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En 2004, il manquait environ 3 500 logements étudiants sociaux en Aquitaine dont 3000 sur l’agglomération bordelaise. La dynamique lancée par la Région a permis depuis 2005 de programmer la construction de 20 nouvelles résidences étudiantes pour une capacité d’accueil de 3 145 places, qui doivent être livrées d’ici à la fin 2011. Autre dossier, celui de la rénovation de logements vétustes : en 2004, 4 867 places en « cités U» étaient non rénovées en Aquitaine. La Région a engagé 5,022 Me sur la période 2005-2009 pour la réhabilitation des cités universitaires. A ce jour, près de 1600 logements ont déjà été rénovés. Le logement social étudiant relève de la compétence du Crous avec l’aide financière du Conseil Régional. Au chapitre des initiatives prises pour aider les étudiants à se loger, le dispositif clé initié par la région qui permet la prise en charge du cautionnement et de la garantie de loyer fonctionne depuis
5 ans aussi bien pour le public que pour les locations dans le privé. Ce dispositif unique en France entame sa cinquième année d’existence.
Eric MOREAU
Patrice Bretout, Directeur du Crous de Bordeaux
Echos Judiciaires Girondins :Comment se présente la situation du logement étudiant sur Bordeaux pour cette rentrée ?
P. B. : Bordeaux compte 70 000 étudiants. Le Crous y dispose de 7 600 logements, soit un peu plus de 10% de la population estudiantine, ce qui un bon chiffre. Nous ouvrons trois résidences complémentaires, ce qui représente plus de 750 places en septembre.
EJG : Où en êtes-vous des objectifs qui avaient été fixés en terme de construction ?
P. B. : Nous avons presque terminé les 3000 logements que nous devions construire dans le cadre du plan élaboré par le Conseil Régional en 2005. Nous serons cette année à 2 700 logements auxquels il faut ajouter une nouvelle résidence qui sera livrée en 2012.
EJG : Le Crous a vocation à donner la priorité aux boursiers dont vous suivez les dossiers. Combien sont-ils ?
P. B. : L’académie dans son ensemble (5 départements) compte 104 000 étudiants dont 28 000 boursiers. Environ 11 000 d’entre eux déposent une demande de logement et sur l’ensemble de la région, nous disposons de 10 200 logements. Théoriquement, 800 étudiants n’auraient donc pas de solution à la rentrée sachant que certains partent après leurs examens quand d’autres arrivent...
EJG : Il existe encore de nombreux logements vétustes...
P. B. : Nous devons continuer la campagne de réhabilitation. Nous nous sommes mis d’accord avec le Conseil Régional pour remettre 2100 logements à neuf à l’échéance 2014. Par endroit, nous avons choisi l’option de démolir après construction d’un bâtiment neuf à proximité, ce qui permet de garantir une solution.
EJG : Combien coûte une chambre étudiante via le Crous ?
P. B. : Au minimum, 136 euros chez nous. Après déduction des aides de l’Etat (allocation logement), il reste entre 70 et 80 euros à la charge de l’étudiant. Dans nos résidences neuves, il faut compter entre 350 et 400 euros, soit 200 euros, APL déduite pour 20 mètres carrés. A la différence du privé, chez nous, les loyers sont toutes charges comprises et l’on ne paye pas la taxe d’habitation.
EJG : Pensez-vous que 2010 sera une année plus difficile pour les étudiants les moins fortunés ?
P. B. : Le fait le plus notable est la nette diminution du nombre d’emplois saisonniers offerts cet été aux jeunes qui comptent dessus pour financer une partie de leurs études et leur logement. Certains viennent nous voir et nous font part de difficultés accrues. Nous disposons au Crous de 7 assistantes sociales qui gèrent certaines urgences après enquête auprès des services sociaux. Je leur ai donné la latitude pour intervenir de suite si elles l’estiment nécessaire. Nous disposons d’une enveloppe de plus de deux millions d’euros d’aide d’urgence qui vient s’ajouter au dispositif classique.
EJG : Précisément, quelle est la marge de manoeuvre financière du Crous sur l’académie ?
P. B. : Le Crous dispose de 140 millions d’euros dont 70 consacrés aux bourses et le reste en investissement de construction et réhabilitation de logements et restaurants universitaires.
Cécile, Charley et François en «coloc» à Bordeaux
«Quand j’ai cherché un lo-gement, tout était déjà pris. J’ai choisi la colocation». Etudiant en Master Pro Com, Charley Giron, 25 ans est également stagiaire dans une mairie pour 400 euros mensuels. Insuffisant pour assumer les 383 euros, plus sa part de charges du 4 pièces de la rue Sainte-Catherine : «J’ai pris un prêt de 5 000 euros et ma mère m’aide». François Virevialle, 22 ans, étudiant à l’Ecole Nationale des sciences géographiques de Champs-sur-Marne effectue un stage de fin d’étude à la Direction Régionale des Affaires Culturelles : «Ils me payent 390 euros. J’ai réussi à négocier la prise en charge de ma part du loyer, mais il me reste les charges». Cécile, 25 ans diplôme d’ingénieur en poche vient d’entamer un CDD : «J’ai trouvé cet appartement grâce à l’annonce passée sur appartager.com ».
Propos recueillis par E. M.
Légende photo 1 : Vingt résidences étudiantes ont été programmées d’ici fin 2011. |
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