majeur. Ce 28 janvier, lors d’une conférence sur les métiers de la croissance verte, organisée par le Ministère l’Ecologie et du Développement durable, des débats ont tenté de faire le point sur ces emplois et les dispositifs de formations à mettre en place.
Emplois verts à géométrie variable
Car la définition d’emploi vert demeure fluctuante. «Il ne faut pas avoir une vision trop étroite de la croissance verte. Les autres métiers ne vont pas disparaître », estime Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT. Exemple : pour assurer le développement de la voiture électrique, il faudra des personnes capables de les réparer, un emploi qui n’est pas spécifiquement vert. Par ailleurs, des métiers se transforment. Dans le domaine de l’énergie, notamment, le développement de réseaux intelligents, qui permettent de gérer la consommation d’énergie électrique, aboutit à une fusion des réseaux d’énergie et des communications, et nécessitera des adaptations des métiers existants. Autre exemple, explique Jean-Claude Clamadieu, président de la commission développement durable du Medef, « la chimie verte n’est pas une curiosité de laboratoire, mais une remise en question de la manière dont les chimistes font leur métier. Nos clients nous demandent des plastiques pour les automobiles qui soient recyclés. Nous devons chercher des solutions, par des partenariats, en faisant évoluer nos salariés, et en intégrant des compétences nouvelles ». Autre modalité de « verdissement » des emplois, les changements, à métier constant, des modes de travail, témoigne Claude Nahon, directrice du développement durable chez EDF. Il s’agit, par exemple, de développer le télétravail, ou encore de développer l’usage des téléconférences pour limiter les déplacements.
L’offre de formation en formation
Mais l’offre de formation est-elle prête, pour répondre à ces différents axes identifiés ? L’orientation, tout d’abord : pour Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives, le tout nouveau service public d’orientation, destiné à accompagner les personnes pour trouver la structure et la formation adéquate, doit intégrer cette donnée en informant sur les possibilités en emplois verts. Martin Hirsch, qui vise une mise en place pour la rentrée 2010, estime que « c’est facile à faire ». Après, « il y a deux logiques dans l’enseignement professionnel. D’une part, l’intégration de ces problématiques dans des diplômes qui existent déjà, une rénovation des formations qui a commencé en 2006, et d’autre part, la création de filières spécifiques », explique Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’enseignement scolaire auprès du ministère de l’Education nationale. Par exemple, la création de la mention de technicien d’exploitation des services à l’énergie sera opérationnelle à la rentrée prochaine. De son côté, l’Afpa, l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes, prépare 40 000 de ses 180 000 stagiaires à des emplois verts (génie climatique, thermique, installation et équipement électrique, traitement des eaux et des déchets… ). Elle propose également des stages de perfectionnement, dans le secteur du bâtiment et de l’éco-construction, pour aider les professionnels à mettre à jour leurs compétences, et ne pas se retrouver au chômage.
Vers une nouvelle fracture verte ?
Car la croissance verte pourrait avoir ses exclus. « Elle ne doit pas se construire avec de nouvelles formes d’exclusion » alerte Marie-Laure Meyer, conseillère régionale d’Ile-de-France, qui rappelle que la formation répond également à des enjeux d’insertion sociale et d’aménagement du territoire. Un souci partagé par Martin Hirsch, qui se souvient de son passé de militant. «Chez Emmaüs, on faisait de la récupération, du recyclage depuis longtemps. Quand tout le monde s’en foutait, seules les associations démantelaient les frigos. Aujourd’hui, c’est un marché juteux, et le risque est qu’il n’y ait plus la place pour elles. Les personnes en insertion ne doivent pas pâtir de cette évolution », explique-t-il. A la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), c’est l’exclusion d’une partie du tissu des PME de cette nouvelle croissance, que l’on craint. Pour le représentant de l’organisation patronale, « Il y a des entreprises qui ont un intérêt direct dans la croissance verte, d’autres secteurs qui sont sortis gagnants du Grenelle, comme le bâtiment. Et puis, il y a celles dont le contexte de crise constitue la préoccupation principale. La croissance verte, elles se demandent comment y aller ». Pis, encore, redoutent certaines associations écologistes, la croissance verte pourrait bien exclure … l’écologie. Ainsi, pour France Nature Environnement « le comité de pilotage s’est focalisé sur le nombre d’emplois potentiels et les formations, sans se pencher au préalable sur l’intérêt environnemental des emplois en question».
A. d’A.
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