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Alors que plus de 60% des divorces sont conflictuels, rendez-vous a été donné à tous les préoccupés par ce problème conjugal, familial au premier salon du divorce, de la séparation et du veuvage qui s’est tenu à Paris, les 7 et 8 novembre derniers.
Beaucoup se demandent pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt : organiser un salon du divorce, sorte de copié-collé sur les désormais incontournables salons du mariage. Il est loin le temps où Napoléon osait divorcer de Joséphine. En 2007, un premier président de la République française en exercice, Nicolas Sarkozy, suivait le même chemin. Le divorce, à l’heure actuelle, est devenu monnaie courante: leur nombre a plus que doublé en trente ans, selon une récente étude du ministère de la Justice ; un couple sur deux se sépare. On enregistre aujourd’hui près de 140 000 actes de dissolution du mariage par an; l’âge moyen du divorcé étant de 44 ans (41,7 ans pour les femmes). Parmi les 8 000 visiteurs de la Porte de Champerret, où se tenait la première édition du salon du divorce , il y avait une majorité d’hommes curieux de découvrir cette sorte de parcours fléché pour de nouveaux pas dans la vie en solitaire, ou à la découverte d’une nouvelle âme sœur. A l’origine de ce salon « Nouveau départ », Brigitte Gaumet, commissaire de l’exposition qui diplôme en poche, un doctorat en stratégie des entreprises, a fait ses armes au Printemps et chez Shell avant de se tourner vers le tourisme. A ses côtés, une amie proche, directrice de ventes et organisatrice d’évènementiels, Clotilde Bouquery. Les deux associées ont eu connaissance d’un salon similaire en se rendant à Vienne, en Autriche. Il nous est apparu comme une évidence, un besoin à satisfaire. La rupture est souvent dououreuse et vécue de façon dramatique financièrement, sentimentalement. Nous avons, avec ce salon, voulu aider les nouveaux célibataires avec des espaces de parole et de conseil ». En plus de vingt-cinq conférences et ateliers, une cinquantaine d’exposants ont permis aux hommes, femmes, enfants et familles de trouver réunis en un seul lieu tous les conseils nécessaires répartis en plusieurs thèmes : conseils et Droit avec la présence d’avocats, médiateurs, notaires, détectives privés, banques, gestionnaires de patrimoine, assurances, conseils retraite. Un espace dédié à la psychologie et la formation avec des psychologues, pédopsychologues, au soutien scolaire ; un autre réservé au tourisme et aux rencontres avec la présence d’agences immobilières, de voyage, pour une nouvelle vie; sans oublier l’image de soi avec des clubs de remise en forme, coachs, instituts de beauté.
Le médiateur pour pacifier le conflit
Coûteux, 2 300 euros en moyenne, les divorces ont aussi des effets dramatiques sur les enfants. Sachant que 60% des divorces touchent des mineurs, un rapport remis au Premier ministre, le 7 octobre dernier concernant l’intérêt des enfants, l’autorité parentale et le droit des tiers a mis l’accent sur la médiation familiale. Répertorié dans le Code civil depuis 2002, le médiateur est là pour pacifier le conflit. Diplômé d’Etat, soumis à la confidentialité et à l’impartialité, il peut être consulté à la demande des parents ou sur proposition du juge aux affaires familiales. Pour exemple, depuis janvier 2007, le tribunal de Grande instance de Paris a mis en place une permanence pour, sur demande du juge, informer les couples en cours de séparation. Succès ! 80% des conjoints à qui cette disposition a été présentée ont accepté le principe d’une médiation. Pour renforcer ce dispositif, le député UMP (Alpes-maritimes), Jean Léonetti, propose d’augmenter la part du ministère de la Justice dans son financement en partie assurée, en cas de médiation familiale, par les caisses d’allocations familiales, directions départementales des Affaires sanitaires et sociales (DDAS), conseils généraux et régionaux. Si la médiation se passe bien, (en moyenne,120 euros la séance d’une heure) un projet d’entente est établi, puis homologué par le juge. Une jeune femme concernée explique : « La rupture est arrivée, je me suis retrouvée seule au foyer. Il nous a fallu sept séances à mon compagnon et moi en présence d’un médiateur pour qu’il accepte enfin d’assumer les conséquences de son abandon … » Un dernier chiffre encore, dans plus de sept cas sur dix, c’est la femme qui demande le divorce...
Geneviève ROUSSEL
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