Les Bordelais vont découvrir en avril une 3ème édition de la biennale d’architecture résolument tournée vers le développement durable et le partage de l’espace. Expositions, débats et concours ponctueront la manifestation qui se déroulera à travers la ville.

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. Commissaire Michelin
Commissaire général d’Agora 2008, Nicolas Michelin dirige l’Ecole nationale d’architecture de Versailles.
Après des études en mathématiques-physique, il intègre l’Ecole d’architecture de Paris-Conflans.
Diplôme en poche en 1980, il crée avec l’Allemand Finn Geipel l’agence LABFAC.
Les deux hommes s’illustrent notamment en réalisant la couverture des arènes de Nîmes.
En 2001, il crée sa propre agence d’architecture et d’urbanisme, ANMA, qui remporte de nombreux concours comme la rénovation de la Halle des Farines pour l’université Paris VII ou l’esplanade Charles de Gaulle à Rennes.
Il a reçu l’Equerre d’argent en 2003 pour le gymnase « type c » de Grenoble. Il a été nommé en 2005 au Grand Prix de l’urbanisme. |
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C’est une profession de foi d’un genre particulier, qui liste les caractéristiques du bâtiment de demain : « il laisse sa place à la nature ; il est économe en énergie, tendant même vers un équilibre ; il est léger, sa structure étant optimisée ; il n’a jamais recours à la climatisation ; il n’a ni faux-plafond, ni faux-plancher ; il n’est pas cher ; il est étrange et poétique ». Voilà quelques-unes des recommandations de Nicolas Michelin, le commissaire général d’Agora 2008, en préambule à la troisième édition de cette biennale d’architecture, d’urbanisme et de design qui se tiendra à Bordeaux les 11, 12 et 13 avril prochain.
Le développement durable a investi tous les domaines : consommation, transport, etc., il était donc naturel d’en faire le thème de cette manifestation. D’ailleurs, avec comme titre « Alerte ! », le ton est donné. Il faut penser un urbanisme qui « respecte l’environnement ». La démarche se veut tournée vers le grand public pour qu’il « en saisisse les implications et puisse ainsi appréhender les fantastiques nouvelles pistes qui s’ouvrent ».
Exposition recyclable
Nicolas Michelin insiste : il veut « imaginer différemment notre façon d’habiter » dans le monde urbain. La biennale va donc parler d’évolution de la ville, une façon d’accompagner l’évolution de Bordeaux depuis l’édition inaugurale de 2004.
L’exposition principale occupera le premier étage du Hangar 14, sur les quais, et sera « légère », en papier, recyclable bien sûr. D’abord, évocation de la planète avec des paysages vus du ciel, et de ses ressources, dont l’énergie solaire, la seule qui soit illimitée. Puis, trois salles pour apprécier le travail de grands architectes et designers de la seconde moitié du XXème siècle.
On passe alors un sas et dans l’espace suivant sont développées six thématiques qui répondent à la profession de foi du début : l’importance du contexte (implanter le bon bâtiment au bon endroit), la légèreté des matériaux de construction, l’économie d’énergie, la haute qualité d’usage (le bâtiment évolue avec les modes de vie), les espaces partagés et la nature en ville.
L’avenir est dans la rue
Pour finir, les visiteurs ont droit à une démonstration grandeur nature de ces principes à travers deux appartements construits pour l’occasion.
Un T2 et un T4 vont en effet être bâtis au sein même du Hangar 14, avec une ouverture sur la Garonne sous la forme d’une véranda ou d’une serre. Des modèles compatibles avec les normes du logement social, assure le commissaire général.
Il veut aussi intégrer l’habitat dans l’environnement urbain. C’est l’objet entre autres des nombreux débats qui auront lieu dans la ville, à l’Ecole des Beaux-Arts, à l’Utopia, à la Maison de l’Architecture ou encore au rez-de-chaussée du Hangar 14(1). Redonner sa place au collectif semble un point essentiel pour Nicolas Michelin.
« Je crois en la rue, pas en la parcelle », dit-il. Pour lui, le « chacun son vide-ordure » est dépassé, il faut repenser la notion de quartier, même s’il conçoit que les mentalités doivent encore évoluer. Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, confirme : « dans les conseils de quartier, j’entends parfois des riverains qui ne veulent pas d’une école ou d’un square parce que ça signifie des enfants, et donc du bruit ».
L’agora, dans la Grèce antique, était la grande place au cœur de la ville où siégeait l’assemblée du peuple. Pendant trois jours, le Hangar 14 a vocation à retrouver ce rôle d’espace de discussion sur notre cadre de vie.
Vincent TRIDON
1- Pour le programme détaillé, avec les expositions et les concours, rendez-vous sur le site internet de la mairie de Bordeaux : http://www.bordeaux.fr puis choisir l’onglet ‘cadre de vie’ et ‘urbanisme’.
Légende photo : Bordeaux la classique s’apprête à recevoir les idées architecturales innovantes d’Agora 2008. |
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