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Après un faux départ en 2001, le e-learning semble revenu en grâce auprès des entreprises. A la faveur d'outils pédagogiques plus innovants, du développement de l'Internet chez les particuliers, et du droit individuel à la formation.
Il y avait eu un premier faux départ, au début des années 2000. L'engouement était tel que même le Cigref (Club informatique des grandes entreprises françaises) se demandait si 2001 n'était pas « l'année du e-learning ».
Jusqu'à ce que, avec l'explosion de la bulle Internet, le soufflé ne retombe, et les entreprises, échaudées, ne fassent marche arrière.
Pourtant, il semblerait qu'elles reprennent aujourd'hui au sérieux le e-learning, cette formation à distance basée sur l'utilisation d'Internet.
Comme le révélaient les « Assises de la formation professionnelle », organisées les 10 et 11 octobre derniers par le quotidien « Les Echos ».
Certes, le phénomène reste encore limité. Il ne représenterait que 4% à 7% des formations dispensées par les entreprises. Mais les faits sont là. L'instauration de la validation des acquis de l'expérience (VAE), et surtout du droit individuel à la formation (DIF), depuis le 1er janvier 2005, qui accorde à chaque salarié du privé 20 heures de formation par an, a créé un terreau favorable. Qui plus est, avec le développement des connexions haut débit, plus de la moitié des Français disposent d' Internet chez eux. Or, la loi instaurant le DIF prévoit que l'entreprise verse 50% du salaire net par heure de formation effectuée hors du temps de travail. Du pain bénit pour le salarié qui veut donner un coup d'accélérateur à sa carrière en se formant.
Des outils de formation à distance plus ludiques
Ce que les entreprises ont bien compris. «Des formations apprenantes plus souples apparaissent, ainsi que des produits pédagogiques moins coûteux qu'auparavant. Et surtout plus ludiques, avec une bonne qualité graphique», explique Olivier Charbonnier, directeur général du groupe Interface, société d'études et de formation en entreprises.
Avec notamment les logiciels de simulation : directement issus de l'univers des jeux vidéo, « ils sont fondés sur la simulation de la situation professionnelle de l'apprenant, qui évolue dans un univers en trois dimensions », poursuit Olivier Charbonnier.
La formation par simulation ne concernait initialement que certains métiers (cheminots de la SNCF, chirurgiens, pilotes de ligne...). Fait nouveau, elle s'élargit aux métiers du marketing et du management. Par exemple, BNP Paribas a testé sur quelques milliers de ses cadres, un logiciel de simulation d'entretiens annuels d'évaluation, où le salarié entrait dans la peau d'un personnage virtuel, en situation d'entretien, jusqu'au debriefing personnalisé à la fin. Dans la même veine, l'Afpa (Association nationale professionnelle pour la formation des adultes) a développé un logiciel de formation de formateurs.
Formations sur mesure
Surtout, les entreprises peuvent choisir des produits adaptés à leurs besoins, et combiner différentes ressources pédagogiques.
Aux traditionnelles formations «sur étagères» (soit des formations standard en bureautique, en informatique...) succèdent des formations à la carte, qu'elles peuvent commander sur mesure auprès de prestataires, qui s'adaptent.
Ainsi, outre les géants du conseil, comme Arthur Andersen, Accenture, ou les instituts de formation traditionnels tels que Demos ou la Cegos, quelques start-up tirent leur épingle du jeu. Comme Onlineformapro, Teach Line, ou encore iProgress.
D'autant que ces nouvelles formations permettent aux entreprises de former jusqu'à plusieurs milliers de salariés en même temps.
Egalement, les entreprises s'intéressent de près au «blended e-learning », qui combine formation traditionnelle en classe et formation à distance avec un tuteur. Personnalisation toujours, «le rapid e-learning permet désormais aux entreprises de créer leurs contenus. Et la formation synchrone de faire appel à de nouveaux outils, comme des web-conférences, ou des classes virtuelles», précise Monique Benaily, présidente du Garf, association dédiée au «développement de compétences » en entreprise.
Enfin, sur les contenus, les entreprises sont séduites par l'enseignement de langues à distance, très pratiques pour les cadres qui veulent profiter de leurs journées de RTT pour se remettre à niveau en anglais, sur leur PC personnel chez eux. «Dans nos formations, nous combinons des modules présentiels et à distance, où l'apprenant est en auto-apprentissage sur Internet, mais suivi par un tuteur, qui peut le conseiller par téléphone. Et nous pouvons simuler par vidéo des conversations dans un contexte professionnel», explique Philippe Lagrace, directeur marketing d'une des deux sociétés leaders de ce secteur, Auralog. Sa principale concurrente Telelangues propose des formations similaires.
Capucine COUSIN
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