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La forêt sous pression
La forêt aquitaine doit faire face au développement constant du bâti et des infrastructures. La pression s’accroît dans les Landes. Les terres agricoles sont elles aussi très demandées, mais leurs propriétaires préfèrent attendre.

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. La SAFER, en bref
Les SAFER sont des sociétés anonymes sans but lucratif (elles ne distribuent pas de bénéfices à leurs actionnaires), qui ont pour objectif de participer à l’aménagement durable et équilibré de l’espace rural(1). On en compte 27 en France. Créées en 1960, elles devaient d’abord réorganiser les exploitations agricoles dans le cadre de la mise en place d’une agriculture plus productive. Aujourd’hui, leur mission s’est élargie : elles facilitent l’accès des terres aux agriculteurs et accompagnent les collectivités dans leur politique de maintien des terres agricoles et de protection des espaces et des ressources naturelles.
Les SAFER observent le marché, réalisent des études du marché foncier, et peuvent aussi agir directement à l’achat, la vente, la gestion ou l’aménagement de terres.
1- Pour plus d’informations, consulter le site : http://www.safer.fr |
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870 hectares. C’est la surface qui sortirait chaque année de la fonction forestière sur la zone couverte par la SAFER Aquitaine-Atlantique : Gironde, Landes et Pyrénées-Atlantiques. Cela représente 1 hectare sur 10 des surfaces vendues, destinées à l’exploitation agricole pour 220 hectares, au loisir (chasse, pêche…) pour 250 hectares, et surtout à la construction (bâtiments, routes…) pour 400 hectares. Derrière ce chiffre, « sans doute en deçà de la réalité » pour le directeur de la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural, Pierre Pouget, il faut voir que « la forêt est considérée comme un terrain corvéable pour d’autres usages », critique Sébastien Drouineau, ingénieur d’études au Centre régional de la propriété forestière d’Aquitaine (CRPF).
Plus largement, Pierre Pouget s’inquiète que « tous les ans, 60 000 hectares quittent la fonction productive agricole en France. C’est un vrai souci. »
Le massif des Landes sous pression
Plus de routes et d’immobilier, cela signifie plus de ville. Or « cet étalement urbain interroge les responsables de la cité. » L’Etat a mis en place des commissions dans les départements pour parler du « mitage du territoire ». Car « en France, reprend Pierre Pouget, à construction égale, il faut quatre fois plus d’espaces qu’en Allemagne. » Ce constat intervient à un moment où le problème des ressources disponibles en matière foncière va se poser, même si la Gironde est encore un peu protégée par la viticulture. Sébastien Drouineau évoque en parallèle les quelque 7 millions de friches boisées au niveau du pays, et le massif des Landes, avec son « équilibre quasi-parfait entre nature et exploitation par l’homme » pour regretter que la pression soit toujours sur les mêmes zones. « L’essentiel de l’Aquitaine est dans cette situation » notamment parce que « tout le développement de la côte ne se fait que vers l’intérieur, vers le massif, puisque le littoral est très protégé ». Or, ce grignotage du foncier agricole et forestier, c’est précisément ce contre quoi luttent dans la région la SAFER Aquitaine-Atlantique et la SAFER Garonne-Périgord (qui couvre Dordogne et Lot-et-Garonne).
« Rétention des terres »
« Pour les jeunes agriculteurs, explique Yves Fourcade, directeur technique de la SAFER Aquitaine, il est de plus en plus difficile d’acquérir du terrain et même des bâtiments pour y mettre le siège de leur exploitation. » C’est surtout vrai dans les Pyrénées-Atlantiques qui représentent 200 des 450 installations annuelles en Aquitaine, et où la spéculation est réelle. Pierre Pouget prend l’exemple, assez exceptionnel, d’une propriété de 9 hectares vendue 450 000 euros, alors que l’hectare devrait se négocier autour de 8 000 euros. « La SAFER a un rôle moralisateur, grâce au droit de préemption en révision du prix. »
En l’occurrence, ce dispositif n’a pas dissuadé le vendeur qui a demandé une fixation judiciaire du prix, mais de toute façon les SAFER privilégient « la discussion et les ventes amiables », précise André Rossi, président de la SAFER Garonne-Périgord.
Enfin, Yves Fourcade dévoile un phénomène nouveau et notable, lié à l’augmentation du prix des céréales : « c’est la rétention des terres par les agriculteurs. Ceux qui voulaient vendre fin 2007 ont décidé d’attendre. Car les prix des sols augmentent aussi. » Pierre Pouget confirme : « si l’on passe d’une centaine d’euros à 250 euros/tonne, le raisonnement du propriétaire foncier n’est pas forcément le même. Il voit que ses revenus sont supérieurs au placement bancaire qu’il ferait après avoir vendu. Du coup, il préfère garder sa terre. »
Vincent TRIDON
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| Légende photo : La forêt landaise très prisée, ici à Captieux |
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©
Journal des Echos Judiciaires Girondins du
06/05/2008. Tout droit révervé.
Actualités et Annonces Légales du Journal N°
5460 |
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