Le 30 octobre, la filière vitivinicole s’est rassemblée place de la Bourse, à Bordeaux pour clamer haut et fort « Non à la censure du vin ».

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La consommation d’alcool est en baisse continue depuis les années 1960 et les Français n’occupent plus que le 11ème rang des pays consommateurs. Cette baisse a été essentiellement assumée par le vin : les volumes de vin consommés en France ont été divisés par 2 : de 100 à 56 litres par an et par personne.
Le vin représentait 75 % de la consommation d’alcool en France au début des années 1970. Cette part a baissé à 60 % au profit de la concurrence des bières et spiritueux dont la consommation est restée quasiment stable. |
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Dans un contexte de protestation nationale, les professionnels du vin ont organisé à Bordeaux une manifestation à laquelle s’étaient jointes de nombreuses personnalités du monde politique et économique. Plongée dans un profond désarroi, la filière vitivinicole se mobilise autour de trois axes : l’annonce d’autorisation d’internet pour la communication sur les boissons alcoolisées, le projet de l’interdiction des dégustations gratuites et l’augmentation de la fiscalité.
Internet en était à ses balbutiements lors de l’adoption de la loi Evin. Ce support ne figure donc pas dans la liste des médias sur lesquels est autorisée la publicité pour les boissons à base d’alcool.
C’est un véritable vide juridique, comblé tant bien que mal au fil des décisions de justice… Pourtant, à l’heure actuelle, 8 à 9 % du chiffre d’affaires du secteur serait directement obtenu par internet, avec une part significativement plus importante chez les petits opérateurs. Or, la France est le seul grand pays producteur de vin à interdire la publicité sur internet. La filière du vin est ainsi dans l’attente d’une intégration encadrée d’internet dans le dispositif de la loi Evin.
« Concernant l’interdiction des dégustations promotionnelles gratuites, nous comprenons la logique qui sous-tend cette mesure, visant plus particulièrement les open-bars… », soulignait Bernard Farges, vice-président de la Fédération des grands vins de Bordeaux et président du syndicat des AOC Bordeaux, ajoutant « Il n’en reste pas moins que ses conséquences pour la viticulture et pour toutes les exploitations vendant en direct seraient véritablement dramatiques ». Et de rappeler l’engagement collectif et responsable de la filière viticole, dans le cadre de l’association Vin et Société, à promouvoir une consommation modérée. « Nous sommes en effet convaincus que la lutte contre la consommation abusive doit passer par l’éducation des consommateurs ». L’information et la sensibilisation sont beaucoup plus efficaces que l’interdiction. Si la filière considère tout à fait légitime de lutter contre les distributions gratuites dans des espaces sensibles pour la jeunesse, il lui semble en revanche aberrant d’en faire l’amalgame en les interdisant avec les dégustations gratuites dans les salons ou les foires au vin ou dans le cadre de l’accueil à la propriété qui sont à la base de la découverte et de la promotion du vin.
Dernier grief de la filière, et non des moindres, l’augmentation de la fiscalité. En effet, les pouvoirs publics envisagent d’augmenter la fiscalité sur le vin à partir de 2009 en indexant les droits de circulation sur l’inflation, ce qui pénaliserait les entreprises. D’autant que cette augmentation handicapera la France par rapport aux autres états-membres producteurs comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne qui, eux, pratiquent un taux zéro pour les vins.
S.D.
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