Avec 6700 hectares, la Gironde apparaît comme le premier département français d’implantation du Robinier. Un arbre qui présente toutes les qualités du bois précieux (importé non sans conséquence pour l’environnement). Ancien dirigeant d’une maison de négoce en bois exotique, Philippe Lorette a créé en 2006 Alternabois, sa propre société spécialisée dans l’utilisation de ce qui est communément appelé l’Acacia.

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«J’ai toujours travaillé dans le secteur de la filière bois. J’étais le PDG d’une entreprise bordelaise d’importation de bois exotiques. J’ai fait ça pendant 18 ans. Nous importions principalement d’Afrique et d’Amérique du Sud». A l’origine du virage amorcé par Philippe Lorette, une prise de conscience : «Je me suis rendu compte des graves dysfonctionnements que représentait cette activité notamment sur la faune et la flore mais également sur les hommes. Dans nombre de ces forêts, il y a des villages qui sont habités et la destruction de cet habitat correspond pour les habitants à la perte totale de leur identité. Ils se nourrissent de la forêt, y chassent, y pêchent et ils se chauffent avec le bois. Si vous leur enlevez la forêt, vous les privez de leur unique matière première ».
« Un bois endémique des forêts européennes »
Philippe Lorette revend son entreprise pour se lancer dans l’aventure d’une économie plus verte : «J’ai voulu changer et passer sur le concept qui me paraissait plus porteur de l’exploitation et du développement des bois locaux, tout en restant dans le même secteur». Philippe Lorette décide alors de s’intéresser de près au Robinier ou Acacia et lance une étude de qualification avec le Centre Technique du Bois de Bordeaux. Julien Lamoulie, ingénieur construction participe à cette évaluation : « le Robinier est un bois endémique à la forêt européenne.
« Naturellement imputrescible »
On le trouve dans les pays de l’Est, en Hongrie notamment. C’est l’essence la plus durable qui peut être utilisée sans aucun traitement chimique. Sa résistance aux intempéries est comparable à celle des bois tropicaux, ce qui en fait une alternative écologique à leur utilisation pour la réalisation d’aménagements extérieurs». « J’ai eu des aides du Conseil Général, du Conseil Régional et de l’Anvar car je voulais revaloriser un bois local et écologique sans utiliser de traitement chimique. En effet, le Robinier est naturellement imputrescible», déclare le fondateur d’Alternabois. «Nous avons démarré en 2006. La croissance est très bonne. Nous réalisons un chiffre d’affaires de 400 000 euros, en augmentation constante. Ce bois est 20 % moins cher que les bois exotiques ». Un argument de poids pour les gros clients que sont les collectivités locales et les administrations obligées de respecter des normes en matière environnementale. Les particuliers sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à cette essence car eux aussi sont «de plus en plus sensibles à la protection de la nature ».
« 15 emplois induits »
Si Philippe Lorette travaille seul pour le moment au sein de son entreprise, il a prévu d’embaucher dès cette année une personne pour s’occuper du Show Room qui doit ouvrir en juin à Saint-Jean d’Illac : «l’activité générée par Alternabois correspond à 15 emplois induits dans les entreprises locales auxquelles je confie la transformation du Robinier ».
Traditionnellement présent dans les régions viticoles, le robinier est utilisé pour réaliser des piquets de vigne : «Je l’exploite pour fabriquer des parquets et des lamelles de terrasse. Je travaille également avec des ébénistes de marine à Bordeaux». Une activité qui s’étend au mobilier de décoration de jardin. D’autres utilisations sont à l’étude...
Eric MOREAU
Légendes
Photo 1 : Le robinier offre une résistance aux intempéries comparable à celle des bois tropicaux pour un coût moindre de 20 %.
Petite photo : Philippe Lorette a créé Alternabois en 2006.
Crédits photos : Alternabois |
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