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Mobilisation générale pour le logement social
Réunis en congrès à Bordeaux, les acteurs français du logement social ont planché sur l'avenir des politiques de l'habitat et du logement. En Aquitaine, collectivités locales et organismes HLM se sont engagés à travailler ensemble pour combler le déficit en logements sociaux.
Comme toutes les déclarations d'intentions solennelles, elle ne vaudra évidemment que par la mise en oeuvre qui en résultera. Néanmoins, la « déclaration commune sur le logement » a désormais le mérite d'exister.
Signée dans le cadre du congrès de l'Union sociale pour l'habitat, le 19 septembre dernier au parc des expositions de Bordeaux-Lac, elle fixe des orientations communes aux organismes sociaux pour l'habitat et aux collectivités locales (Communautés de communes, conseils généraux et régional), afin de répondre aux besoins en logement des Aquitains. Car en la matière, c'est bien connu, l'Aquitaine souffre d'une pénurie criante.
Avec 44 logements pour 1000 habitants, la densité du parc aquitain de logement sociaux se situe bien en dessous de la moyenne nationale (70 pour 1000).
Manque de logements
Les 130 000 logements locatifs de la région hébergent environ 280 000 personnes, mais sont bien loin de répondre à la demande exprimée par une population en croissance continue.
« L'Aquitaine souffre effectivement d'un retard chronique en logements sociaux, confirme Jacques Mayoux, le président de l'AROSHA (association régionale des organismes sociaux pour l'habitat en Aquitaine). Nous essayons de combler ce retard, et nous parvenons à faire décoller enfin la production de logements : le nombre des autorisations a doublé entre 2003 et 2005, passant de 2500 à 5300 logements autorisés à la construction, et nous visons les 6000 en 2006 ».
Ce bon score reste insuffisant pour combler le retard régional. Alors que le secteur de la construction neuve est dynamique, l'offre reste inadaptée aux moyens financiers d'un nombre croissant de ménages.
Hausse des coûts de production
Principal frein au décollage de la production de logements sociaux, la hausse des coûts de production (matières premières, main d'oeuvre, foncier) inquiète particulièrement les organismes sociaux pour l'habitat.
« Les collectivités locales doivent nous aider à maintenir des loyers accessibles », interpelle Jacques Mayoux. Le processus de décentralisation a récemment fait d'elles des partenaires incontournables dans la mise en oeuvre des politiques de l'habitat. « Nous sentons que les choses se mettent en place, que ces collectivités ont envie de s'impliquer, poursuit le président de l'AROSHA. Mais attention, leur contribution doit venir s'ajouter à celle de l'Etat, et non s'y substituer ».
A l'image de Jacques Mayoux, les organismes sociaux ne cachent pas leur inquiétude quant au respect des engagements financiers de l'Etat.
« Que ce soient les financements de l'ANRU ou ceux du volet logement du Plan de cohésion sociale, les moyens nécessaires, et d'ailleurs promis, ne sont pas tout à fait au rendez-vous », a rappelé le président de l'Union Sociale pour l'Habitat, Michel Delebarre, lors de son discours introductif.
Par ailleurs, s'ils saluent le dynamisme impulsé par le plan de cohésion sociale sur le secteur de la construction, de nombreux acteurs dénoncent un «ciblage» insuffisamment orienté vers les catégories de logements sociaux, qui sont les plus touchés par la pénurie.
Disparité territoriale
A l'échelon local, les organismes sociaux se tournent de plus en plus vers les collectivités locales.
En charge depuis janvier 2006 de la délégation d'aides à la pierre, la Communauté Urbaine de Bordeaux a engagé toute une série de mesures: fixation d'un minimum de 25% de logements sociaux dans toutes ses opérations d'aménagement, adoption du plan local d'urbanisme, renforcement du droit de préemption, nouveau règlement d'intervention pour les aides à la production...
Autant de mesures qui ont pour but d'atteindre le fameux quota des 20% de logements sociaux défini par la loi.
«Mais rien ne pourra se faire sans la même détermination au niveau communal pour réduire les fortes disparités locales », souligne la présidence de la CUB.
Entre les 0,5% de Saint Louis de Montferrand et les 63% affichés par Lormont, l'éventail des situations est effectivement des plus larges.
Le président Alain Rousset ne manque d'ailleurs pas une occasion de rappeler que s'il manque 11000 logements conventionnés dans l'agglomération pour qu'elle atteigne ses 20%, «sur la seule ville de Bordeaux, la plus importante, il en manque 7000 ».
Thème incontournable, le logement agitera certainement nombre de débats électoraux à venir.
Sophie LEMAIRE
Légende photo : On constate une pénurie criante de logements sociaux dans notre région.
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Journal des Echos Judiciaires Girondins du
26/09/2006. Tout droit révervé.
Actualités et Annonces Légales du Journal N°
5292 |
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