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Face aux menaces climatiques, que faire ? L’institut d’études Mediascopie dresse un panorama des attentes et des craintes des Français. L’écologie, oui, mais pas la décroissance. Et dans cette lutte, les hommes politiques sont discrédités.

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Depuis le 7 décembre, le sommet de Copenhague réunit pays industrialisés, nations émergentes et en voie de développement, pour définir des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Celles-ci prendront la suite des engagements retenus à Kyoto, qui s’achèvent en 2013. Mais qu’en pensent les Français ? L’institut Médiascopie a demandé, pour le cercle de réflexion Les Ateliers de la Terre, à 300 personnes de réagir sur 100 mots les plus fréquemment utilisés sur ce sujet : Ce mot est il primordial ? négligeable ? rassurant ? inquiétant ? Denis Muzet, président de l’institut a présenté les résultats de cette enquête, le 26 novembre dernier, dans les locaux du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer.
Le climat, un enjeu mobilisateur
Premier constat, les Français jugent le sujet du climat primordial : ils placent la quasi- totalité des mots proposés par Mediascopie au dessus de 5, dans l’échelle négligeable/primordial. Les menaces qui inquiètent le plus sont celles liées à la « catastrophe climatique », comme le réchauffement de la planète, le niveau de l’eau, l’altération de la nature, avec par exemple, la déforestation. L’eau aussi apparaît comme un enjeu vital, en quantité et en qualité. Les phénomènes de désertification et de malnutrition sont vus comme moins importants, sans doute parce qu’ils sont plus éloignés géographiquement. Et les Français ont leur petite idée sur les responsables de ces catastrophes. La pollution industrielle, les compagnies pétrolières et l’industrie chimique sont désignés comme particulièrement inquiétants. Ils sont suivis de l’agriculture intensive, l’utilisation des pesticides, et, également, des OGM.
Défis et réponses
Face à cette situation, les mots des Français désignent quatre défis, quatre séries de mots classés comme rassurants et primordiaux à la fois : la protection de la couche d’ozone, la protection de la mer et des océans, la préservation de la biodiversité, ainsi que la gestion durable des forêts. Et, pour passer « de la menace à l’espoir de la solution », explique Denis Muzet, les Français désignent trois voies. Tout d’abord, l’évolution d’une agriculture intensive vers une agriculture verte, qui se traduit par une modernisation de la production agricole, et ne remet pas en cause le modèle de croissance. Ainsi, l’agriculture biologique est très bien notée. Et les OGM qui réduisent les besoins en eau sont jugés plus rassurants que les OGM vus de manière générale. Autre voie désignée, le passage attendu aux énergies renouvelables (dans l’ordre décroissant : l’éolien, le solaire, le géothermique et l’hydroélectrique) : les incitations financières qui les favorisent sont très bien notées. En revanche, les énergies traditionnelles comme le pétrole sont jugées peu rassurantes. Tout comme, dans une moindre mesure, le nucléaire. La troisième attente des Français concerne l’abandon des archaïsmes économiques, pour aller vers une croissance verte. Ainsi, « anticapitalisme » est un mot qui séduit. Mais le mot décroissance n’en est pas pour autant jugé rassurant. Bref, « les Français veulent la croissance, mais verte », résume Denis Muzet. Résultat : les expressions « emploi vert » ou « croissance industrielle verte » sont jugés très rassurants, tout comme l’économie sociale et solidaire.
Vive les outils concrets
Mais quels outils utiliser pour sortir de la crise ? La taxe carbone est vue comme une notion inquiétante. En revanche, les Français sont très favorables au principe « pollueur - payeur ». Sur la taxation des transports, les avis sont plus mitigés. En revanche, ils sont affirmés sur un point : seule une mobilisation mondiale peut permettre le changement. Ainsi, les sondés jugent rassurante une coopération mondiale, qui passe par une approche, une gestion, et une organisation à ce niveau. L’idée d’un fonds vert mondial, par exemple, rassure, tout comme des objectifs chiffrés, ainsi que le principe des sanctions pour ceux qui ne respectent pas leurs obligations. Malgré ce contexte favorable, la conférence de Copenhague elle-même suscite un accueil mitigé. Elle est considérée comme moyennement primordiale, et moyennement rassurante. En fait, analyse Denis Muzet, «ce mot n’est pas très connu, alors on le place au milieu de l’échelle ». En fait, ce sont les solutions concrètes et bien identifiées que les Français semblent juger les plus rassurantes : la voiture électrique et la maison verte, par exemple. C’est également le cas des performances écologiques des bâtiments ou des bio-carburants. Autres idées qui plaisent : la maîtrise de la consommation de l’eau ou de l’énergie, le commerce équitable, ou encore la recherche environnementale.
Action à tous les étages
« Tous les acteurs, individus, syndicats, partis, nations, Europe, Monde… sont placés sur le même plan. Les Français ont une vision d’une action à tous les étages, sans hiérarchie. Il y a là une attente de vivre ensemble », commente Denis Muzet. Bref, pour les sondés, c’est tous ensemble qu’il faut lutter contre les effets climatiques. A cela près que les Français ne jugent pas tous les acteurs également rassurants, dans cette potentielle lutte collective. Certains sont jugés inquiétants, ou même, très inquiétants. Pèle-mêle : Poutine, le monde de l’Est, les financiers, l’OPEP, l’Inde, la Chine, et les dirigeants politiques, Jean-Louis Borloo compris. De fait, dans cette catégorie, seul Barak Obama tire son épingle du jeu, et apparaît comme un acteur rassurant, dans la même catégorie que les écologistes, les pays du Nord de l’Europe, ou encore Nicolas Hulot, le Grenelle de l’environnement ou les ONG. Dans ce tableau en pointillé, reste à savoir quelle sera la part de l’action…
Anne d’AUBREE
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