L’achèvement de la reconstruction du bâtiment principal d’Electro Chrome clôt une longue période d’incertitude causée par un incendie, l’an dernier. La société veut reprendre sa place sur le marché du traitement des métaux grâce à un outil de production entièrement rénové.
Il attendait cela avec une impatience non dissimulée. Après quatorze mois de travaux, « la société Electro Chrome est de nouveau opérationnelle à 100% », annonce avec une grande satisfaction son président, Pascal Gautheron.
Electro Chrome intervient dans la protection des métaux et le traitement des surfaces métalliques : zingage, sablage, polissage, nickelage ou encore peinture poudre, pour des petites et moyennes entreprises de la région ou des donneurs d’ordre plus importants de l’aéronautique.
Il faut se souvenir qu’au lendemain du week-end du 1er mai 2007, un violent incendie avait détruit le bâtiment principal où se concentrait l’essentiel des opérations. Le feu, déclenché suite au dysfonctionnement d’une résistance chauffante, s’était propagé par les systèmes de ventilation. Il avait été nécessaire de raser le bâtiment et de nettoyer le terrain avant de reconstruire.
Car plutôt que d’abandonner et de partir avec les indemnités d’assurance, Pascal Gautheron a choisi de continuer. Une partie de l’activité s’est poursuivie tant bien que mal dans les autres bâtiments du site, même si le président a dû «insister auprès de la DRIRE(1) pour qu’ils n’interdisent pas de continuer avant la fin du chantier» : en effet, le site d’Electro Chrome est soumis à une autorisation d’exploiter. Il souligne en revanche le soutien qui a été apporté par la mairie de Mérignac, notamment pour le permis de construire.
1,3 million d’euros emprunté
Et puis, il a fallu trouver une solution pour la trentaine d’employés que comptait la société.
«On a fait du prêt de salarié sans marge, raconte Pascal Gautheron. Jusqu’à huit personnes se sont retrouvées chez des confrères ou des clients. Cela a permis une réduction des coûts directs.»
Il y a bien eu quelques départs et deux licenciements économiques. Mais aujourd’hui, Electro Chrome a embauché trois personnes, et emploie quelques intérimaires «pour suivre la demande».
Cette période d’un an et deux mois de travaux a tout de même été difficile.
«Un gros emprunt a été réalisé, pour 1,3 million d’euros, soit la moitié du chiffre d’affaires annuel. C’est un gros risque », dit-il, surtout avec la crise financière qui va inévitablement se répercuter sur «l’économie réelle». «On ne peut plus faire des ronds en attendant que ça passe, juge Pascal Gautheron. Nous sommes obligés de récupérer très vite notre chiffre d’affaires.»
Lucide, il sait que «ce n’est pas gagné. Autant avec l’outil tel qu’il est, concernant la pérennité à trois ou cinq ans, il n’y a aucune raison que ça ne marche pas ; autant à court terme, il y a un risque.»
Des clients solidaires
Mais le président d’Electro Chrome est un battant. «L’an dernier, on a fait 50% du chiffre d’affaires en campant. On a gardé la confiance de nos clients, et là on essaye de reprendre ceux qui sont partis ailleurs. La question est : à quelle vitesse va-t-on retrouver le point d’équilibre ?»
Malgré une conjoncture moins favorable qu’en 2007, la société a déjà réalisé 80% du chiffre d’affaires de référence, celui de l’année précédant le sinistre (environ 2,5 millions d’euros).
Et désormais, elle peut compter sur un site «neuf à 95%». La reconstruction des 2500 m2 d’ateliers a permis de réorganiser les flux et les chaînes de production, de «concevoir un système plus cartésien», bref, de «faire un saut technologique».
Cela a impliqué «une phase de rodage, de réglages des machines, mais aussi des hommes. C’est comme si on avait déménagé». Ce nouvel environnement de travail, ajoute-t-il avec un sourire, «est plus attractif pour les jeunes que nous voulons embaucher. Il ressemble à une usine.»
Pleinement opérationnelle depuis début juillet, Electro Chrome a donc recommencé à prospecter. Ceci dit, « la grande majorité des clients ont été solidaires, note Pascal Gautheron. Pendant les travaux, ils ont continué à nous faire travailler, pour nous aider. » Un soutien qui s’explique sans doute par le savoir-faire de la société, sa polyvalence et sa réactivité.
Maintenant qu’il dispose d’«un outil performant», Pascal Gautheron compte bien à nouveau «mettre en avant ces qualités».
Vincent TRIDON
1- La DRIRE, Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement, est chargée de missions centrées notamment sur le développement économique, la sécurité industrielle et l’énergie.
Légende photo : La disposition des chaînes de traitement des métaux a été rationalisée (Crédit photo : © Electro Chrome). |
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