Les tendances du marché immobilier en Gironde analysé par la Chambre départementale des notaires sont positives. La croissance est de mise, même si la hausse s’est ralentie. L’agglomération bordelaise est de plus en plus attractive.
«Il n’y a pas de bulle artificielle, l’immobilier est de bonne qualité. » Le président de la Chambre des Notaires de Gironde, Philippe Yaigre, se dit confiant au regard des statistiques établies à partir des transactions réalisées en 2007 dans le département. Il concède que « le marché se stabilise » et qu’il n’était « pas normal et pas possible que la hausse reste à deux chiffres » en raison notamment des loyers qui n’ont pas suivi la même courbe, ou des taux d’intérêts qui eux ont grimpé.
Ceci dit, pour Fabrice Gauthier, notaire à Bordeaux, « décélération ne signifie pas effondrement ; l’augmentation continue, bien supérieure à l’inflation ». Et à la moyenne du reste de la province française. En Gironde, en effet, les indices de prix pour les appartements anciens ont progressé de 7,8% sur un an, contre 5,6% pour la province. Pour les maisons anciennes, la hausse est de 7,2% ici contre 6,1% ailleurs. Le département est attractif, avec les deux pôles magnétiques bien connus que sont l’agglomération bordelaise (les notaires parlent de CUBE, ou Communauté urbaine élargie) et le Bassin d’Arcachon.
Bordeaux métropole
La capitale de l’Aquitaine mérite plus que jamais cette qualification. Jusqu’à l’an dernier, elle était considérée comme la grande ville la moins chère d’un arc Atlantique-Méditerranée comprenant Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Marseille. Ce n’est plus vrai.
Avec une hausse de 8,7% en 2007, la plus forte des principales préfectures de province, Bordeaux passe devant Nantes, Montpellier et Rennes (mais la rivale Toulouse ne cède pas). Il s’agit là d’un véritable rattrapage avec un prix moyen de 2 425 /m2 en appartement ancien (comparable au prix pour les maisons), l’écart allant de 3 152 /m2 dans le quartier des Quinconces à 2 016 /m2 à Bacalan.
A noter que sur quatre ans, le quartier Saint-Pierre a pratiquement doublé (+94%), signe d’un renouveau du secteur.
La taille moyenne pour ce type de produits est de deux pièces, alors que les maisons sont plutôt grandes (plus de quatre pièces). Selon Fabrice Gauthier, ce « petit habitat est un marché d’investisseurs, avec une rotation importante, en particulier autour des facultés ».
L’offre manque sur le Bassin
C’est le même constat à Talence, mais pas dans le reste de la CUBE où les appartements de quatre pièces sont plus demandés. Enfin, dès qu’on passe les barrières, les prix ont tendance à chuter de 450 /m2.
Côté Bassin d’Arcachon, le volume des transactions est en baisse, car « l’offre manque », selon Eric Raymondière, notaire à La-Teste-de-Buch. En particulier pour les grands appartements. « On a beaucoup de 2 pièces qui sont des résidences secondaires, explique-t-il. Parfois, on vend des logements côte à côte pour faire un loft ou un T5, à condition que la copropriété soit d’accord. »
Les prix des maisons anciennes restent soutenus et les communes du fond du bassin comme Mios ou Biganos rattrapent leur retard. Le profil des acheteurs évolue aussi : même si un acquéreur sur cinq est retraité, Eric Raymondière constate que dès 40 ans, l’attractivité de la zone est forte : « la maison est alors la résidence principale avec le choix de la qualité de vie, quitte à faire des allers-retours sur la Cub ».
Pas d’effet tramway direct
Autre point notable, en Sud-Garonne où les prix sont inférieurs à la moyenne départementale, les secteurs du Barp et de Salles connaissent une variation de plus de 20% en 2007. « On peut déjà parler d’un effet Mégajoule », estime Eric Raymondière, évoquant le projet de laser en construction.
En revanche, dans l’agglomération bordelaise, il n’y aurait pas d’effet tramway sur la hausse de la valeur des biens alentour, en tout cas, pas d’effet direct. Le Président Philippe Yaigre est presque déçu en commentant l’étude réalisée sur la durée 2002-2007, ayant pour référence une bande de 500 mètres autour des voies du tram. « Il y a eu une chute du prix des maisons pendant les travaux de 2004, alors qu’on a vu une forte hausse pour les appartements, puis ça s’est aligné. Ce n’est pas forcément très significatif » Mais, tout de même, vu la hausse du marché, le président de la Chambre des notaires en est convaincu : « le tramway a participé de l’attrait général de Bordeaux ».
Vincent TRIDON
| Légende photo : Me Philippe Yaigre, président de la Chambre des notaires de la Gironde a confiance en l’avenir du marché immobilier girondin. |
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