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Pèse-personne reliés à Internet, téléphones qui se muent en terminaux de paiement… au salon professionnel «Cartes et identification», les industriels du secteur ont exposé les nouveaux produits qu’ils espèrent voir adopter par les consommateurs. Les innovations sont nombreuses, dans les usages proposés.
Le tracé de la courbe est sans appel : après le kilo de plus en octobre, un autre encore pour novembre…Sur l’écran du téléphone mobile, s’affichent les données que le pèse-personne électronique, doté d’une connexion sans fil, envoie automatiquement sur votre compte sur Internet, lorsque vous montez dessus le matin. Autre mauvaise nouvelle du jour, lors de la visite du plombier, la note s’est révélée salée. Et il a fallu passer directement à la caisse : au terme de son intervention, le professionnel vous a tendu son téléphone portable, qui s’est mué en terminal de paiement.
Ces épisodes ne relèvent pas de la science fiction. La balance qui communique avec Internet existe déjà : elle se nomme Withings et coûte 129 euros. Quant au lancement commercial du terminal de paiement couplé à un téléphone portable, imaginé par Ingenico, spécialiste des moyens de paiements, il est prévu pour dans quelques mois.
Ces deux produits, ainsi que d’autres, étaient exposés au salon professionnel « Cartes et identification », qui se tenait début décembre à Villepinte. Cet évènement attire quelque 20 000 visiteurs, qui, chaque année, depuis vingt-cinq ans, viennent visiter les stands de plus de 400 exposants venus de partout dans le monde. Dans les allées, on parle anglais, italien, chinois… Ces acteurs de la sécurité numérique - fabricants de cartes, de terminaux, opérateurs… présentent de multiples nouveautés, que leurs concepteurs espèrent diffuser sur le marché.
Fausse simplicité
Une allée entière du Parc des expositions, par exemple, ressemble à une succession de vitrines de bijoutiers, plus ou moins luxueux. Fleurs, cœurs roses et verts vifs, à la limite du kitch, sont exposés dans un stand. Ce qui ressemble à de simples porte-clés sont en fait, des concentrés de technologie, capables de contenir des données, ou d’échanger des informations avec d’autres objets. Et un porte-clé qui affiche « I love You » peut se révéler aussi fonctionnel qu’un terne badge d’entreprise donnant accès aux lieux les plus sécurisés. Des catalogues glacés sont remplis de ces petits objets colorés. Les fabricants ont même pensé à un bracelet (très discret), opérationnel pour ouvrir électroniquement les portes dans les centres de spa : il est conçu pour résister à l’humidité. Le chien également a droit à son médaillon électronique, destiné à être accroché à son collier.
Le maître dispose d’un terminal, qui lui permet de lire les informations recueillies en temps réel sur la santé de son meilleur ami. Et, bien entendu, les applications liées à la biométrie ne manquent pas, qui permettent, par exemple, de reconnaitre une personne à l’iris de son œil.
Le parcours du combattant
Sur ce salon, les nouveautés résident moins dans les technologies en elles-mêmes, qui sont déjà largement diffusées, que dans les usages qui sont proposés par ces industriels. La balance est dotée d’une banale connexion Wifi. Le potentiel nouveau terminal de paiement du plombier ne fait que coupler deux objets bien connus, le terminal de paiement et le téléphone mobile. Bref, ce sont de nouveaux usages que les industriels tentent de lancer sur le marché, comme le fait de payer avec son téléphone mobile. Mais les temps sont parfois très longs entre le moment où un objet est exposé sur un salon et celui où il est adopté par le consommateur.
Et ce passage ne se réalise pas toujours : il arrive que le marché boude ces innovations, ou que les acteurs industriels qui concourent à la réalisation de ces systèmes, qui nécessitent des combinaisons complexes, ne parviennent pas à s’entendre entre eux.
A l’inverse, dans un autre domaine, une marque seule, Apple, parvient parfois à concevoir un objet, comme l’Ipod, qui capte l’air du temps, et s’impose sur le marché de façon très rapide et massive.
Anne d’AUBREE
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