En 2009, le port de Bordeaux a été au coeur de quelques avis de tempête sur fond notamment d’un projet de terminal méthanier qui ne verra pas le jour. Malgré une année lourdement marquée par la crise économique, le trafic s’affiche dans la moyenne de la décennie 2008 qui demeure la référence.

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«Nous avons été moins sensibles aux effets de la crise que d’autres ports», Laurence Bouchardie, responsable des lignes régulières au sein du département commercial.
E.M. : Comment le port de Bordeaux a-t-il passé le cap de la première année de crise ?
LB : Le trafic containers a été très porteur. Nous avons réalisé en 2009 notre record historique dans ce secteur d’activité. Plus de 80 000 containers ont été manutentionnés sur le port de Bordeaux entre les importations et les exportations.
E.M. : Vous avez bénéficié de l’après-tempête Klaus ...
LB : Cela a contribué au sauvetage de cette année 2009. Toutefois, si on analyse le volume de containers « hors bois », nous aurions connu un petit repli de 2 à 3%, ce qui est minime par rapport à la performance des autres ports français sur ce type de trafic.
E.M. : Comment expliquez- vous ces chiffres ?
LB : Le tissu économique local étant relativement atomisé et constitué d’un nœud de PME/ PMI, nous avons été moins sensibles à la crise que d’autres ports dépendant de l’activité de grands groupes. Nous n’avons pas, comme dans le nord de la France, des entreprises qui représentent un volume de 5000 containers dans l’année. Nos clients se situent plutôt autour de quelques centaines de containers par an. De plus, en période de crise, les exportateurs et importateurs ont tendance à privilégier les solutions les plus économiques comme l’utilisation d’ un port de proximité car ce qui coûte cher dans le transport, c’est la partie terrestre.
E.M. : Le feuilleton du projet de terminal méthanier a laissé des traces...
LB : Son abandon va pénaliser les années à venir parce que nous espérions des retombées importantes... En 2009, on en était au stade de l’instruction et cela n’a pas eu d’impact sur notre performance.
E.M. : Cette expérience vous conduira-t-elle à imaginer une stratégie commerciale plus prudente ?
LB : Sur les dossiers plus sensibles, nous prendrons des assurances auprès des administrations compétentes sur l’acceptabilité (...). En 2010, nous lançons un audit et une étude stratégique sur les filières à prospecter en priorité avec le concours d’un cabinet extérieur, ce qui rendra les conclusions plus légitimes...
(Propos recueillis par E. M.)
Le port de Bordeaux, c’est :
3000 emplois directs et 15 000 indirects,
97% des besoins en essence du territoire,
400 000 camions en moins sur les routes. |
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L’année 2009 s’est achevée sur un tonnage en diminution de 2,9% par rapport à l’année précédente. Alors que les grands ports européens accusent une baisse générale souvent à deux chiffres et que les experts internationaux estiment à 10% le ralentissement de l’économie maritime, les dirigeants du port de Bordeaux veulent voir dans ce résultat « la confirmation de la place de l’établissement dans le fonctionnement de l’économie régionale et son rôle dans la logistique et les transports aquitains». La tempête Klaus de janvier 2009 a toutefois largement contribué à soutenir le trafic.
Des importations dans le creux de la vague
Sur ce segment de l’activité, il faut compter avec un repli de 6,8%. Directement impactés par le ralentissement de l’activité des industriels, les charbons et coke de pétrole utilisés comme combustible accusent une baisse de 19%. A l’identique, la baisse d’activité dans le secteur de la construction a affecté les importations de granulats (-22%), de ciment (-42%) et de bois tropicaux (-74%). Les produits raffinés sont en légère baisse. La diminution des tourteaux (-20%) et des huiles (-26%) étant compensée par le développement de la trituration de graines.
Des exportations en hausse de 9,2%
Avec 260 000 tonnes, les sorties de pétrole brut ont retrouvé «un schéma logistique efficace». Les biocarburants avec 130 000 tonnes deviennent un trafic majeur. Côté céréales, il faut compter avec une chute de 11%. La baisse des sorties d’huiles est compensée par la croissance de celle des graines et des tourteaux de colza. Les exportations de bois ont été soutenues par les volumes issus de la tempête Klaus de janvier 2009 tant pour le bois de chablis chargés sur des navires complets vers l’Europe que pour le bois de tempête destiné à l’Asie. Avec un total de 235 000 tonnes, elles ont progressé de plus de 85% par rapport à l’année précédente.
Les investissements pour 2010
Pour l’année qui débute, le programme d’investissement du Grand Port Maritime de Bordeaux se monte à 14 millions d’euros dont 7,5 millions sur fonds propres. Les principales opérations programmées portent sur la poursuite de modernisation du poste pétrolier 551 d’Ambès, la construction du siège social du port à Bacalan, la fin des opérations de modernisation et d’aménagement d’infrastructures dans le cadre du Contrat de Relance de l’Economie et le lancement de travaux concernant la remise en état des écluses des bassins à flots.
Eric MOREAU
Légende photo 1 : La tempête Klaus a largement contribué à soutenir le trafic. |
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