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A l’heure où Bordeaux profite de ses nouveaux aménagements urbains, la revalorisation du patrimoine est en perpétuelle innovation. Le Palais Gallien, seul vestige actuellement visible du Burdigala gallo-romain, fait l’objet de fouilles, études et recherches en vue d’établir un historique précis et entamer une rénovation de ce monument bordelais.

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Fouler le sol à l’endroit même où les gladiateurs ont combattu pour survivre... De quoi provoquer quelques frissons parmi les groupes de touristes venus profiter dans les vestiges d’un amphithéâtre gallo romain au cœur de Bordeaux d’un chantier de fouilles prévu pour durer jusqu’à fin d’août : «La volonté de la mairie est de mettre l’archéologie à la portée de tous au travers de visites gratuites », précise Albero Puig, conservateur en chef du patrimoine. Une centaine de visiteurs se presse chaque après-midi au Palais Gallien.
Ils viennent des quatre coins du globe à l’image d’Alexandra, une Ukrainienne francophone en vacances dans la région : «Je ne connaissais pas cette époque. C’est vraiment intéressant de voir les archéologues au travail». Accroupi au pied des vestiges du mur d’enceinte de l’édifice, Zhen, Chinois venu de Shanghai est lui aussi en vacances, mais il a choisi de mettre la main à la pâte et fait partie d’un groupe de bénévoles ayant pour mission de dégager la périphérie du monument : «Je suis étudiant en architecture et chez nous il n’existe pas de chantier comme celui-ci. Pour moi, c’est très enrichissant». Un groupe de Russes et des Anglais sont attendus dans les jours à venir pour renforcer les équipes.
Truelle et pinceau
Côté professionnels, on s’affaire à remonter le temps en grattant le sol de couche en couche pour atteindre l’époque où fut érigé l’amphithéâtre. Objectif :
trouver des vestiges témoins du passé. L’archéologue David Hourcade dirige le chantier : «Il y avait dans ce lieu des combats de gladiateurs et d’animaux. La singularité architecturale réside ici dans l’utilisation importante de bois. Des fouilles en 1964 avaient daté l’édifice au IIIème siècle après Jésus-Christ à la période Sévèrienne. Nous pensons qu’il est beaucoup plus ancien». Les scientifiques fondent de nombreux espoirs sur la fouille de «bandes entières de 20x60 mètres qui devraient permettre de restituer le niveau de circulation antique». Armée d’une truelle, l’arme de prédilection des archéologues, Marie, 28 ans s’affaire. Pour cette étudiante en archéologie et en histoire, rien ne remplace l’expérience du terrain : «Ma spécialité, c’est le Moyen Age, mais les techniques de fouilles sont les mêmes. Le problème, c’est que ce lieu a été fouillé plusieurs fois par le passé plus ou moins bien...». Accent basque et fier de l’être, Gérard, 22 ans est un spécialiste de l’Histoire ancienne grecque : «C’est la première fois que je participe à un chantier. Pour moi, c’est une étape. Je rêve de fouilles en Grèce ou en Turquie. Je n ‘imaginais pas la minutie d’un tel travail. Il ne suffit pas de gratter la terre pour trouver quelques chose! ».
Eric MOREAU
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