Cartes bancaires co-brandées, affinitaires, multi-applicatives, prépayées, personnalisées. Un an après l’autorisation des cartes co-brandées, les banques cherchent à diversifier les cartes de paiement ou de crédits proposées à leurs clients. L’enjeu : y rattacher de nouveaux services.
Bien que le contexte soit assez délicat, en cette période de crise financière, les banques continuent de croire en les vertus des cartes bancaires co-brandées ou affinitaires, où la présence d’une marque permet d’ajouter de nouveaux services. Voilà ce qui ressortait de la quatrième édition de l’étude du cabinet de conseil Alténor sur les « cartes innovantes », présentée à la presse le 8 octobre dernier, à la Bourse de Paris – « nous avions réservé la salle il y a quinze jours », s’excuse presque Thierry Dinard, directeur associé d’Altenor.
Premières cartes cobrandées depuis un an
Ce fut l’évènement dans le petit milieu des banques durant l’automne 2007. Puisque la loi le permettait enfin, la plupart des banques ont lancé des cartes co-brandées avec diverses marques de constructeurs automobiles, de la distribution, ou encore de voyagistes, pour y adosser de nouveaux services. De nouvelles cartes qui ont bénéficié d’un certain succès auprès des clients : « les titulaires effectuent environ 120 achats par an. La carte Renault-Visa a déjà été adoptée par 100 000 clients. Et aux Galeries Lafayette, environ 25% des clients l’adoptent », souligne Thierry Dinard. Reste à savoir si parmi les nombreux projets de cartes co-brandées annoncés depuis un an, tous se sont concrétisés, et si tous ont la faveur du public. Sur ce sujet, no comment d’Altenor.
En fait, les diverses sortes de cartes co-brandées lancées en un an constituent « une belle leçon de marketing pour les nouveaux entrants. Et elles participent à l’éducation du marché », souligne Alténor dans son étude.
Total et Intermarché
Ces nouveaux entrants, des non-banques (groupes de distribution, assurances…) s’adossent donc à des groupements comme Visa ou MasterCard pour créer ces cartes.
Parmi les derniers exemples en date, Total qui vient ainsi de lancer une carte affinitaire avec Visa. Initiative on ne peut plus dans l’air du temps, en pleins débats sur le pouvoir d’achat et la hausse du prix du pétrole.
Le concept est simple : Total, représentant l’une des plus grosses offres de stations-service en France, propose par ce biais 9% d’économie sur les pleins d’essence avec une nouvelle carte Visa et sans même changer de banque ! Egalement, Intermarché est le premier acteur de la grande distribution à lancer sa carte co-brandée, la carte Les Mousquetaires, avec MasterCard. Là, le principe consiste à proposer au client de payer et de retirer de l’argent en France et à l’étranger avec cette carte, et d’effectuer des paiements à crédit, mais seulement dans les magasins Intermarché et Ecomarché. Son titulaire bénéficie aussi d’avantages, dont ceux liés aux autres cartes de fidélité du groupe, comme le «bonus visite» qui permet de cumuler 0,10 euro sur sa carte dès 15 euros d’achat auprès des deux enseignes. Enfin, la carte garantit la prise en charge de 200 euros de courses, sous forme de bons d’achat, le premier mois suivant un coup dur tel qu’une hospitalisation de plus de dix jours ou un arrêt de travail de plus de quarante-cinq jours. A côté de cela, une kyrielle de cartes innovantes ont vu le jour dans l’Hexagone en un an : carte affinitaire (carte de paiement ou de fidélité personnalisée en fonction d’un intérêt porté par le détenteur) « pour elles » de la Société Générale avec MasterCard, cartes prépayées de Skyrock avec la Caisse d’Epargne…
Au niveau international, parmi les initiatives les plus imposantes, la compagnie aérienne allemande Lufthansa a profité de la migration de ses 500 000 cartes pour lancer des cartes à puce sans contact.
Initiatives internationales
Autre initiative de taille, celle de Manchester United, en mars dernier, avec sa carte prépayée rechargeable, dotée d’une puce sans contact. Elle offre à ses possesseurs la possibilité d’entrer au stade, ou d’y payer leurs boissons, tout en la rechargeant via Internet ou un call center. Plus innovant encore, en Corée du Sud, Kookmin a sorti avec Samsung une carte bancaire dotée d’une puce d’une capacité de mémoire allant jusque 2 giga-octets, permettant à son propriétaire d’y stocker des données vidéo, musicales ou encore des datas.
Toujours en Corée, les usagers de transports en commun et clients de la Shinhan Bank peuvent utiliser une carte porte-monnaie pour les transports en commun : sans contact, elle se recharge automatiquement, une fois le numéro de carte de crédit du client entré. Très en vogue aussi, les cartes à finalité de développement durable. Telle la carte professionnelle de Barclay, sorte de caution écolo pour cadres nomades : grâce à celle-ci, les émissions de CO2 générées par les vols d’hommes d’affaires sont compensées. La même Barclay a lancé une carte, la Breathe Easy, qui combine crédit et prêts pour favoriser l’aménagement du domicile du porteur avec des équipements réduisant la consommation d’énergie.
Enfin, dans un genre plus frivole, certaines cartes bancaires jouent sur l’esthétisme : par l’intermédiaire du fabricant de supports sud-coréen GK Power, la Dubaï First Bank propose ainsi à ses clients de très luxueuses cartes serties de diamants et de dorures. Celles de KB Card sont dotées d’un revêtement de cuir façon crocodile ou autruche. Et au Japon, Epos Card propose même cent modèles conçus par des créateurs. L’imagination n’a parfois pas de limites…
Capucine COUSIN
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