Marie Brizard organisait à Bordeaux la semaine dernière un concours international de barmen. L'occasion de faire le point sur l'évolution de l'entreprise girondine, dont les nouveaux propriétaires souhaitent faire l'un des dix leaders mondiaux dans son domaine.

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• Marie Brizard en chiffres
L'entreprise, créée à Bordeaux en 1755, a réalisé en 2005 un chiffre d'affaires de 350 millions d'euros, dont 78% en France. Elle regroupe trois familles de produits : les spiritueux (32% du CA), les vins (49% du CA) et les boissons sans alcool (17% du CA), distribués directement dans 120 pays. Son siège social est toujours à Bordeaux, mais Marie Brizard a cinq autres sites de production : Lormont (William Pitters), Aigre (Cognac Gauthier), Beaucaire (Les chais beaucairois), Zizurkil (Pays Basque espagnol) et Fuenmayor (vins de la Rioja). |
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La crème des barmen internationaux s'était donné rendez-vous à la Cité mondiale de Bordeaux, la semaine dernière. A l'invitation de Marie Brizard, ces 120 barmen (et barmaid) issus de trente pays sont venus participer à la 24ème édition de l'International bartender seminar (IBS) et à son point d'orgue : la finale de la Marie Brizard Cocktail Competition, concours de réalisation de cocktails.
Au-delà du caractère festif et spectaculaire, il s'agit évidemment pour l'entreprise girondine de renforcer ses liens avec ces partenaires essentiels que sont les barmen.
Ce rendez-vous était le premier du genre pour Jean-Paul Saubesty, nouveau président du groupe Marie Brizard depuis son rachat, en juin dernier, par la société Belvédère, l'un des leaders sur le marché polonais de la Vodka (avec la marque Sobieski). Belvédère est elle-même filiale du groupe CL Financial, propriétaire de la marque de rhums et bitter Angostura. «Marie Brizard se trouve aujourd'hui au coeur d'un groupe international qui a pour ambition de s'affirmer comme l'un des leaders mondiaux dans ce métier, commente Jean-Paul Saubesty. Mais la création de ce groupe est en cours. Nous en sommes encore au stade des pièces du puzzle, à la construction.»
Et le puzzle est des plus vastes : du rhum Angostura au whisky Scottish Leader en passant par le cognac Hine, les cocktails pré-mixés Pitterson, le gin Old lady's ou le Berger Blanc, parmi bien d'autres. Parmi ces produits multiples, certains seront mis en avant, d'autres risquent de faire les frais de la future stratégie de développement de l'entreprise.
Capital de marque
Le groupe affiche de grandes ambitions pour la vodka Sobieski, encore absente du marché français mais sur lequel, Jean-Paul Saubesty l'affirme, elle a une place à trouver. «Le marché français de la vodka est encore restreint, mais il est aujourd'hui en plein boom, confirme Edouard Griton, responsable du marketing et de l'export. Le groupe souhaite également «booster» la marque Angostura avec son bitter (exhausteur de goût, pour démultiplier les saveurs), et sa gamme de rhums. Et Marie brizard dans tout cela ? Elle n'est pas oubliée, affirme sa direction. «L'objectif qui a été fixé est de doubler les volumes de liqueur Marie Brizard dans les cinq ans à venir, explique Jean-Paul Saubesty. Dans le passé, les priorités étaient différentes. Mais nous pensons essentiel de défendre les marques et la construction de marque faite depuis 250 ans sur le nom Marie Brizard. Soutenir Marie Brizard n'est pas le plus simple, mais nous croyons dans le capital de marque. Nous mettrons donc les moyens nécessaires -ils avaient été réduits ces dernières années- et alors nous devrions assez facilement trouver de quoi augmenter les volumes sur Marie Brizard.»
Top 10
Si l'avenir de l'anisette historique semble bien intégré dans la stratégie du groupe, qu'en est-il des secteurs annexes, mais non négligeables, de la société girondine : les vins et les sans alcools ? Dans les deux cas, le président se veut rassurant sans être parfaitement explicite. «Le marché du vin ne sera plus le même dans le futur que dans le passé», affirme-t-il, estimant qu'il se rapprochera justement de celui des spiritueux. Quant à la gamme de produits sans alcool de Marie Brizard, «je n'ai pas pour mandat de disloquer le groupe», répond-il. «Mais après, c'est la vie de l'entreprise». Marie Brizard cherche encore les chemins de la sienne, avec pour point de mire l'objectif fixé d'intégrer le «top ten» des entreprises de vins et spiritueux dans les dix ans qui viennent. «Pour cela, doubler les ventes de Marie Brizard ne sera pas suffisant, poursuit le président. Il y aura certainement des acquisitions, avec sûrement une redéfinition du périmètre du groupe». Même incertitude en ce qui concerne l'implantation bordelaise du groupe, dont le siège social se situe rue Fondaudège, au coeur de la ville. «On y est bien, affirme Jean Paul Saubesty. Mais on ne peut imaginer rentrer parmi les dix premiers mondiaux en se développant rue Fondaudège». Alors où, quand, comment ? C'est la vie de l'entreprise...
Sophie LEMAIRE
| Légende photo : Des participants au concours international de cocktails. |
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