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Créée en 2009, la société Pierres d’Avenir propose aux propriétaires privés de domaines anciens de valoriser leur patrimoine notamment par le biais d’animations culturelles. La créatrice Laure de Kertanguy nous explique sa démarche.

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Salon international du patrimoine à Paris
Organisé par le syndicat professionnel Ateliers d’Art de France, le 16ème Salon International du Patrimoine Culturel se tient du 4 au 7 novembre au Carrousel du Louvre à Paris, et a pour thème « Le patrimoine méditerranéen ». Gisement culturel d’une variété exceptionnelle, berceau de civilisations, la Méditerranée est aussi un réservoir de talents et de savoir-faire. La diversité du patrimoine en présence apporte une grande richesse à cette édition 2010. Un cycle de conférences et de rencontres animées par des spécialistes permet également d’aborder les nombreuses questions et de présenter les réalisations liées au patrimoine méditerranéen. Alliant culture et économie, le salon réunit comme chaque année les différents acteurs de la vie patrimoniale : restaurateurs et entreprises d’art, prescripteurs et maîtres d’œuvre, collectivités territoriales et institutionnels, associations, écoles, éditeurs, presse… Au total, près de 250 exposants et 20 000 visiteurs sont attendus. |
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Les Echos Judiciaires Girondins : Qu’est-ce qui vous a amené à créer Pierres d’Avenir ?
Laure de Kertanguy : « Lorsque j’étais étudiante (au début en RH), je travaillais régulièrement comme guide dans un château privé en Isère et je me suis rendue compte qu’il y avait un immense potentiel. D’un côté, une véritable demande aussi bien des habitants locaux que des touristes français et étrangers et de l’autre côté, des propriétaires désireux de renouveler leur offre culturelle, mais ne sachant pas toujours comment et surtout n’ayant pas le temps de le faire ! Il existe de nombreux propriétaires, dont le monument est classé, qui ont l’obligation de l’ouvrir une trentaine de jours par an. Dans ces conditions, pourquoi ne pas essayer d’en faire une activité rentable ? Et pour ceux qui ne bénéficient d’aucune aide fiscale et qui souhaitent réellement ouvrir leur monument au public, tout est envisageable ! La plupart de ces propriétaires privés cherchent des solutions pour rentabiliser au mieux leur patrimoine sans avoir à monter des budgets colossaux. J’ai créé Pierres d’Avenir pour ces personnes et essaie aujourd’hui d’adapter au mieux mes services et mes prestations à leur budget.»
EJG : Animer un site via des offres culturelles demande des fonds ; comment faites-vous pour convaincre les propriétaires ?
L.d K. : « Oui, cela demande des fonds et pour les convaincre, je leur explique que c’est de l’investissement sur du long terme ! Il faut d’abord une bonne analyse du monument et de son territoire pour proposer des idées originales, rentables qui ne dénaturent pas un lieu ou une histoire ! Plus l’offre culturelle d’un monument est diversifiée et s’adresse à différents publics, plus les chances d’augmenter le nombre de visiteurs sont importantes ! Une bonne communication est aussi indispensable. Enfin, si une propriété est inscrite ou classée aux monuments historiques, nos services sont déductibles en partie ».
EJG : Pouvez-vous nous expliquer par exemple votre expérience avec les caves du palais Saint-Firmin à Gordes (Vaucluse) ?
L.d K. : « Cela fait maintenant trois ans que je travaille pour les propriétaires des caves. Ce lieu était déjà ouvert au public, mais l’offre culturelle commençait à s’essouffler. Après une étude de marché, nous avons dès 2009 repris toute la scénographie et réalisé des « animations » pour compléter la visite. Un nouveau parcours de la visite a été pensé, un documentaire de 10 minutes sur l’histoire et la restauration des caves a été réalisé et installé dans la chapelle sans la dénaturer. Un musée a été créé et installé à la fin de la visite : il met en valeur tous les objets de fouilles qui ont été retrouvés lors de travaux de restauration (les fondations de ces caves datent du XIème siècle). Ces différentes actions ont été complétées par un travail de communication important (site Internet, création de nouveaux flyers et affiches, journée presse…). Cette année, nous avons mis en place un système d’audio guidage en 9 langues avec des MP3 et des plans repères dans les caves en 9 langues également. Un énorme travail de communication a commencé pour inscrire les caves dans des circuits touristiques spécifiques. Il s’agit de rendre le site accessible toute l’année par des visites, mais aussi par de la location. Nous travaillons aussi à la mise en place de visites plus particulières (des privés, le jardin…), des nocturnes pour l’été avec des animations ponctuelles (concerts) pour attirer les touristes français et les locaux. Une véritable boutique avec des produits en lien avec les caves va être réalisée cet hiver. Enfin, nous aidons aussi les propriétaires pour la gestion du lieu au quotidien et par exemple, c’est Pierres d’Avenir qui se charge de recruter et d’embaucher des guides-stagiaires pour l’été et pour la saison basse de manière plus ponctuelle ».
EJG : Quelles sont selon vous vos perspectives sur l’Aquitaine et le grand Sud-Ouest ?
L.d K. : « L’Aquitaine est une région très riche au niveau du patrimoine culturel et architectural. Le potentiel est incontestablement immense autour du vin, mais il faut pouvoir innover en se servant de ce qui existe et en proposant de nouvelles idées ».
Propos recueillis par Vincent ROUSSET
www.pierresdavenir.com
Légende photo : Laure de Kertanguy, diplômée en gestion des entreprises culturelles option art et patrimoine, créatrice de Pierres d’Avenir : « Le potentiel est immense en Aquitaine ». |
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